Les deux Sylvie 12
Mais qu’as-tu fait!
Ce jour-là, je ne suis rentré qu’après l’heure du souper car j’avais beaucoup de travail au bureau. Sans dire un mot, Sylvie Duguay m’accueillit comme à son habitude avec son petit air docile auquel je l’avais habitué ces dernières semaines. Ce n’est qu’au bout d’une quinzaine de minutes que je me suis avisé de l’absence de l’autre Sylvie.
- Est-elle allé passer une entrevue? ai-je demandé à sa compagne.
La rouquine esquissa un mouvement indistinct, l’air de dire « je n’en sais trop rien », mais elle s’efforça de changer de sujet en m’apprenant :
- J’ai rendu visite à Caroline, cette après-midi, et elle m’a remis un cadeau à ton intention.
- Vraiment? De quoi s’agit-il?
- D’un film, sans aucun doute. Tu veux le visionner tout de suite ou tu désires manger un peu?
- Bof! Allons-y pour la petite séance de cinéma, je n’ai pas très faim.
Nous sommes descendus au sous-sol où Sylvie m’a fait voir la cassette portant le chiffre 8. Je l’ai retournée entre mes mains comme si ce simple geste avait pu me renseigner sur son contenu, mais n’y découvrant nulle inscription. Cela m’apparut dès lors un peu bizarre, mais j’ai préféré pousser mon investigation plus avant en demandant :
- Tu l’as regardée?
- Non, je voulais qu’on l’a regarde tous les deux, seuls!
J’ai enfourné la cassette dans le magnétoscope, puis nous nous sommes installés confortablement sur le divan transformable. J’ai pris la télécommande, allumé le téléviseur et fait démarrer le magnétoscope. Sylvie Duguay s’est collée affectueusement contre moi.
L’écran laissa voir une qualité de film assez pauvre, probablement l’œuvre d’amateurs. Le décor se résumait à l’intérieur d’une vieille grange en bois, mal éclairée. Un groupe d’étrangers maîtrisait assez brutalement une fille de race blanche, portant de longs cheveux blonds; je notai que les hommes semblaient de type sud-américain, ce qui me rappela vaguement quelque chose, mais de manière très indistincte.
La fille fut débarrassée de ses vêtements en un rien de temps, ligotée et suspendue par les bras à un crochet fixé à une poutre du toit. À tour de rôle, les hommes lui firent subir divers sévices, la tripotant de leurs mains sales, la fouettant continuellement, la prenant tant par devant que par derrière, sans aucun ménagement. La victime hurlait tellement que je dus baisser le son.
Nul doute dans mon esprit que ce film devait plaire particulièrement à Caroline. Pour ma part, je trouvais que le jeu des acteurs manquait de naturel, à l’exception de celui de la fille. Sylvie Duguay dut sentir que je n’étais pas emballé outre mesure car elle eut soudain l’inspiration de me changer les idées. Elle se coula en position à genoux devant moi et elle entreprit de défaire l’attache de mon pantalon. En arborant un large sourire, elle alla pêcher mon pénis et me confia :
- Attends, je vais te sucer!
Elle commença à me lécher la hampe sur les côtés, négligeant volontairement le gland. Elle attendit que ma queue soit luisante de salive pour gober juste le gland qu’elle aspira goulûment en me dardant de regards langoureux. Je me suis laissé aller de bon cœur et mes yeux ont quitté l’écran un long moment. Mes pensées allèrent à cette langue qui titillait mon sexe, à cette gorge qui l’entourait, le réchauffant; je me suis dit qu’elle devait avoir passablement d’expérience pour être si bonne avec cette technique. J’ai fermé les yeux pour savourer toutes les sensations; cela dura un bon moment.
Quand j’entrouvris les yeux, mes regards embrassèrent d’abord la forme ondulante de Sylvie Duguay qui poursuivait sa tâche sans relâche. Puis, je levai la tête vers l’écran et là, je me raidis devant la scène qui se déroulait sur l’écran. La rouquine dut, d’une façon ou de l’autre, ressentir quelque chose car elle sortit mon pénis de sa bouche pour demander, entre deux halètements :
- Qu’est-ce qu’il y a?
Je l’ai embrochée de nouveau sans attendre, la tenant fermement par la tête des deux mains en commandant :
- T’occupes pas! Suces!
J’étais en sueur, mes yeux allant de Sylvie à l’écran alternativement. Pour rien au monde, je ne voulais qu’elle assiste à cette scène. Moi-même, j’étais dévasté par ce que je voyais, mais pris entre les deux feux, je savais que je ne pourrais poursuivre longtemps sans éjaculer. Pourtant je fis des efforts surhumains pour résister et retarder l’échéance inéluctable. Mais cette petite peste était tellement adroite qu’au bout d’une dizaine de minutes, je n’en pus plus et lui envoyai une incroyable giclée de sperme au fond de la gorge. Elle ne devait pas s’attendre à une telle puissance car elle s’étouffa, échappa à ma poigne devenue cotonneuse et elle s’éloigna en bondissant à quatre pattes, ce qui la mit, à mon grand désarrois, face au téléviseur. J’ai hurlé, trop tard malheureusement :
- Sylvie, ne regardes pas ça!
- Que… Qu’est-ce que c’est?
