Les deux Sylvie 3

Le marché

Il était 19 heures passées lorsque je réintégrai mon foyer. Sylvie Duguay m'attendait avec une impatience évidente. Pour m'éviter toute une pluie d'injures et risquer de me retrouver en position défensive ce qui n'aurait pas manquer de m'être préjudiciable pour la succession des événements que j'avais minutieusement préparé, j'allai au devant d'elle en lui présentant les nombreux sacs aux couleurs d'un grand magasin ainsi que la boîte contenant le cadeau du sex-shop.
Interloquée, je la prenais de court. Avec un sourire narquois, je lui dis:
- Tu devrais aller essayer tes nouveaux atours, Sylvie! Tu dois en avoir assez de ce pyjama d'homme...
Elle me rendit mon sourire, signifiant ainsi qu'elle me pardonnait un peu mon retard, puis elle jeta un regard chargé de convoitise sur les vêtements que recélaient les sacs colorés.
- J'ai choisi selon mes propres goûts et c'est ce que j'apprécierais que tu portes durant ton séjour ici. Ce n'est peut-être pas ce à quoi tu es habituée, mais fais-moi le plaisir de les essayer quand même...
Elle hocha la tête tout en gloussant:
- C'est d'accord, je veux bien te faire plaisir!
Comme elle s'apprêtait à emporter son trésor dans l'escalier menant à l'étage supérieur, j'ai ajouté:
- Tu trouveras dans ton butin une petite trousse de maquillage. Fais-toi belle, tu veux?
- Okay! fit-elle en gravissant les marches à toute allure.
J'ai entendu ses pas pressés jusque dans sa chambre, puis quelques bruits de froissement de tissus. Elle marcha jusqu'à la salle de bain. Je compris qu'elle mettrait un bon moment à s'apprêter lorsque je perçus le son de la douche qui coulait.
Pour passer le temps, je me suis occupé de préparer le repas du soir. J'en ai aussi profité pour m'assurer qu'elle n'avait pas mis la maison sans dessus dessous, mais heureusement, il n'en était rien. "Un bon point pour elle", ai-je pensé.
Vers vingt heures, j'entendis le bruit de la porte de la chambre de Sylvie qui claquait suivi du martèlement du parquet de bois franc par des petits talons, puis de sa descente dans l'escalier. Je vérifiai que mes chaudrons ne risquaient pas de renverser, puis je suis allé l'accueillir au bas des marches. Elle apparut aussitôt au détour du palier intermédiaire, un peu fébrile, prenant soin de ne pas rater de marche tout en se composant une attitude fière.
Sylvie arborait une blouse blanche brodée de dorures et semi-transparente sur une jupe noire bien cintrée aux genoux. Ses jambes minces gainées de bas noirs fumés s'allongeaient pour poser les pieds chaussés d'escarpins sur le degré suivant. Au travers du chemisier, on devinait la présence du soutien-gorge de teinte résolument contrastante. Je reconnus qu'elle avait un port tout à fait altier et que mes choix lui convenaient parfaitement. J'en remerciai mentalement Caroline, pour une partie du moins.
Ensuite, puisqu'elle poursuivait sa descente et arrivait à ma hauteur, j'ai admiré le visage comme si je le découvrais pour la première fois. Je me retrouvais quinze ans plus tôt et je me suis demandé si je ne m'apprêtais pas à commettre une gaffe monumentale. Ses yeux bleus pétillaient d'une joie mal contenue; je crus même y discerner l'amorce d'une larme. L'ombre à paupière adoucissait le contraste un peu fort de ses cheveux roux sur sa peau légèrement ridée. Elle avait choisi un rouge à lèvres sobre, de teinte rosée. En lui tendant la main galamment pour qu'elle pose son pied sur le plancher du rez-de-chaussée, j'ai noté qu'elle avait usé d'un peu de mon Eau de Cologne.
Elle desserra les lèvres pour affirmer son bonheur:
- Oh! Michel, ces vêtements son magnifiques! Je n'en ai jamais porté d'aussi beaux. Ils ont dû te coûter une fortune!
J'ai haussé les épaules en songeant qu'en vérité, les deux chemisiers, les deux jupes et les trois ensembles de coordonnés sexy représentaient une somme assez rondelette. Pourtant, la vision qui en résultait me comblait largement et mon prestige s'en trouvait renforcé ainsi qu'en témoignaient les yeux langoureux de la jeune femme.
Je me suis effacé et je l'ai invitée à passer à la salle à manger en m'excusant de lui fausser compagnie momentanément pour vérifier l'état d'avancement de mon repas. Après avoir touillé la grande casserole, j'ai rejoint Sylvie qui se tenait toujours debout, n'ayant pas osé prendre place. J'avais dressé la table pour un dîner romantique aux chandelles en moins d'une heure ce qui n'avait pas manqué de l'étonner doublement.
