Les deux Sylvie 6

Le rituel

Après avoir soumis Sylvie à une très longue station agenouillée et écartelée, Caroline libéra la malheureuse de sa position inconfortable. Lentement, elle desserra les boulons du serre-seins qu'elle lui retira, puis les serre-mamelons connurent le même sort.
Sylvie Duguay fut autorisée à se relever et à faire quelques pas pour éviter l'ankylose. La jeune femme vacilla sur ses jambes, mais ni Caroline, ni même moi n'avons esquissé le moindre geste pour lui venir en aide. Caroline se contentait de la suivre pas à pas et moi, je continuais de filmer la scène avec le détachement d'un vulgaire directeur-photo de film porno.
Lorsqu'elle jugea que son esclave avait suffisemment récupéré, Caroline décida de poursuivre sa petite séance. Elle alla quérir dans son sac à malices une laisse et un collier de chien qu'elle fixa au cou de la jeune femme rousse.
- Tu vas marcher à quatre pattes, petite vicieuse! lui dit-elle en la forçant à s'incliner vers le sol.
Sylvie décida de reprendre son attitude rebelle en faisant mine de refuser, mais une giffle la contraignit à obéir. Elle se retrouva donc par terre, avançant de peine et de misère d'un bord à l'autre de la pièce, toujours sous l'oeil de la caméra-vidéo.
Caroline la suivait à l'autre bout de la laisse, tout en me décochant des oeillades provocantes. De nouveau, j'ai dû me faire violence intérieurement pour ne pas répondre à ce faux appel.
La tortionnaire laissa le jeu de la petite chienne se prolonger un certain moment, puis elle décida de revenir à des expédients plus en accord avec ses goûts. Sylvie dut reprendre la même position qu'elle avait adoptée pour sa précédente torture soit agenouillée et les mains derrière le dos. Encore une fois, Caroline la menotta et lui entrava les chevilles en position croisée.
Sylvie fixait Caroline avec la crainte qu'elle ne lui inflige les mêmes tourments que précédemment, mais cette dernière avait plus d'un tour dans son sac, et ce sans jeu de mots.
Avec un geste envers la caméra qui devait se vouloir le plus théâtral possible, la jolie vendeuse masquée extirpa du sac un martinet en cuir noir au manche torsadé. A la vue de l'objet, Sylvie comprit le sort auquel elle était destinée. Elle me jeta en rapide regard chargé de crainte avant de reporter son attention sur sa tortionnaire.
Celle-ci s'approcha d'elle à pas comptés, levant l'arme autant pour l'apeurer que pour la menacer. Au travers des ouvertures du loup, on devinait son regard à la fois amusé et méchant. Elle énonça la sentence:
- Pour ton manque de collaboration, tu recevras cinquante coups de fouet!... Dix au dos, dix sur les fesses, dix sur le devant des cuisses, dix sur les seins et... finalement, dix sur le sexe!
Je vis que la promesse de tels tourments n'était pas sans épouvanter la jolie rousse, mais je ne me sentais pas la force d'intervenir. Et puis, il y avait ma promesse faite à Caroline en l'amenant. Je me suis donc contenté de filmer le châtiment qui était réservé à Sylvie Duguay. Cette dernière avala difficilement sa salive alors que la punition allait débuter. Elle se positionna de manière à ce que l'objectif de la caméra ne perde rien du spectacle.
A son tour, Caroline prit position, levant le bras. Le fouet claqua une première fois, rythmé par la voix qui martelait les coups.
- Un... deux... trois... quatre... cinq... six... sept... huit... neuf... dix!
A chaque fois, le martinet s'abattait sur le dos de Sylvie, marquant les omoplates ou le bas du tronc, juste au-dessus des poignets liés. Au fur et à mesure, la chair se couvrait de sillons rougeoyants, de plus en plus foncés.
Caroline abaissa le bras pour flétrir le fessier et elle reprit son martèlement monocorde:
- Un... deux... trois... quatre... cinq... six... sept... huit... neuf... dix! Les globes fessiers se dandinèrent de gauche à droite et inversement sous les coups, cherchant à les amortir sans grand succès. Au bout du compte, la jeune femme s'affaissa sur les talons. Sans lui laisser le temps de récupérer, Caroline la força à se redresser et la fit pivoter de face afin que je puisse capter le meilleur point de vue. Elle reprit:
- Un... deux... trois... quatre... cinq... six... sept... huit... neuf... dix! Les lanières de cuir s'étaient cette fois attaqués aux cuisses qui de blanches, devinrent rapidement rouges, puis cramoisies et violettes. Elle allait sûrement conserver quelque temps des marques, mais cela finirait par s'estomper.
Satisfaite, Caroline s'attaqua à la poitrine:
- Un... deux... trois... quatre... cinq... six... sept... huit... neuf... dix!
En fixant sur la pellicule ce spectacle, j'étais incapable de m'empêcher de répéter ces dix chiffres dans ma tête comme une formule magique ou un rituel. Faisant un gros plein, je captai les seins zébrés de marques coupantes.