Comment décrire la scène de boucherie qui se continuait sous nos yeux? Déjà la malheureuse n’était plus consciente, le sang s’écoulait de ses nombreuses plaies, mais je savais bien qu’on n’en était encore qu’aux « préliminaires ». J’ai retrouvé la télécommande et j’ai arrêté le déroulement de la cassette.
- Saloperie! ai-je laissé échapper.
- Qu’est-ce que c’était, Michel? interrogea de nouveau Sylvie Duguay.
- Un film « snuff » !
- Un quoi?
- Des films « très » spéciaux, produits en petite série, pour des amateurs en mal de sensations fortes. J’ai entendu dire que ça valait une petite fortune sur le marché noir!
- C’est truqué? demanda Sylvie, la voix effrayée.
- Je ne crois pas!
Sylvie Duguay me regarda avec un air incrédule, comprenant que j’étais sérieux.
- Oui, Sylvie, cette fille a vraiment été assassinée sous nos yeux…
- Ce n’est pas possible!
- Si, j’aurais dû me douter de quelque chose dès le début…
- Comment ça?
- J’ai lu quelque part que ces films sont souvent produits en Amérique du Sud, en Argentine je crois. Je me disais que c’était étrange que tous les hommes du film semblaient originaires d’Amérique latine alors que l’héroïne semble européenne ou à tout le moins, de race blanche.
- Comment s’est-elle retrouvée mêlée à ça?
- Je l’ignore! Peut-être une touriste kidnappée ou encore une fille alléchée par l’appât du gain.
- Que veux-tu dire?
- On peut lui avoir fait miroiter une jolie somme pour jouer dans un petit film porno, évidemment sans lui expliquer la fin du scénario.
- C’est dégueulasse!
- Je ne te le fais pas dire!
Tandis que nous avions cette petite conversation, une idée commençait à germer dans ma tête, pas du tout agréable. Avant de commencer le visionnement, Sylvie Duguay avait déclaré qu’elle voulait que nous le regardions « seuls ». Comment pouvait-elle être certaine de l’absence de Sylvie Morel si elle ignorait où elle se trouvait? Elle devait me cacher quelque chose; il fallait crever l’abcès tout de suite!
- Où est Sylvie Morel?
La rouquine détourna les yeux sans répondre, mais je vis qu’elle tremblait de peur. Sans ménagement, je l’ai empoignée par le bras pour qu’elle me regarde et j’ai réitéré ma demande avec un peu plus d’insistance :
- Où est-elle, Sylvie? Réponds, tu m’entends!
Elle se mit à sangloter. Cette attitude était un aveu de sa part, je m’en rendais compte.
- Tu l’as amené chez Caroline, n’est-ce pas? ai-je hurlé.
- Oui!
- Ma foi, tu as perdu la tête! Qu’est-ce qu’elle lui a fait?
- J’en sais rien! Elle voulait que je lui la laisse pour la fin de semaine…
J’ai regardé ma montre-bracelet : elle marquait 20 :30 heures. La boutique où devait travailler Caroline allait probablement fermer ses portes dans une demi-heure. Pas de temps à perdre! Je me suis levé, ai rentré mon sexe qui pendait flasque, toute excitation évaporée et j’ai remonté ma fermeture-éclair.
- Dépêches-toi! ai-je dit en pointant l’escalier. Mets ton manteau, nous avons juste le temps!
Sylvie Duguay n’a pas répliqué, mais elle m’a emboîté le pas. J’ai démarré en trombe, soucieux de ne pas gaspiller la moindre minute de ce temps précieux. J’ai couvert la distance nous séparant du sex-shop en un temps record, heureusement sans encourir de contravention. J’ai stoppé ma voiture à courte distance de la boutique, de manière à pouvoir surveiller l’entrée du commerce. Il était 20 :55 heures et quelques clients attardés quittaient les lieux, porteurs d’achats divers.
- On y va? demanda Sylvie.
- Je préfère attendre, ai-je répondu sans m’expliquer plus avant.
Vers 21 :15 heures, la lumière criarde qui illuminait les présentoirs fit place à l’obscurité. Quelques instants plus tard, la porte s’ouvrit de nouveau pour laisser sortir une forme indistincte qui fourragea un moment pour la verrouiller. Sa tâche accomplie, le personnage s’éloigna et s’arrêta sous un lampadaire pour héler un taxi. Nous n’avons eu aucune peine à reconnaître le visage de Caroline, sous l’éclairage glauque.
- Elle est seule, fit remarquer ma compagne.
Une voiture-taxi s’arrêta à sa hauteur et elle s’y engouffra rapidement. Prévoyant la manœuvre, j’avais déjà démarré et je me suis astreint à une filature la plus discrète possible. Le trajet prit moins d’une quinzaine de minutes, nous entraînant dans un faubourg peu cossu. Caroline se fit conduire jusqu’à un petit bungalow de banlieue qui avait la particularité d’occuper un lot entre deux terrains vagues. La femme paya le chauffeur qui démarra aussitôt pour disparaître au coin de la rue; elle marcha jusqu’à la maison dont elle déverrouilla la porte d’entrée.
J’ai arrêté ma voiture à bonne distance, attentif à l’activité qui régnait dans la maison. Après avoir allumé dans le hall d’entrée, Caroline éteignit rapidement et elle descendit au sous-sol, comme en témoignèrent les lumières jetant des lueurs fauves aux fenêtres des soupiraux.