- Tu es un vrai homme d'intérieur, Michel, me confia-t-elle.
Toujours galant, Je lui ai tiré une chaise où elle prit place en relevant un peu sa jupe pour ne pas la froisser.
- Est-ce que tu veux prendre un apéritif? lui ai-je proposé. Le repas ne sera prêt que dans une dizaine de minutes.
- Euh! oui, si tu veux...
En moins de deux, je lui ai servi un dry martini assez corsé dans le but évident de la dégeler un peu. Elle y fit honneur et en redemanda même un second que je corsai davantage.
Un peu plus tard, je lui ai servi une paella, l'une de mes spécialités que nous avons arrosé d'une bonne bouteille de vin blanc, très frais. Le dîner se passa sans incident notable, bien que je pris soin que le verre de Sylvie soit toujours plein. Nous avons causé de choses et d'autres; elle me renseigna davantage sur son passé immédiat qu'elle ne pouvait plus supporter. Elle se félicitait de son idée de tenter de me relancer et je ne fis rien pour la décevoir sur ce point. Le dessert expédié, il était près de 22 heures quand je lui ai proposé de descendre au sous-sol pour regarder la télévision. J'y avais aménagé une pièce moderne décorée par les soins de designer et équipée de tous les accessoires électroniques les plus récents. Je préférais nettement cette pièce au salon que j'estimais un peu trop guindé.
J'ai été forcé de soutenir Sylvie par la taille pour qu'elle ne perde pas pied dans l'escalier. Je l'ai aidée à s'asseoir à mes côtés sur le divan, lui laissant un peu de temps pour que les brumes de l'alcool puissent se dissiper quelque peu. J'ai admiré ses lèvres qu'elle distendaient en un appel secret, entrecoupé de son souffle chaud.
J'ai récupéré la télécommande qui se trouvait sur une table basse et j'ai allumé le téléviseur. Durant une quinzaine de minutes, nous avons zappé d'une chaîne à l'autre sans rien trouver d'intéressant.
- Si on regardait un film, proposa-t-elle.
Avec humour, j'ai pensé qu'elle devançait mes propres idées.
Je lui ai montré une étagère où se trouvaient alignées une bonne vingtaine de cassettes-vidéo de tous genres, action, amour et le reste.
- Je te laisses le choix, à moins que tu ne puisses marcher jusque là!
Elle se releva en m'assurant qu'elle se sentait bien, mais je vis bien qu'elle vacillait en s'approchant de ma petite collection. Elle entreprit de dénicher ce qui pourrait nous plaire, mais de crainte qu'elle ne fixe son choix trop rapidement, je me suis empressé de la rejoindre et de lui montrer une autre partie de ma collection que je conservais dans un tiroir à l'abri des regards. Elle comprit sans peine de quoi il s'agissait et elle en extirpa un au hasard qu'elle me tendit.
- Très bien, regardons un film de cul! me dit-elle.
J'ouvris la boîte et j'enfournai la cassette dans le magnétoscope. Ensuite, j'ai aidé Sylvie à revenir jusqu'au divan sans trébucher. A l'aide de la télécommande universelle, j'ai fait démarrer le film. Avec plaisir, j'ai constaté que c'était l'un de mes préférés, mais je doutais qu'il soit du goût de la jeune femme. Mais tant pis, n'était-ce pas elle qui l'avait sélectionné?
L'histoire cousue de fil blanc, évidemment, et sans grande recherche de style racontait les aventures de deux pseudo-collégiennes qui décidaient d'initier une troisième aux plaisirs lesbiens. Après l'avoir fait venir chez l'une d'entre elle qui possédait un appartement et lui avoir fait visionner un film porno, elles la déshabillèrent entièrement et entreprirent de l'initier à leurs jeux érotiques. S'ensuivait toute la panoplie des accessoires classiques où dominaient les godemichés.
Tout le long du visionnement, je regardais le visage de Sylvie à la dérobée. Je ne pourrais dire si elle avait vu souvent de telles exhibitions scabreuses, mais elle ne chercha à aucun moment à détourner les yeux. Vers la fin du film, je lui ai demandé à l'oreille si cela lui plaisait. Elle fit signe que oui tout en continuant de profiter du spectacle des trois filles.
- Tu aimes les femmes, Sylvie?
Cette fois, elle me dévisagea avec un peu d'étonnement et répondit:
- Non, enfin je ne crois pas, je n'ai jamais...
Elle se rapprocha de moi et m'interrogea:
- Tu veux me baiser, Michel?