Comprenant qu'elle en était arrivée à l'apothéose du châtiment, Sylvie esquissa un geste bien illusoire pour échapper à l'ultime punition. Caroline combla rapidement l'écart qui la séparait de sa prisonnière, puis elle reprit ses coups plus dûrement comme si elle voulait se venger de cette tentative d'esquive. Elle cria presque d'une voix méconnaissable en cinglant l'entrejambe ouvert, cherchant à atteindre les replis de chair si sensibles:
- Un... deux... trois... quatre... cinq... six... sept... huit... neuf... dix!
Sylvie ne réussit à échapper à aucun des coup du martinet. A chaque fois, je voyais ses lèvres s'entrouvrir comme pour échapper à la morsure du cuir ou, à tout le moins, à l'amortir, finalement sans succès. Quand le dixième coup de fouet eut frappé la fente engluée, elle se laissa choir au sol, comme privée de vie.
Je craignis qu'elle n'ait perdu connaissance suite à la douleur, mais nous pûmes voir son ventre se gonfler d'air naturellement. Elle devait simplement chercher à récupérer.
Caroline laissa tomber le martinet, puis elle commença à se déhancher tout en se déshabillant à son tour. Pour ma part, j'avais bien de la peine à choisir le point de vue principal, son strip-tease ou le corps abattu de Sylvie.
Lorsqu'elle fut entièrement nue, à l'exception de son loup qu'elle s'ingéniait à ne pas quitter, Caroline s'approcha de sa victime. Elle affichait maintenant un air beaucoup plus affectueux comme si toute sa haine s'était dissipé lors de la flagellation. Elle embrassa amoureusement la bouche de Sylvie qui n'esquissa pas le moindre geste de révolte. L'eut-elle voulu, ses liens l'en auraient sans doute empêché.
Confiante qu'elle ne serait pas repoussée, Caroline s'adonna à son vice avec acharnement. Ses lèvres allaient et venaient sur la peau meurtrie de son esclave, embrassant, léchant, titillant les extrémités avec expérience. Rapidement, Sylvie revint à elle, s'abandonnant entièrement aux caresses de sa compagne.
Celle-ci descendit vers l'entrejambe, baisant les marques laissées par le martinet sur les cuisses encore rouges, puis elle remonta vers les lèvres d'où s'échappait une mouille abondante d'on je n'aurais pu dire si elle était due aux coups où à l'excitation présente. Des deux mains, elle écarta les grandes lèvres, puis les nymphes et elle plongea sa langue dans l'ouverture aussi loin qu'elle le put. Elle dut bien faire car Sylvie se mit à pousser des petits cris de jouissance tout en haletant convulsivement.
Satisfaite du résultat, Caroline changea de position pour obtenir sa propre part de satisfaction. Elle s'accroupit au-dessus du visage de Sylvie, plaquant sa vulve sur la bouche de son esclave. Elle jeta entre deux soupirs:
- Je t'en prie, lèches-moi!
Sans hargne aucune, Sylvie s'attela à la tâche. Elle aspira le bouton du clitoris qui émergeait et elle le suça avec appétit, soulevant une vague d'ondes de plaisir dans le ventre de sa maîtresse. Caroline se mit à soupirer de plaisir, maintenant le tête de l'autre en bonne position. Quand elle atteignit l'orgasme déversant sans pudeur sa mouille au visage de Sylvie, elle s'étendit sur elle, seins contre seins, pubis contre pubis pour se frotter longuement.
Finalement, elle s'abattit vaincue par la fatigue.
Je laissai les deux jeunes femmes se reposer, celle du dessus enlaçant celle du dessous, toujours écartelée et ligotée. J'arrêtai la caméra-vidéo, puis je quittai la pièce en silence. Je me suis dirigé vers la salle de bain pour satisfaire un besoin que je refoulais depuis plusieurs heures. Ayant ouvert ma braguette, je sortis mon pénis et je me suis masturbé un long moment. J'avais cru que la jouissance viendrait rapidement après une telle exhibition, mais il n'en fut rien. Peut-être avais-je trop refoulé mon désir ou alors le spectacle était peut-être trop exagéré.
Après avoir éjaculé dans la cuvette, je suis retourné dans la pièce où rien n'avait changé. Caroline avait à peine bougé, s'étant seulement remontée pour embrasser amoureusement sa partenaire. Sylvie répondait à ses baisers, mais visiblement sans enthousiasme, espérant que ses tourments prendraient bientôt fin.
J'aidai Sylvie à s'échapper à l'étreinte de Caroline, puis je la débarrassai de ses liens aux chevilles et des menottes. Caroline semblait dans un état second, incapable de comprendre que la petite séance avait assez durée. Sylvie et moi l'avons aidée à se rhabiller, puis je l'ai reconduit au même endroit où je l'avais ramassée, en bordure du parc. Elle ne dit rien lorsque je la laissai descendre, empoignant son lourd sac où s'entassait son petit matériel sado-masochiste.