- Qu’allons-nous faire? interrogea Sylvie Duguay.
- Il faudrait savoir si Sylvie est là, ai-je répliqué. Allons jeter un coup d’œil!
Sans attendre de voir si la rouquine se ralliait à mon idée, j’ai ouvert la portière et je me suis coulé dans la nuit printanière. Les crissements des pas derrière moi me rassurèrent sur la décision de Sylvie. Tentant de faire le moins de bruit possible sur la neige, nous nous sommes approchés de la maison et nous avons entrepris d’en faire le tour. Heureusement que la nuit était noire et que la résidence était un peu isolée. En jetant un coup d’œil, je vis que les fenêtres des soupiraux étaient occultées par des tentures opaques.
- Zut! jurai-je.
Nous avons continué notre progression vers l’arrière de la maison où nous avons découvert une remise qui occupait toute la largeur de la propriété, une partie faisant office de garage. J’allais me diriger de ce côté quand Sylvie me souffla :
- Michel!
Abandonnant momentanément mon objectif, je me suis retourné vers elle qui désignait un rectangle de lumière, une autre fenêtre basse sur la façade arrière du bungalow; contrairement aux autres, celle-ci n’était pas entièrement occultée et nous avons pu jeter un coup d’œil intéressé. Quel surprenant spectacle s’étalait sous nos yeux! La pièce était décorée dans un style de donjon moyenâgeux, en fausse pierre de taille, selon ce que je pouvais juger. Mais plus que le décor lui-même, c’est la présence d’une forme humaine qui attira mon attention. Sans nulle doute de sexe féminin, le personnage que l’on voyait de dos était nu, suspendu par les bras à un treuil électrique fixé au plafond. Le dos était zébré de balafres rouges, sanglantes, témoignant d’une flagellation atroce. La femme dont la chevelure brune cachait les traits fit soudain un mouvement et nous avons reconnu Sylvie Morel, malgré la présence d’un bâillon-boule qui la maintenait muette.
Hors de moi, j’attrappai l’autre Sylvie et lui approchai le visage de la fenêtre en soufflant :
- Regardes ce que tu as fait, idiote!
Terrorisée, la rouquine ne savait que répondre.
Soudain, nous avons vu se profiler aux côtés de la suppliciée la silhouette de Caroline. Elle portait des vêtements de cuir et arborait un long fouet tressé. Elle tournait autour de sa prisonnière, lui parlant visiblement à en juger par le mouvement des lèvres, mais sans que nous puissions entendre.
Nous nous sommes reculés pour ne pas être dans son champ de vision lorsqu’elle serait face à nous. Je regardais autour de moi, cherchant une aide illusoire, mais sans grand succès. Tout ce que j’ai trouvé fut un gros boulon probablement abandonné lors de précédants travaux. J’ai ensuite reporté mon attention sur la fenêtre; c’était une de ces ouvertures bon marché en vinyle, possibles d’ouvrir sans trop de difficulté, même sans outil spécialisé. J’ai vérifié rapidement tout le périmètre du cadre pour m’assurer qu’il n’y avait pas de contact relié à une sonnerie d’alarme; rassuré sur ce point, j’ai entraîné Sylvie Duguay un peu plus loin pour lui dire :
- Voici ce que tu vas faire : tu vas aller sonner à la porte d’entrée, puis tu te cacheras hors de vue pour attendre que Caroline vienne répondre. Si elle ne répond pas, recommences à nouveau!
- Que vas-tu faire?
- Essayer de la délivrer!
Je vis que mon plan ne semblait pas l’emballer, mais je ne voyais guère d’autre option.
- Si elle daigne aller ouvrir la porte, tu retourneras sonner de nouveau après qu’elle l’aura refermée pour me donner plus de temps.
- Ça ne marchera jamais, mais je ferai comme tu voudras!
Sylvie Duguay s’éloigna pour contourner la maison. De mon côté, je me suis préparé car si ce plan insensé fonctionnait, je n’aurais pas trop de tout mon temps pour le mener à bien.
Au bout de deux ou trois minutes, j’ai perçu le son indistinct du carillon de la porte d’entrée. Par la fenêtre, je vis que Caroline s’était arrêtée, interloquée, puis s’étant finalement décidée, elle abandonna sa victime et quitta les lieux, se dirigeant vraisemblablement vers l’escalier menant au rez-de-chaussée. Sans perdre de temps, j’ai placé la tête du boulon sous l’encadrement du vantail de la fenêtre et priant pour que ça fonctionne, j’ai soulevé le tout de toutes mes forces. Quand je vis le vantail se déplacer vers le haut, j’ai failli crier de joie, mais heureusement j’avais autre chose à faire qu’une telle connerie. Lorsqu’il fut dégagé du coulisseau inférieur, je n’ai eu qu’à le tirer à moi pour l’enlever en forçant légèrement. Comme il s’agissait de verre double, je n’avais plus qu’un autre vantail à retirer, ce qui me pris encore moins de temps. L’air froid s’engouffra dans le sous-sol, faisant frissonner Sylvie Morel, mais comme elle me tournait le dos, elle ignorait ce qui se passait. Au prix d’un léger saut suivi d’un rétablissement, je me suis retrouvé derrière elle, puis je lui ai fait face en lui faisant signe, bien inutilement à cause du bâillon, de rester silencieuse.