La situation prenait enfin une tournure qui me plaisait, mais je décidai de maintenir le programme que j'avais établi.
- Non, fis-je simplement. Tu es excitée?
- Oh! oui, beaucoup même.
- Tu as la chatte mouillée?
Sans répondre, elle se frotta contre moi.
- Tu n'as qu'à te branler, petite vicieuse.
Elle me regarda avec un air sévère, croyant sans doute que je me moquais d'elle.
- Tu ne parles pas sérieusement?
Je la regardai avec un air décidé dénué de tout amusement. Comprenant que je ne blaguais pas, elle fuit mon regard et elle jeta:
- Non, je ne pourrais jamais...
- Pourquoi pas, Sylvie? Regarde l'écran, ce n'est pas l'exemple qui fait défaut, tu n'as que te tripoter comme ces trois salopes le font en ce moment.
- Oh! non, je... c'est trop obscène!
Elle se retourna vers moi, les yeux implorants. Elle redemanda:
- S'il te plaît, Michel. Baises-moi!
- Pourquoi faire?
Stupéfaite, elle me fixait, cherchant à lire en moi.
- Tu ne me veux pas? Je ne comprends pas, mais pourquoi ces vêtements alors? A quoi bon m'accueillir chez toi si tu ne me touches pas? Je ne te plais pas?
Je me suis levé et j'ai fait quelques pas pour rassembler mes idées. J'ai arrêté le déroulement du film sur une image fixe d'une pression sur un bouton de la télécommande. Elle montrait l'une des collégiennes qui tripotait la poitrine de celle qui subissait son initiation avec une force peu commune. Je me suis assuré que je ne cachais rien de l'image quand je me suis retourné vers Sylvie pour lui dire:
- Au contraire, Sylvie, tu me plais beaucoup plus que tu ne peux l'imaginer. Si tu savais combien de fois j'ai imaginé que je te retrouverais un jour...
La jeune femme comprenait de moins en moins mon attitude.
- Alors, coupa-t-elle. Pourquoi refuses-tu de me faire l'amour, Michel? Je ne piges pas!
- J'ai bel et bien l'intention de te posséder, Sylvie! Un jour...
- Faisons l'amour, puisque c'est ce que tu veux. Je ferai tout ce que tu voudras!
- Non, Sylvie! Tu n'as aucune idée de ce à quoi tu t'exposes en disant une chose pareille. Méfies-toi, cela peut aller très loin!
Elle me fixa avec un air attristé, désespérant de pouvoir suivre mon raisonnement. Il est vrai qu'elle ne possédait pas tous les morceaux du casse-tête et que l'alcool faisait toujours une partie de son effet.
- S'il te plaît, explique-moi, Michel.
- Tu es bien ici, Sylvie?
- Mais oui.
- Tu aimes les vêtements que tu portes en ce moment?
- Naturellement, je te l'ai dit!
- Cesse de te tracasser les méninges; dans un moment, tu comprendras beaucoup mieux.
Sylvie se renfonça dans le divan, hésitant entre me regarder et fixer l'écran du téléviseur où s'incrustait toujours l'image obscène.
- Il y a un prix à payer pour ce que tu obtiens en restant ici, Sylvie.
Elle faillit m'interrompre, mais d'un geste, je la fis taire.
- Il n'est pas question d'argent, rassures-toi. Ce que je souhaite, c'est que tu t'acquittes de certaines tâches dans la maison, le ménage par exemple. En échange, tu seras logée, habillée et nourrie... Mais ce n'est pas tout, il y a autre chose.
- Je t'assure que je ferai tout ce que tu voudras, jura-t-elle avant que je puisse l'en empêcher.
- Vraiment tout, Sylvie?
- Tout, Michel. Tout ce que tu me demanderas! Je te le jures!
Je repris position sur le divan à ses côtés et je lui ai montré l'écran de télévision qui semblait la narguer.
- Très bien, Sylvie! Branles-toi!
Comprenant finalement en quoi pouvaient consister les conséquences du marché qu'elle venait de contracter, elle s'avança au bord du coussin, puis après un dernier regard suppliant à mon endroit, elle releva sa jupe lentement, très lentement. Lorsque je vis le haut de ses bas agrémentés du porte-jarretelles, je sentis mon coeur bondir dans ma poitrine. Elle poursuivit son mouvement, découvrant le minuscule slip noir où se lisait une tache plus sombre et humide.
