Les deux Sylvie 2
Sex-shopping
Lorsque j'ai poussé la porte d'entrée, j'ai retrouvé la même atmosphère qu'à mes précédantes visites, ni plus, ni moins. Pourtant, je ressentais comme une appréhension, un peu comme si je m'apprêtais à accéder à un nouveau stade de la réalisation d'un fantasme particulièrement croustillant.
L'unique vendeuse me gratifia d'un sourire avenant. C'était une jolie femme en début de trentaine aux yeux noirs perçants et à la courte chevelure brune. Elle portait un chandail beige qui mettait en valeur la poitrine qu'on devinait généreuse sur un simple pantalon de corduroy brun foncé. Il émanait d'elle un étrange parfum très musqué, ainsi que j'en avais parfois fait l'expérience.
Je lui rendis son sourire machinalement, puis je regardai à la ronde, ne sachant trop vers quel étalage me diriger. D'habitude, dès mon arrivée, je me propulsais vers les présentoirs de cassettes pornos ou les rayons de livres érotiques comme si je voulais écourter mon séjour dans ce lieu infâme où je ne risquais pourtant guère d'être reconnu. Jamais je n'avais pris la peine de parcourir les allées chargées d'accessoires fantaisistes ou de vêtements. Cette fois, je ne pourrais pas y couper, mais je ne savais trop par où commencer.
Pressentant mon embarras, la vendeuse s'est approchée doucement pour me demander si elle pouvait m'être d'une quelconque utilité, projetant son odeur forte et musquée.
Il y avait peu de clients, trois ou quatre tout au plus, mais je me suis senti rougir en lui expliquant:
- Je voudrais acheter quelques sous-vêtements pour ma nouvelle amie... quelque chose de sexy, évidemment...
Arborant toujours son sourire commercial, la vendeuse m'entraîna vers un angle de la boutique en s'enquérant des goûts de mon amie. J'aurais été bien en peine de la renseigner sur les véritables préférences vestimentaires de Sylvie, mais je fis comme si je savais tout d'elle. Je brossai à la vendeuse attentive un portrait le plus ressemblant possible de la jeune femme et je lui fis part de ses mensurations. La vendeuse me décocha un clin d'oeil coquin en approuvant de la tête:
- Elle doit être vraiment superbe, votre petite amie!... Vous devriez nous l'amener un de ces jours...
Préférant ne pas m'engager sur un terrain qui pourrait éventuellement se révéler glissant, je dis simplement:
- J'y penserai!
Nous nous sommes arrêtés devant une incroyable succession de cintres chargés de vêtements de base de tous les types: soutien-gorge, slips, guêpières et même des corsets lacés comme au temps de nos grands-mères. La vendeuse s'empara d'un ensemble coordonné soutien-gorge et culotte classique échancrée de teinte rouge. Je lui pris le cintre et l'élevai pour apprécier l'ensemble par la transparence des fluorescents. Le soutien-gorge était à balconnets et devait cacher l'ensemble des seins; quant au slip, il me semblait manquer d'audace.
- Je n'aime pas la couleur, fis-je pour dire quelque chose. Rouge, ça fait...
Elle me devança comme si j'hésitais à poursuivre:
- Pute, n'est-ce pas?
J'ai acquiescé avant de continuer:
- De plus, je trouve que le soutien-gorge cache trop les seins et la culotte n'en montre pas assez non plus...
Cette fois, la vendeuse accusa le coup. Elle dut comprendre que j'étais celui qui choisissait ce que ma copine allait devoir porter. Les goûts de la copine en question n'avaient qu'une valeur toute secondaire. Sans se départir de son sourire, elle souffla:
- Je vois que vous savez ce que vous voulez!
Elle reprit en se penchant vers moi, dans l'évidente intention de voir ses soupçons confirmés:
- Et cette jeune personne devra se contenter de ce que vous lui apporterez, n'est-ce pas? Je donnerais cher pour voir son visage lorsqu'elle essaiera ces nouveaux dessous.
Je la dévisageai un moment, cherchant à découvrir quels sous-entendus la jeune femme pouvaient avoir en tête. Je crus percevoir dans son regard un bref éclair, mais je n'aurais pu préciser la signification.
Nous nous sommes déplacés vers un autre étalage où elle me confia, à voix basse, m'envoyant une bouffée de son parfum:
- Savez-vous comment je verrais votre amie, telle que vous me l'avez décrite tout à l'heure?
J'ai relevé le menton, l'air de dire: "continuez".