 

*

Lorsque j'eus réintégré la résidence, je retrouvai Sylvie Duguay qui sanglotait doucement dans sa chambre. Je frappai doucement à la porte de sa chambre, puis comme elle ne répondait pas, j'entrouvris la porte. Elle était assise nue, en tailleur sur le lit, regardant sans comprendre les meurtrissures qui couvraient l'intérieur de ses cuisses et sa poitrine.
Je me suis approché sans bruit et je me suis installé à ses côtés. Elle me regarda, pleurant toujours, mais incapable de prononcer le moindre mot. Je la pris affectueusement par les épaules.
- C'est fini, Sylvie! Tu n'as plus rien à craindre!
Elle chercha un peu de force dans son être pour demander:
- Est-ce... est-ce que ça t'a plu?
Je l'embrassai tendrement sur la joue, puis je répliquai, voulant la consoler:
- Bien sûr, Sylvie! Tu as été merveilleuse!
Elle ébaucha un sourire un peu contraint avant de reprendre:
- Je n'aurais jamais cru que l'on pouvait avoir à la fois aussi mal et aussi de plaisir...
- Tu veux dire que tu as éprouvé du plaisir sexuel pendant cette séance?
Elle hocha la tête.
Je la regardai avec une certaine surprise. Avais-je sans le savoir éveillé un penchant sado-masochiste chez elle. Je préférai ne pas m'aventurer plus avant sur ce sujet et je lui ai suggéré de prendre un bain, puis de se coucher aussitôt après. Elle me confia qu'elle ne s'en sentait guère la force à moins que je ne l'y aide personnellement.
Je l'ai donc supportée jusqu'à la salle de bain, lui ai fait couler un bain chaud, puis je l'ai aidée à y prendre place. Au contact de l'eau chaude avec ses plaies, elle poussa des petits cris. Sa faiblesse la contraignit cependant à supporter les assauts régénérateurs du liquide presque bouillant. Incapable de procéder elle-même à sa toilette, je dus faire office de préposé à la baignade. Prenant bien mon temps, armé d'une éponge synthétique qui me facilitait la tâche, je fis couler l'eau en cascade sur la peau rougie du dos, puis de la poitrine. Ensuite, je repris mes attouchements des mains où j'avais étalé une bonne dose de savon non-parfumé. Avec délectation, j'en profitai pour masser longuement les seins de la jeune femme qui me regardait faire sans rien dire, me laissant l'initiative. Après m'être régalé suffisamment, je la douchai à l'aide d'une pomme orientable pour chasser toute la mousse blanche qui s'était accumulée sur sa chair.
L'ayant aidé à quitter la baignoire, je l'ai asséchée grâce à une ample serviette de bain, puis j'ai apposé sur ses blessures légères un baume cicatrisant. M'étant avisé que nous avions omis d'apporter son pyjama, j'allais le quérir quand Sylvie m'en empêcha d'un geste en prononçant ses premières paroles depuis un long moment:
- Non, Michel, c'est inutile. Je veux rester nue pour toi cette nuit!...
Encore une fois, elle m'offrait son corps. Allais-je encore la repousser? Je ne m'en sentais plus la force. Je l'ai donc prise par la taille et je l'ai entraînée vers ma chambre pour la première fois.
Sylvie Duguay s'est étendue au milieu du lit et elle a écarté les bras et les jambes pour s'exhiber complètement. Sans rien dire, je me suis dévêtu, puis je me suis allongé sur elle. Mon sexe dressé trouva bien vite sa niche qu'il entreprit de fouiller d'avant en arrière, insensible semblait-il aux soupirs qu'il engendrait. Terriblement excité par le spectacle auquel j'avais assisté, puis aux caresses que j'avais pratiqué sur elle dans la salle de bain, il ne me fallut qu'un court moment pour éjaculer avec force dans son vagin. Tout de suite après, vaincu par la fatigue, je me suis effondré, endormi.

