Les deux Sylvie 10

Jeux de femmes

Le lendemain, ni Sylvie Duguay, ni Sylvie Morel ne me firent la moindre confidence sur leurs jeux de la veille. Je me suis informé des démarches que la brunette avait effectué en vue de se dénicher un emploi, l’ai félicité d’avoir pu dénicher deux entrevues en une seule matinée et lui ai demandé si elle allait renouveler ses démarches. Elle décocha un regard vers Sylvie Duguay, puis se tourna vers moi en faisant la moue et répondit :
- Je ne crois pas, Michel, je crois que je vais attendre de savoir si une de mes deux entrevues va me rapporter des dividendes. Peut-être aurai-je un appel durant la journée, qui sait!
Cette étrange attitude qui tranchait avec son engouement de la veille me mit la puce à l’oreille, mais je n’en laissai rien paraître. J’expédiai rapidement le petit déjeûner que m’avait préparé la rouquine, puis je quittai pour mon travail.
Aussitôt que le bruit de ma voiture se fut estompé, Sylvie Morel s’approcha de l’autre pour lui demander :
- Qu’est-ce que nous allons faire, aujourd’hui, Sylvie? J’ai fait ce que tu m’avais demandé, mais j’ignore à quoi tu veux jouer!
La rouquine ne répondit pas sur le champ, mais elle fit quelques pas pour s’éloigner de sa compagne, tourna sur elle-même et finalement, répliqua :
- J’ai quelques idées en tête, mais je préfère que tu n’en saches rien pour l’instant! Vas t’habiller pendant que je fais quelques appels téléphoniques. Habilles-toi sexy! En remontant, tu apporteras la caméra-vidéo et le trépied!
D’un geste, Sylvie Duguay congédia l’autre. En elle-même, elle gloussait de voir l’autre lui obéir au doigt et à l’œil, sans rechigner. Elle se dirigea vers le téléphone posé sur le comptoir de cuisine, déplia une petite feuille de papier où s’alignaient quelques chiffres, puis elle composa un premier numéro. Elle prit la peine de masquer le micro du combiné de sa main, au cas improbable où Sylvie Morel remonterait à l’improviste. Son interlocutrice répondit après quelques coups de sonnerie et les deux femmes discutèrent durant une dizaine de minutes, la rouquine prenant un timbre de voix autoritaire.
Dès qu’elle eut terminé, Sylvie Duguay composa le second numéro qu’elle avait noté sur son bout de papier, celui du sex-shop de Caroline.
*

Vers 10 :30 heures, un taxi s’arrêta devant l’immeuble où logeait Monique et les deux Sylvie en descendirent, portant leur petit matériel de cinéma-vidéo. Avec assurance, Sylvie Duguay se dirigea vers l’ascenseur qu’elle pilota jusqu’au dernier niveau de l’édifice à logements. Sylvie Morel sur les talons, la rouquine se dirigea vers l’appartement de Monique dont elle franchit l’entrée qui n’était pas verrouillée, conformément à ses instructions. Les deux femmes marchèrent jusqu’au milieu du séjour sans rencontrer âme qui vive et déposèrent leur matériel. La brunette qui ne savait toujours pas quel sort l’attendait demanda :
- Qui habite ici, Sylvie?
- Une autre esclave de Michel!
A ces mots, Sylvie Morel écarquilla les yeux. « Une autre esclave », pensa-t-elle. Combien pouvais-je bien en posséder au total?
Sylvie Duguay dressa le trépied dans un coin, puis elle y fixa la caméra-vidéo. Se tournant vers sa compagne, elle lui jeta :
- Fous-toi à poil!
- Ici? fit Sylvie Morel, estomaquée.
- Tu m’as très bien comprise, Sylvie! J’ai dit : « A poil! »
Se remémorant la gifle de la veille, Sylvie Morel jugea plus prudent d’obtempérer sans plus de délais et elle retira ses vêtements l’un après l’autre, sans que Sylvie Duguay n’esquisse le moindre geste pour l’aider. Quand elle se retrouva nue, la rouquine lui fit signe de mettre ses vêtements dans le vestiaire d’entrée.
- Tu vas de mettre ici! lui indiqua Sylvie Duguay quand elle fut de retour. En position à genoux!