La vendeuse tira un nouvel ensemble coordonné de l'étalage et elle me le tendit. Le tissu noir brillait, témoignant de la présence de soie.
- Le noir! fit-elle, les yeux brillants. Pour moi, il n'y a que ça!
Outre la teinte qui me convenait aussi parfaitement, je vis que le soutien-gorge ne cachait rien du dessus des seins et le slip était minuscule, presqu'un cache-sexe à la brésilienne. Pour confirmer à la jolie vendeuse que nos goûts se rejoignaient, je lui dit:
- J'adore le noir moi aussi, vous savez. Vous m'en mettrez trois ensembles, ces deux-ci par exemple.
Je lui en désignais d'autres, tout aussi révélateurs que noirs.
- Trois? fit-elle en sifflant. Vous êtes généreux, vous!
Je fis signe que non, avant de rétorquer à voix basse:
- Je n'ai pas vraiment le choix. Il lui faudra bien se changer de temps à autre. En ce moment, elle n'a qu'un de mes pyjamas à sa disposition. Ce matin, j'ai mis aux rebuts tous ces vêtements, ils tombaient en lambeaux.
La vendeuse me dévisagea un moment, se demandant si je ne moquais pas d'elle. Quand elle comprit que j'avais fait état de la stricte vérité, je lus une intense convoitise dans son regard. Elle rassembla vivement les deux autres coordonnés réclamés auxquels elle ajouta celui que je tenais toujours.
- Autre chose, Monsieur? interrogea-t-elle avec un sourire de connivence.
Je soufflai un bon coup. Je savais que je rougissais de plus belle, perdant une bonne part de mon assurance.
- Il lui faut des bas, dis-je. Trois paires aussi, pas de collant, bien sûr! Avec un porte-jarretelles...
- Toujours dans le noir?
- Oui.
La vendeuse alla quérir les effets demandés un peu plus loin. Pendant qu'elle s'affairait, je fis le tour de la boutique des yeux; personne ne s'intéressait à moi, heureusement.
De retour, la vendeuse me demanda si je souhaitais un emballage cadeau.
- Pourquoi pas, après tout? fis-je en haussant les épaules.
- Cela ne prendra que quelques minutes. Si vous voulez regarder nos autres articles pendant ce temps... Nous nous retrouverons à la caisse.
Je la regardai s'éloigner, emportant mes achats, puis je me suis dirigé vers le présentoir de cassettes-vidéo, le seul coin que je connaissais assez bien. Je parcourus les rayonnages au hasard dans l'espoir, vite déçu, de faire une découverte émoustillante. C'étaient toujours les mêmes cassettes avec les mêmes histoires de cul dont je possédais un assez bon assortiment. Je rebroussai donc chemin en direction de la caisse, bien décidé à me limiter à mes achats de lingerie fine.
Comme j'étais tout près du comptoir où se trouvaient déjà mes effets bien emballés, je remarquai que la vendeuse reluquait avec un air amusé une femme penchée sur les rayons de la bibliothèque érotique. Je me suis arrêté, puis mon regard lorgna de ce côté. La femme ne devait pas avoir trente ans, elle était plutôt grande et elle avait des cheveux longs d'une blondeur naturelle qu'elle avaient bouclées. Elle portait un tailleur d'excellente coupe qui devait avoir coûté une petite fortune. Je me suis lentement approché d'elle, faussement intéressé par les bouquins, mais davantage pour apprécier son visage. Lorsqu'elle remarqua ma présence en raison de l'ombre que je produisais sur l'étalage, elle fit un petit pas de côté pour me faire de la place. Je fis mine d'examiner quelques livres, appréciant la chemise, les retournant pour lire en diagonale le résumé. Au bout de quelques instants, elle osa m'aborder:
- Est-ce que vous les connaissez?
De la main, elle désignait l'ensemble des livres de la collection qui remplissait l'essentiel des rayons. J'ai profité de l'occasion pour la reluquer de plus près. Ses yeux verts lançaient des éclairs comme s'il s'agissait d'une invitation secrète.
Je fis signe que oui en la gratifiant d'un sourire.
- Alors, vous pourriez peut-être m'en conseiller quelques uns!
Je dodelinai de la tête, puis j'expliquai ma perplexité:
- Cela dépend de vos goûts!