En deux bonds, je gagnai l’amorce de l’escalier où j’entendais déjà le martèlement des bottes de cuir de Caroline. Heureusement, la sonnette retentit de nouveau, lui faisant crier de colère, mais l’incitant néanmoins à remonter vers le hall. Armé d’un couteau trouvé sur une commode, je me suis rué vers Sylvie Morel et j’ai tranché la corde à laquelle elle était suspendue. Nous n’avions pas le temps de retrouver ses vêtements, aussi je me suis dépouillé de mon manteau que je lui ai donné, puis je l’ai aidée à passer par le soupirail en lui faisant la courte échelle.
- Tu connais ma voiture, ai-je dit. Sylvie est là dehors! Vite, dépêches-toi!
Comme je n’avais pas eu le temps de lui retirer le bâillon-boule, elle ne put que hocher la tête avant de s’éloigner pieds nus dans la neige. J’allais la suivre quand le bruit de la descente de Caroline doublé de sa voix en colère retentit dans l’escalier.
- Saloperie de gamins! criait-elle.
Je me suis réfugié dans un coin du sous-sol d’où je pourrais la voir arriver, mais sans être vu moi-même. L’adrénaline me soulevait, me faisant faire des choses que je n’aurais jamais imaginé pouvoir accomplir. Je pris un sac de jute qui se trouvait par terre, une paire de menottes et j’attendis les quelques secondes nécessaires pour qu’elle atteigne le sous-sol.
Tout se passa très vite! Caroline s’arrêta net en pénétrant dans son donjon, découvrant la corde où aurait dû être suspendue Sylvie Morel tranchée nette. Sans lui laisser le temps de réagir, je me suis rué sur elle par derrière, la cagoulant de force avec le sac de jute et la précipitant par terre. La surprise de l’attaque l’ayant terrassée, elle ne put m’opposer trop de résistance et je réussis à la maîtriser, malgré quelques coups de pieds bien sentis. Je l’ai traînée jusqu’à une colonne du sous-sol soutenant la poutre maîtresse et je l’ai menottée dos au poteau, en position assise.
- Qui êtes-vous? interrogea-t-elle à travers son sac.
Je n’eus garde de répondre, ne voulant pas la renseigner sur l’identité de son agresseur. Je l’ai abandonnée dans le donjon et je suis monté au rez-de-chaussée, hésitant entre quitter les lieux sur-le-champ et faire un peu de recherche. La curiosité l’emporta et je suis entré dans la première pièce, à droite de la porte d’entrée qui était un salon encombré de bibliothèques garnies non seulement de volumes, mais également de cassettes-vidéo.
Soudain, une idée germa dans ma tête et je me suis approché de ces dernières. Sans surprise, connaissant les intérêts de Caroline, je me suis aperçu qu’il s’agissait uniquement de films pornographiques. J’en retirai un certain nombre des rayonnages pour découvrir derrière elle une seconde rangée, ainsi camouflée. Celles-ci ne portaient guère d’indications si ce n’était un numéro. Je trouvai sans surprise une cassette portant le numéro 8, ainsi que quelques autres de même facture.
Esquissant un sourire, j’ai jeté pêle-mêle ces cassettes par terre et j’ai vidé quelques rayons pour faire croire à du vandalisme, puis je me suis mis à la recherche d’un appareil téléphonique que j’ai découvert dans le corridor, sur un guéridon. J’ai soulevé le combiné, j’ai composé 911 et j’ai simplement déposé le récepteur sur le guéridon. Puis, sans demander mon reste, je suis sorti par l’entrée principale et j’ai rejoint les deux femmes qui m’attendaient près de ma voiture. Nous nous sommes réfugiés dans l’auto pour nous réchauffer, surtout Sylvie Morel transie de froid et toujours sans chaussure.
- Nous nous demandions ce qui t’était arrivé, dit Sylvie Duguay.
- Vous allez voir dans quelques minutes! ai-je simplement répondu.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous avons vu apparaître au coin de la rue les gyrophares d’une auto-patrouille qui s’est arrêtée devant la maison de Caroline. Deux officiers de police en sont descendus, porteurs de longues lampes de poche. L’un d’eux s’est dirigé vers la porte d’entrée et a actionné le carillon; son compagnon s’est empressé de faire le tour de la maison. Une exclamation retentit et le premier policier courut rejoindre son confrère à l’arrière de la maison.
Sans précipitation, j’ai démarré ma voiture et nous avons quitté les lieux sans être inquiétés. Tout en roulant vers ma résidence, j’ai fait aux deux femmes un récit succinct de ma courte rencontre avec Caroline, puis de ma petite mise en scène.
- Je crois, dis-je, que Caroline aura bien de la misère à expliquer la présence de cette cassette no 8 chez elle. La possession de snuff, c’est illégal!
Puis je me suis tourné vers Sylvie Duguay et j’ai repris :
- Je crois que tu as des excuses à formuler!
Se tournant vers la brunette, la rouquine déclara :
- Je suis vraiment désolé, Sylvie, jamais je n’aurais crû qu’elle serait allé si loin…
L’autre ne répondit pas, mais dans le rétroviseur, je vis que de la rancœur l’habitait toujours. Aussi, je pris sur moi de conclure :
- C’est bien comme première excuse, Sylvie, mais je crois qu’une punition en règle sera de mise!