Elle lui montrait un endroit du tapis, un peu sur la gauche du centre de la pièce, qu’elle avait pris soin de débarrasser de la table d’appoint. La brunette prit place, non sans s’inquiéter pour la suite. Sylvie Duguay sortit une bande de tissu noir de sa poche et lui dit :
- Je vais te bander les yeux!
- Mais pourquoi?
- Ce sera beaucoup plus excitant comme ça! Allez, pas de discussion!
Soumise, Sylvie Morel se pencha et sa compagne lui attacha le bandeau, s’assurant que l’autre ne pourrait rien voir. Puis elle se dirigea vers la caméra pour s’assurer du bon cadrage de la scène, ce qui la rassura. Elle lui souffla à l’oreille :
- Je reviens dans un instant, surtout ne bouges pas!
Sylvie Morel demeura silencieuse, mais sa peau s’était couverte de chair de poule.
Sylvie Duguay marcha doucement jusqu’à la porte de l’unique chambre du logement dont elle ouvrit la porte. Sans surprise, elle découvrit la silhouette agenouillée de Monique, les yeux bandés d’une manière similaire à la brunette du séjour et nue elle aussi. Elle appuyait les paumes de ses mains sur ses cuisses, dans l’expectative. La rouquine s’approcha et lui dit tout bas :
- Ne dis rien! C’est moi! Lèves-toi et suis-moi!
Docile, Monique se leva, chassa l’ankylose dans ses jambes et elle quitta la chambre, guidée par la main de Sylvie Duguay sur son bras droit. Elle fut entraînée jusqu’au milieu du séjour, devant l’autre Sylvie. Délaissant son bras, Sylvie lui ordonna :
- Mets-toi à genoux!
Sans attendre, Monique prit la position exigée. Se rendant compte de l’arrivée d’une nouvelle personne, Sylvie Morel se mit à trembler comme une feuille. Insensible à cette frayeur, Sylvie Duguay se dirigea de nouveau vers la caméra pour revérifier son cadrage. Elle se demanda si elle ne devrait pas fermer les tentures, mais elle opta pour la négative.
Sylvie Duguay laissa les deux soumises mariner un moment, tentant de les amener à un haut niveau d’excitation doublé d’appréhension. Elle vit bien rapidement que Sylvie Morel ne pourrait conserver son calme bien longtemps car elle était beaucoup moins habituée que Monique à ces jeux de domination. Néanmoins, elle pointa l’objectif de la caméra dans sa direction, parcourant les méandres de son corps gracile et tremblotant, puis elle fit un panoramique pour se rendre au corps de la blonde qui dut subir les mêmes efforts d’appropriation de sa silhouette. Quand elle eut terminé cette portion de son petit scénario, elle arrêta l’enregistrement et elle se redressa pour déclara aux deux actrices involontaires :
- Maintenant, vous allez nous donner un petit spectacle, les filles!
Ni l’une, ni l’autre ne semblant comprendre où elle voulait en venir, Sylvie Duguay décida de leur donner des ordres plus précis :
- Vous allez demeurer à genoux! Vous allez vous approcher l’une de l’autre!
Les deux femmes ne purent se complaire plus longtemps dans l’inactivité car Sylvie Duguay leur assena à chacune un coup de la ceinture de cuir qu’elle venait de tirer de son sac d’accessoires, pas assez fort pour marquer la peau, mais suffisant pour les surprendre. Tour à tour, elle laissèrent échapper un petit cri de surprise teinté de douleur.
- Allez! jeta Sylvie Duguay. Dépêchez-vous!
Peu désireuses d’encourir de nouveaux coups de ceinture, Sylvie Morel et Monique entreprirent de converger l’une vers l’autre, à la manière de deux batraciens malhabiles. Jugeant qu’elles s’étaient suffisamment rapprochées, leur tortionnaire les arrêta soudain :
- Arrêtez-vous!
D’un même mouvement, les deux femmes stoppèrent leur progression.
- Maintenant, vous allez vous caresser! ordonna Sylvie Duguay, l’œil rivé à la caméra qui enregistrait tout.