Sylvie m'adressa un dernier regard suppliant, cherchant visiblement à m'attendrir, mais je me suis contenté d'actionner un bouton de la télécommande, mettant un terme à l'image figée. Les trois filles continuèrent leur copulation obscène telle une invite à ma compagne. Comprenant l'inutilité de toute velléité de révolte, Sylvie déplaça le cache-sexe de côté pour montrer sa chatte. Préférant fuir ma vue, elle fixa l'écran du téléviseur tout en entreprenant de se frotter l'entrejambe du bout des doigts de la main droite. Tout d'abord, son geste fut lent, n'obéissant à qu'à mon commandement et sans y prendre le moindre plaisir. Au bout de quelques minutes, imitant en cela les propres mouvements des actrices, Sylvie mit plus d'emphase et elle commença à s'échauffer la vulve qui prit une teinte beaucoup plus rouge; simultanément, son souffle se fit plus saccadé et devint même rauque. Encore quelques instants et les grandes lèvres se séparèrent, révélant les nymphes qui s'ouvraient à leur tour. Sylvie changea son toucher, utilisant ses deux mains; la main gauche maintenait les lèvres bien écartées pendant que les doigts de la droite s'agitaient de multiples façons. Les doigts les plus longs plongeaient dans l'ouverture sombre et mouillée, lui arrachant des sursauts et lui faisant fermer les yeux.
- Ah! Ah! faisait-elle. Je... je vais...
- Arrêtes-toi, Sylvie! lui ai-je ordonné.
Elle stoppa ses gestes et me décocha un coup d'oeil ébahi.
- Je ne veux pas que tu jouisses tout de suite, lui ai-je expliqué.
Sans trop savoir où je voulais en venir, Sylvie maintins sa vulve ouverte de la main gauche, mais elle attendit que son plaisir décroisse avant de poursuivre. Pour changer, je lui ai fait signe de s'approcher du téléviseur.
- Tu vas continuer, mais à genoux, ai-je décrété.
Faisant un effort pour garder son calme, Sylvie franchit la moitié de la distance qui la séparait de l'écran, puis elle fléchit les jambes et elle assuma la position exigée. Elle me regarda et attendit que je lui donne l'ordre de poursuivre sa masturbation.
Je la rejoignis, demeurant debout, ce qui m'octroyait un avantage psychologique sur elle. Je lui jetai, d'une voix que je m'efforçais de faire paraître dure:
- Branles-toi!
Sans attendre, Sylvie recommença à s'exciter le vagin, fixant toujours l'écran. Le moment de l'orgasme ne devait pas être très long à attendre car je voyais clairement ses doigts couverts d'une mouille épaisse et odorante. Elle jouit en même temps que les trois petites salopes du film porno. Elle ficha son majeur jusqu'au fond de son vagin et elle le garda ainsi tout le temps que durèrent les contractions qui l'emportaient au septième ciel. Il lui fallut plusieurs minutes avant de reprendre ses sens; elle avait toujours le doigt rentré quand elle me dit:
- Est-ce que tu vas me baiser, maintenant?
La petite avait vraiment de la suite dans les idées, mais je décidai de m'en tenir à mon propre échéancier.
- Pas question, Sylvie! Ce n'est pas le moment. En attendant, lèches-toi les mains.
Un peu dégoûtée d'une telle requête, Sylvie libéra son sexe du doigt qu'elle porta à sa bouche.
- Allez, allez! fis-je pour l'encourager.
Se décidant, elle ouvrit la bouche, sortit toute sa langue et elle lécha ses doigts luisant de mouille.
- C'est très bien, Sylvie, lui dis-je. Tu n'as peut-être pas obéi immédiatement à mes ordres, mais l'important c'est que tu les aies exécutés.
- Et maintenant?
Je me suis abaissé à son niveau pour répondre:
- Maintenant, après ce que tu as fait, tu dois prendre ta propre décision. Ce qui vient de t'arriver n'est rien à côté de ce qui t'attend, si bien sûr tu décides de rester. Tu peux prendre les vêtements que tu portes; ils t'appartiennent et tu ne me dois rien. Tu peux donc t'en aller sur-le-champ, mais inutile de revenir ensuite, tu me comprends?
- Oui, Michel, dit-elle au bout de quelques instants.
- Si tu restes, par contre, ai-je repris, tu devras m'obéir en tout.
Elle hésita car un combat intérieur se livrait en elle. Mais ce qu'elle venait de subir, une humiliation somme toute bien légère, venait de réveiller dans sa tête et dans son corps un démon endormi et qui l'appelait à beaucoup d'autres jeux.
- Je reste, finit-elle par décider.
- Très bien, Sylvie! Alors, tu sais ce que tu seras à compter de maintenant?
Sylvie Duguay me lança un oeil chargé d'une exaltation mêlée d'une certaine mélancolie en avouant:
- Oui, Maître, je serai votre esclave sexuelle!

Auteur:anchor987