Le visage de la rouquine s’assombrit alors que celui de Sylvie Morel s’éclairait. J’aurai pu parier qu’elle comptait démontrer certaines des activités auxquelles on venait de l’initier à sa compagne et ce, pour mon plus grand plaisir…
- Est-elle allé passer une entrevue? ai-je demandé à sa compagne.
La rouquine esquissa un mouvement indistinct, l’air de dire « je n’en sais trop rien », mais elle s’efforça de changer de sujet en m’apprenant :
- J’ai rendu visite à Caroline, cette après-midi, et elle m’a remis un cadeau à ton intention.
- Vraiment? De quoi s’agit-il?
- D’un film, sans aucun doute. Tu veux le visionner tout de suite ou tu désires manger un peu?
- Bof! Allons-y pour la petite séance de cinéma, je n’ai pas très faim.
Nous sommes descendus au sous-sol où Sylvie m’a fait voir la cassette portant le chiffre 8. Je l’ai retournée entre mes mains comme si ce simple geste avait pu me renseigner sur son contenu, mais n’y découvrant nulle inscription. Cela m’apparut dès lors un peu bizarre, mais j’ai préféré pousser mon investigation plus avant en demandant :
- Tu l’as regardée?
- Non, je voulais qu’on l’a regarde tous les deux, seuls!
J’ai enfourné la cassette dans le magnétoscope, puis nous nous sommes installés confortablement sur le divan transformable. J’ai pris la télécommande, allumé le téléviseur et fait démarrer le magnétoscope. Sylvie Duguay s’est collée affectueusement contre moi.
L’écran laissa voir une qualité de film assez pauvre, probablement l’œuvre d’amateurs. Le décor se résumait à l’intérieur d’une vieille grange en bois, mal éclairée. Un groupe d’étrangers maîtrisait assez brutalement une fille de race blanche, portant de longs cheveux blonds; je notai que les hommes semblaient de type sud-américain, ce qui me rappela vaguement quelque chose, mais de manière très indistincte.
La fille fut débarrassée de ses vêtements en un rien de temps, ligotée et suspendue par les bras à un crochet fixé à une poutre du toit. À tour de rôle, les hommes lui firent subir divers sévices, la tripotant de leurs mains sales, la fouettant continuellement, la prenant tant par devant que par derrière, sans aucun ménagement. La victime hurlait tellement que je dus baisser le son.
Nul doute dans mon esprit que ce film devait plaire particulièrement à Caroline. Pour ma part, je trouvais que le jeu des acteurs manquait de naturel, à l’exception de celui de la fille. Sylvie Duguay dut sentir que je n’étais pas emballé outre mesure car elle eut soudain l’inspiration de me changer les idées. Elle se coula en position à genoux devant moi et elle entreprit de défaire l’attache de mon pantalon. En arborant un large sourire, elle alla pêcher mon pénis et me confia :
- Attends, je vais te sucer!
Elle commença à me lécher la hampe sur les côtés, négligeant volontairement le gland. Elle attendit que ma queue soit luisante de salive pour gober juste le gland qu’elle aspira goulûment en me dardant de regards langoureux. Je me suis laissé aller de bon cœur et mes yeux ont quitté l’écran un long moment. Mes pensées allèrent à cette langue qui titillait mon sexe, à cette gorge qui l’entourait, le réchauffant; je me suis dit qu’elle devait avoir passablement d’expérience pour être si bonne avec cette technique. J’ai fermé les yeux pour savourer toutes les sensations; cela dura un bon moment.
Quand j’entrouvris les yeux, mes regards embrassèrent d’abord la forme ondulante de Sylvie Duguay qui poursuivait sa tâche sans relâche. Puis, je levai la tête vers l’écran et là, je me raidis devant la scène qui se déroulait sur l’écran. La rouquine dut, d’une façon ou de l’autre, ressentir quelque chose car elle sortit mon pénis de sa bouche pour demander, entre deux halètements :
- Qu’est-ce qu’il y a?
Je l’ai embrochée de nouveau sans attendre, la tenant fermement par la tête des deux mains en commandant :
- T’occupes pas! Suces!
J’étais en sueur, mes yeux allant de Sylvie à l’écran alternativement. Pour rien au monde, je ne voulais qu’elle assiste à cette scène. Moi-même, j’étais dévasté par ce que je voyais, mais pris entre les deux feux, je savais que je ne pourrais poursuivre longtemps sans éjaculer. Pourtant je fis des efforts surhumains pour résister et retarder l’échéance inéluctable. Mais cette petite peste était tellement adroite qu’au bout d’une dizaine de minutes, je n’en pus plus et lui envoyai une incroyable giclée de sperme au fond de la gorge. Elle ne devait pas s’attendre à une telle puissance car elle s’étouffa, échappa à ma poigne devenue cotonneuse et elle s’éloigna en bondissant à quatre pattes, ce qui la mit, à mon grand désarrois, face au téléviseur. J’ai hurlé, trop tard malheureusement :
- Sylvie, ne regardes pas ça!
- Que… Qu’est-ce que c’est?
Comment décrire la scène de boucherie qui se continuait sous nos yeux? Déjà la malheureuse n’était plus consciente, le sang s’écoulait de ses nombreuses plaies, mais je savais bien qu’on n’en était encore qu’aux « préliminaires ». J’ai retrouvé la télécommande et j’ai arrêté le déroulement de la cassette.