Sylvie Morel, tremblant de plus belle, ne fit rien. Monique, moins pudique, avança les bras et les posa sur les épaules de la brunette. Sylvie Duguay ne fit ni une, ni deux et assena un nouveau coup de ceinture sur le fessier rebondie de la novice, ce qui lui arracha un autre cri :
- Aye!
- Tu ferais mieux d’obéir, si tu ne veux pas avoir les fesses rouges d’ici quelques minutes! T’as compris?
- Oui, répondit Sylvie Morel, un sanglot étranglé dans la voix.
Apeurée, la brunette avança les bras à son tour pour rendre son étreinte à Monique, mais la rouquine préférait passer à l’action et elle exigea :
- Les mains sur les seins, toutes les deux!
Les quatre paumes empochèrent les quatre mamelles désignées. L’objectif captait toute la scène inlassablement.
- Pincez-vous les mamelons! commanda Sylvie Duguay.
Les pouces et les index s’activèrent instantanément.
- Maintenant, tordez-les!
Poussant des petits gémissements de douleur, les deux femmes se tordirent les mamelons l’une, l’autre.
- Embrassez-vous, petites salopes!
Le cœur au bord des lèvres, Sylvie Morel approcha la bouche de celle de Monique, manquant de peu le nez. Les deux femmes s’inclinèrent du même côté pour faciliter le baiser. Les lèvres firent contact et peu à peu, la chaleur de l’haleine se propagea de l’une à l’autre. Sylvie Duguay ne perdait rien du spectacle, sentant sa propre excitation la gagner.
- Servez-vous de votre langue!
Obéissant maintenant sans devoir être forcées, les deux femmes se collèrent plus près, s’enlaçant des bras autour du cou. Elles échangèrent des coups de langues, fouillant la bouche de l’autre, apprivoisant peu à peu cette nouvelle forme de sensualité.
Préférant faire varier les mouvement, Sylvie Duguay reprit :
- Bon, c’est mieux comme ça! Maintenant le bras droit sur les seins de l’autre, la main caressant le téton! La main gauche sur la chatte!
Les deux femmes s’exécutèrent aussitôt, commençant peut-être à y prendre goût. La dextre de Sylvie Morel semblait animée d’une force propre; elle s’enroula autour du sein droit de Monique et elle se mit à la pétrir avec force. La blonde gloussa de plaisir, mais ne voulut pas demeurer en reste et s’attaqua en même temps aux deux objectifs désignés. Caressant l’aréole, la main droite agaçait le mamelon; l’index de la main gauche se fraya un passage entre les lèvres et trouva le clitoris qu’il se mit à frotter. Monique et Sylvie Morel poussèrent des gémissements rauques, témoins du plaisir ressenti.
- Ça suffit, salopes! s’écria la rouquine, mettant fin prématurément aux ébats.
Avec mauvaise volonté, les deux femmes rompirent leur étreinte et se séparèrent.
- Sylvie, appela la rouquine, tu vas te coucher par terre!
Sylvie Morel prit la position exigée, commençant à comprendre où l’autre voulait en venir. Son idée se trouva confirmée quand les autres ordres furent jetés :
- Écartes les jambes, Sylvie!… Monique, tu vas t’installer sur elle à l’envers!… Exécution!
Pour Monique, le port du bandeau ne lui facilitait guère la tâche, mais au bout de quelques instants, aidée par les indications judicieuses de leur tortionnaire, elle fut en bonne position pour la suite du scénario imaginé par cette dernière.
- Bon! apprécia Sylvie Duguay. Maintenant, léchez-vous, salopes!
Sans surprise, Sylvie Morel s’aperçut de la présente de la langue de Monique sur sa vulve. Guère désireuse de recevoir un nouveau coup de ceinture, elle en fit autant pour sa compagne. Ses pensées se perdirent au contact de cette chair humide, vaguement salée. Oubliant tout, elle lapa avidement tout comme l’autre le lui faisait divinement. L’excitation monta rapidement; elle n’entendait plus rien, ni les bruits effrénés de succion, ni les battements de son propre cœur, même pas les ordres de Sylvie Duguay. Quand l’orgasme la surprit, au bout de plusieurs minutes, elle perdit connaissance au grand dam de Monique qui n’avait toujours pas joui.

Auteur:anchor987