*

Je ne me suis éveillé que tard le lendemain matin. Je dus faire un effort pour me remémorer les événements de la nuit précédante. Je m'avisai de l'absence de Sylvie qui ne m'accompagnait plus dans le lit; je ne me rappelais même plus m'être retiré d'elle après notre première étreinte. J'entendis des pas, les siens, et elle entrouvrit la porte de la chambre sans faire de bruit. Malgré la pénombre due aux tentures tirées, je vis qu'elle était toujours nue.
S'avisant de mon réveil, Sylvie Duguay s'approcha et elle s'assit au bord du lit. Incapable de résister à l'appel de sa chair, je lui ai empoigné le sein droit qu'elle m'abandonna sans résister. Mes doigts palpèrent la peau fraîche où se lisaient toujours les marques des sévices qu'elle avait endurés la veille.
- Tu as dû souffrir beaucoup? fis-je dans l'espoir de me faire pardonner.
Sylvie me décocha un sourire à peine contraint avant de répliquer en se tortillant pour m'offrir l'autre moitié de sa poitrine:
- Oui, Michel, mais cela en valait la peine!
- Tu as joui?
- Évidemment, cette salope m'y a bien obligé!
Je la regardai droit dans les yeux avec un air vaguement soupçonneux.
- C'était la première fois que tu baisais avec une femme?
- Oui.
- Et tu as aimé?
Sylvie Duguay baissa les yeux, mais je n'aurais pu dire si c'était de honte ou plus simplement pour réfléchir à ses propres sentiments. Elle finit par émerger de ses réflexions pour dire:
- Je crois que oui. C'était une sensation bizarre, surtout après ce qu'elle m'avait fait subir... De toutes façons, l'important c'est que cela t'ait plus à toi aussi, n'est-ce pas?
J'aurais eu bien du mal à prétendre le contraire. Sylvie avait compris que mon goût pour le voyeurisme avait été pleinement satisfait par la présentation à laquelle j'avais assisté. Nos intérêts respectifs se trouvaient librement étalés, simplifiant grandement nos rapports futurs.
Sylvie Duguay empoigna elle-même ses seins des deux mains, admirant peut-être ses blessures, puis elle me fixa à son tour en demandant:
- Quand vas-tu m'obliger à faire l'amour avec une autre femme?
Je lui ai souris gentiment. Une pensée venait de germer dans mon esprit, mais il nous faudrait patienter quelque temps pour qu'elle soit entièrement guérie. L'exhiber dans cette situation de femme violentée ne conviendrait pas vraiment au prochain jeu auquel je la destinais.

Auteur:anchor987