- Saloperie! ai-je laissé échapper.
- Qu’est-ce que c’était, Michel? interrogea de nouveau Sylvie Duguay.
- Un film « snuff » !
- Un quoi?
- Des films « très » spéciaux, produits en petite série, pour des amateurs en mal de sensations fortes. J’ai entendu dire que ça valait une petite fortune sur le marché noir!
- C’est truqué? demanda Sylvie, la voix effrayée.
- Je ne crois pas!
Sylvie Duguay me regarda avec un air incrédule, comprenant que j’étais sérieux.
- Oui, Sylvie, cette fille a vraiment été assassinée sous nos yeux…
- Ce n’est pas possible!
- Si, j’aurais dû me douter de quelque chose dès le début…
- Comment ça?
- J’ai lu quelque part que ces films sont souvent produits en Amérique du Sud, en Argentine je crois. Je me disais que c’était étrange que tous les hommes du film semblaient originaires d’Amérique latine alors que l’héroïne semble européenne ou à tout le moins, de race blanche.
- Comment s’est-elle retrouvée mêlée à ça?
- Je l’ignore! Peut-être une touriste kidnappée ou encore une fille alléchée par l’appât du gain.
- Que veux-tu dire?
- On peut lui avoir fait miroiter une jolie somme pour jouer dans un petit film porno, évidemment sans lui expliquer la fin du scénario.
- C’est dégueulasse!
- Je ne te le fais pas dire!
Tandis que nous avions cette petite conversation, une idée commençait à germer dans ma tête, pas du tout agréable. Avant de commencer le visionnement, Sylvie Duguay avait déclaré qu’elle voulait que nous le regardions « seuls ». Comment pouvait-elle être certaine de l’absence de Sylvie Morel si elle ignorait où elle se trouvait? Elle devait me cacher quelque chose; il fallait crever l’abcès tout de suite!
- Où est Sylvie Morel?
La rouquine détourna les yeux sans répondre, mais je vis qu’elle tremblait de peur. Sans ménagement, je l’ai empoignée par le bras pour qu’elle me regarde et j’ai réitéré ma demande avec un peu plus d’insistance :
- Où est-elle, Sylvie? Réponds, tu m’entends!
Elle se mit à sangloter. Cette attitude était un aveu de sa part, je m’en rendais compte.
- Tu l’as amené chez Caroline, n’est-ce pas? ai-je hurlé.
- Oui!
- Ma foi, tu as perdu la tête! Qu’est-ce qu’elle lui a fait?
- J’en sais rien! Elle voulait que je lui la laisse pour la fin de semaine…
J’ai regardé ma montre-bracelet : elle marquait 20 :30 heures. La boutique où devait travailler Caroline allait probablement fermer ses portes dans une demi-heure. Pas de temps à perdre! Je me suis levé, ai rentré mon sexe qui pendait flasque, toute excitation évaporée et j’ai remonté ma fermeture-éclair.
- Dépêches-toi! ai-je dit en pointant l’escalier. Mets ton manteau, nous avons juste le temps!
Sylvie Duguay n’a pas répliqué, mais elle m’a emboîté le pas. J’ai démarré en trombe, soucieux de ne pas gaspiller la moindre minute de ce temps précieux. J’ai couvert la distance nous séparant du sex-shop en un temps record, heureusement sans encourir de contravention. J’ai stoppé ma voiture à courte distance de la boutique, de manière à pouvoir surveiller l’entrée du commerce. Il était 20 :55 heures et quelques clients attardés quittaient les lieux, porteurs d’achats divers.
- On y va? demanda Sylvie.
- Je préfère attendre, ai-je répondu sans m’expliquer plus avant.
Vers 21 :15 heures, la lumière criarde qui illuminait les présentoirs fit place à l’obscurité. Quelques instants plus tard, la porte s’ouvrit de nouveau pour laisser sortir une forme indistincte qui fourragea un moment pour la verrouiller. Sa tâche accomplie, le personnage s’éloigna et s’arrêta sous un lampadaire pour héler un taxi. Nous n’avons eu aucune peine à reconnaître le visage de Caroline, sous l’éclairage glauque.
- Elle est seule, fit remarquer ma compagne.
Une voiture-taxi s’arrêta à sa hauteur et elle s’y engouffra rapidement. Prévoyant la manœuvre, j’avais déjà démarré et je me suis astreint à une filature la plus discrète possible. Le trajet prit moins d’une quinzaine de minutes, nous entraînant dans un faubourg peu cossu. Caroline se fit conduire jusqu’à un petit bungalow de banlieue qui avait la particularité d’occuper un lot entre deux terrains vagues. La femme paya le chauffeur qui démarra aussitôt pour disparaître au coin de la rue; elle marcha jusqu’à la maison dont elle déverrouilla la porte d’entrée.
J’ai arrêté ma voiture à bonne distance, attentif à l’activité qui régnait dans la maison. Après avoir allumé dans le hall d’entrée, Caroline éteignit rapidement et elle descendit au sous-sol, comme en témoignèrent les lumières jetant des lueurs fauves aux fenêtres des soupiraux.
- Qu’allons-nous faire? interrogea Sylvie Duguay.
- Il faudrait savoir si Sylvie est là, ai-je répliqué. Allons jeter un coup d’œil!
Sans attendre de voir si la rouquine se ralliait à mon idée, j’ai ouvert la portière et je me suis coulé dans la nuit printanière. Les crissements des pas derrière moi me rassurèrent sur la décision de Sylvie. Tentant de faire le moins de bruit possible sur la neige, nous nous sommes approchés de la maison et nous avons entrepris d’en faire le tour. Heureusement que la nuit était noire et que la résidence était un peu isolée. En jetant un coup d’œil, je vis que les fenêtres des soupiraux étaient occultées par des tentures opaques.
- Zut! jurai-je.
Nous avons continué notre progression vers l’arrière de la maison où nous avons découvert une remise qui occupait toute la largeur de la propriété, une partie faisant office de garage. J’allais me diriger de ce côté quand Sylvie me souffla :
- Michel!
Abandonnant momentanément mon objectif, je me suis retourné vers elle qui désignait un rectangle de lumière, une autre fenêtre basse sur la façade arrière du bungalow; contrairement aux autres, celle-ci n’était pas entièrement occultée et nous avons pu jeter un coup d’œil intéressé. Quel surprenant spectacle s’étalait sous nos yeux! La pièce était décorée dans un style de donjon moyenâgeux, en fausse pierre de taille, selon ce que je pouvais juger. Mais plus que le décor lui-même, c’est la présence d’une forme humaine qui attira mon attention. Sans nulle doute de sexe féminin, le personnage que l’on voyait de dos était nu, suspendu par les bras à un treuil électrique fixé au plafond. Le dos était zébré de balafres rouges, sanglantes, témoignant d’une flagellation atroce. La femme dont la chevelure brune cachait les traits fit soudain un mouvement et nous avons reconnu Sylvie Morel, malgré la présence d’un bâillon-boule qui la maintenait muette.
Hors de moi, j’attrappai l’autre Sylvie et lui approchai le visage de la fenêtre en soufflant :
- Regardes ce que tu as fait, idiote!
Terrorisée, la rouquine ne savait que répondre.
Soudain, nous avons vu se profiler aux côtés de la suppliciée la silhouette de Caroline. Elle portait des vêtements de cuir et arborait un long fouet tressé. Elle tournait autour de sa prisonnière, lui parlant visiblement à en juger par le mouvement des lèvres, mais sans que nous puissions entendre.
Nous nous sommes reculés pour ne pas être dans son champ de vision lorsqu’elle serait face à nous. Je regardais autour de moi, cherchant une aide illusoire, mais sans grand succès. Tout ce que j’ai trouvé fut un gros boulon probablement abandonné lors de précédants travaux. J’ai ensuite reporté mon attention sur la fenêtre; c’était une de ces ouvertures bon marché en vinyle, possibles d’ouvrir sans trop de difficulté, même sans outil spécialisé. J’ai vérifié rapidement tout le périmètre du cadre pour m’assurer qu’il n’y avait pas de contact relié à une sonnerie d’alarme; rassuré sur ce point, j’ai entraîné Sylvie Duguay un peu plus loin pour lui dire :
- Voici ce que tu vas faire : tu vas aller sonner à la porte d’entrée, puis tu te cacheras hors de vue pour attendre que Caroline vienne répondre. Si elle ne répond pas, recommences à nouveau!
- Que vas-tu faire?
- Essayer de la délivrer!
Je vis que mon plan ne semblait pas l’emballer, mais je ne voyais guère d’autre option.
- Si elle daigne aller ouvrir la porte, tu retourneras sonner de nouveau après qu’elle l’aura refermée pour me donner plus de temps.
- Ça ne marchera jamais, mais je ferai comme tu voudras!
Sylvie Duguay s’éloigna pour contourner la maison. De mon côté, je me suis préparé car si ce plan insensé fonctionnait, je n’aurais pas trop de tout mon temps pour le mener à bien.
Au bout de deux ou trois minutes, j’ai perçu le son indistinct du carillon de la porte d’entrée. Par la fenêtre, je vis que Caroline s’était arrêtée, interloquée, puis s’étant finalement décidée, elle abandonna sa victime et quitta les lieux, se dirigeant vraisemblablement vers l’escalier menant au rez-de-chaussée. Sans perdre de temps, j’ai placé la tête du boulon sous l’encadrement du vantail de la fenêtre et priant pour que ça fonctionne, j’ai soulevé le tout de toutes mes forces. Quand je vis le vantail se déplacer vers le haut, j’ai failli crier de joie, mais heureusement j’avais autre chose à faire qu’une telle connerie. Lorsqu’il fut dégagé du coulisseau inférieur, je n’ai eu qu’à le tirer à moi pour l’enlever en forçant légèrement. Comme il s’agissait de verre double, je n’avais plus qu’un autre vantail à retirer, ce qui me pris encore moins de temps. L’air froid s’engouffra dans le sous-sol, faisant frissonner Sylvie Morel, mais comme elle me tournait le dos, elle ignorait ce qui se passait. Au prix d’un léger saut suivi d’un rétablissement, je me suis retrouvé derrière elle, puis je lui ai fait face en lui faisant signe, bien inutilement à cause du bâillon, de rester silencieuse.
En deux bonds, je gagnai l’amorce de l’escalier où j’entendais déjà le martèlement des bottes de cuir de Caroline. Heureusement, la sonnette retentit de nouveau, lui faisant crier de colère, mais l’incitant néanmoins à remonter vers le hall. Armé d’un couteau trouvé sur une commode, je me suis rué vers Sylvie Morel et j’ai tranché la corde à laquelle elle était suspendue. Nous n’avions pas le temps de retrouver ses vêtements, aussi je me suis dépouillé de mon manteau que je lui ai donné, puis je l’ai aidée à passer par le soupirail en lui faisant la courte échelle.
- Tu connais ma voiture, ai-je dit. Sylvie est là dehors! Vite, dépêches-toi!
Comme je n’avais pas eu le temps de lui retirer le bâillon-boule, elle ne put que hocher la tête avant de s’éloigner pieds nus dans la neige. J’allais la suivre quand le bruit de la descente de Caroline doublé de sa voix en colère retentit dans l’escalier.
- Saloperie de gamins! criait-elle.
Je me suis réfugié dans un coin du sous-sol d’où je pourrais la voir arriver, mais sans être vu moi-même. L’adrénaline me soulevait, me faisant faire des choses que je n’aurais jamais imaginé pouvoir accomplir. Je pris un sac de jute qui se trouvait par terre, une paire de menottes et j’attendis les quelques secondes nécessaires pour qu’elle atteigne le sous-sol.
Tout se passa très vite! Caroline s’arrêta net en pénétrant dans son donjon, découvrant la corde où aurait dû être suspendue Sylvie Morel tranchée nette. Sans lui laisser le temps de réagir, je me suis rué sur elle par derrière, la cagoulant de force avec le sac de jute et la précipitant par terre. La surprise de l’attaque l’ayant terrassée, elle ne put m’opposer trop de résistance et je réussis à la maîtriser, malgré quelques coups de pieds bien sentis. Je l’ai traînée jusqu’à une colonne du sous-sol soutenant la poutre maîtresse et je l’ai menottée dos au poteau, en position assise.
- Qui êtes-vous? interrogea-t-elle à travers son sac.
Je n’eus garde de répondre, ne voulant pas la renseigner sur l’identité de son agresseur. Je l’ai abandonnée dans le donjon et je suis monté au rez-de-chaussée, hésitant entre quitter les lieux sur-le-champ et faire un peu de recherche. La curiosité l’emporta et je suis entré dans la première pièce, à droite de la porte d’entrée qui était un salon encombré de bibliothèques garnies non seulement de volumes, mais également de cassettes-vidéo.
Soudain, une idée germa dans ma tête et je me suis approché de ces dernières. Sans surprise, connaissant les intérêts de Caroline, je me suis aperçu qu’il s’agissait uniquement de films pornographiques. J’en retirai un certain nombre des rayonnages pour découvrir derrière elle une seconde rangée, ainsi camouflée. Celles-ci ne portaient guère d’indications si ce n’était un numéro. Je trouvai sans surprise une cassette portant le numéro 8, ainsi que quelques autres de même facture.
Esquissant un sourire, j’ai jeté pêle-mêle ces cassettes par terre et j’ai vidé quelques rayons pour faire croire à du vandalisme, puis je me suis mis à la recherche d’un appareil téléphonique que j’ai découvert dans le corridor, sur un guéridon. J’ai soulevé le combiné, j’ai composé 911 et j’ai simplement déposé le récepteur sur le guéridon. Puis, sans demander mon reste, je suis sorti par l’entrée principale et j’ai rejoint les deux femmes qui m’attendaient près de ma voiture. Nous nous sommes réfugiés dans l’auto pour nous réchauffer, surtout Sylvie Morel transie de froid et toujours sans chaussure.
- Nous nous demandions ce qui t’était arrivé, dit Sylvie Duguay.
- Vous allez voir dans quelques minutes! ai-je simplement répondu.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous avons vu apparaître au coin de la rue les gyrophares d’une auto-patrouille qui s’est arrêtée devant la maison de Caroline. Deux officiers de police en sont descendus, porteurs de longues lampes de poche. L’un d’eux s’est dirigé vers la porte d’entrée et a actionné le carillon; son compagnon s’est empressé de faire le tour de la maison. Une exclamation retentit et le premier policier courut rejoindre son confrère à l’arrière de la maison.
Sans précipitation, j’ai démarré ma voiture et nous avons quitté les lieux sans être inquiétés. Tout en roulant vers ma résidence, j’ai fait aux deux femmes un récit succinct de ma courte rencontre avec Caroline, puis de ma petite mise en scène.
- Je crois, dis-je, que Caroline aura bien de la misère à expliquer la présence de cette cassette no 8 chez elle. La possession de snuff, c’est illégal!
Puis je me suis tourné vers Sylvie Duguay et j’ai repris :
- Je crois que tu as des excuses à formuler!
Se tournant vers la brunette, la rouquine déclara :
- Je suis vraiment désolé, Sylvie, jamais je n’aurais crû qu’elle serait allé si loin…
L’autre ne répondit pas, mais dans le rétroviseur, je vis que de la rancœur l’habitait toujours. Aussi, je pris sur moi de conclure :
- C’est bien comme première excuse, Sylvie, mais je crois qu’une punition en règle sera de mise!
Le visage de la rouquine s’assombrit alors que celui de Sylvie Morel s’éclairait. J’aurai pu parier qu’elle comptait démontrer certaines des activités auxquelles on venait de l’initier à sa compagne et ce, pour mon plus grand plaisir…
FIN
Auteur:anchor987
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