Je n'aurais jamais imaginé entretenir une telle conversation avec une inconnue. Je lui indiquai quelques titres que je possédais et que j'avais appréciés, tentant de toucher le plus grand éventail des genres érotiques. A ma grande surprise, elle n'opéra aucune sélection, empochant chacun des livres que je lui recommandais. Quand elle en eut pris une demi-douzaine, je décidai de m'arrêter, craignant qu'elle ne rafle tout l'étalage. J'en pris moi-même deux, des nouvelles parutions, puis je me suis dirigé vers la caisse. La blonde m'emboîta le pas, aussi m'effaçai-je en arrivant au comptoir.
La vendeuse prit les six livres des mains de la jeune femme et les vérifia un par un pour les démagnétiser. Avec son sourire commercial où perçait cette fois une pointe de libertinage, elle les commenta:
- Oh! avec celui-ci, vous allez bien vous amuser, madame!
Elle montrait la couverture du livre où l'on voyait deux femmes nues se caresser et s'embrasser sur la bouche. Le visage de l'acheteuse devint cramoisi et je préférai regarder ailleurs pour lui épargner la honte; après tout, n'étais-je pas en partie responsable de sa déconfiture? Je me rendis compte que la vendeuse prenait un malin plaisir à exacerber sa cliente en caressant du bout d'un doigt l'image obscène de la chemise.
Lorsque la blonde eut payé, empoché le sac contenant ses livres et se fut éloignée à grand pas vers la sortie sous les regards amusés de la vendeuse, je pris sa place pour régler mes achats à mon tour. J'avais le coeur qui tressaillait et je m'imaginais demander à la commerçante la raison de son petit jeu, mais je me suis abstenu de tout commentaire.
Je réglai mes achats et m'emparai du sac contenant l'emballage cadeau destiné à Sylvie Duguay. La vendeuse me gratifia de nouveau de son plus beau sourire en concluant:
- Si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à me demander, mon nom est Caroline!
Je la saluai et m'apprêtais à quitter la boutique quand elle ajouta:
- Et la prochaine fois, amenez donc votre amie!
Au moment de sortir, je suis tombé sur la grande blonde qui s'était réfugiée dans le portique car une averse soudaine s'était abattue sur la ville. Je décidai de m'attarder un peu pour éviter d'abimer l'emballage cadeau et j'en profitai pour lui faire un peu la conversation.
- Nous avons droit à une véritable douche, ce soir, dis-je pour commencer.
Elle me sourit, puis elle compléta:
- Et je préfère la prendre chez moi, dans ma baignoire, c'est beaucoup plus agréable...
Je profitai de l'occasion pour m'excuser de la situation embarrassante où je l'avais placée, mais elle fit le geste d'éloigner une mouche en reprenant:
- Ce n'est pas de votre faute, c'est cette salope! Je suis sure qu'elle l'a fait exprès, juste pour m'humilier devant quelqu'un.
- C'est pourtant "un peu" de ma faute, corrigeai-je. Si je ne vous avais pas indiqué un roman de lesbienne, vous vous en seriez tirée sans coup férir.
- C'est quand même moi qui l'ai acheté, ce roman...
Je lui ai souri de nouveau. Cherchant à me disculper un peu, je fis en dodelinant de la tête:
- Comme je vous le disais tout à l'heure, tout dépend des goûts du lecteur... ou de la lectrice.
Elle reprit à la blague mon mouvement de tête pour s'expliquer à son tour:
- Mais comme je suis néophyte, je ne connais pas encore mes goûts en littérature érotique.
Après avoir marqué une courte pause, elle ajouta sur un ton moins badin où je crus discerner une pointe d'excitation:
- Vous croirez qu'il me plaira?
- Mais quoi donc?
Elle fit glisser sa main droite dans son sac, puis elle en retira le même livre qui avait semblé griser la vendeuse du sex-shop. Pour toute réponse, j'ai haussé les épaules.
- Je sais, dit-elle en baissant les yeux. Vous allez encore me dire que cela dépend des goûts, mais vous-mêmes, ce genre vous plaît?
Ce fut à mon tour de sentir une fièvre gênée me gagner. Je réussis quand même à lui répondre:
- J'aime les histoires de lesbiennes, cela doit faire partie de mon univers fantasmatique.
Comme la pluie ne faisait pas mine de cesser, pas même de faiblir, je proposai à la jeune femme de la déposer chez elle. Comme elle habitait à quelques rues à peine, elle accepta, mais à la seule condition que je consente à prendre un café à son appartement. Il était déjà un peu tard, Sylvie devait m'attendre, mais je n'ai pas eu le coeur de refuser. D'ailleurs, je compris bien vite que la jolie blonde avait un pressant besoin de compagnie.
Avant même que nous ne soyons rendu chez elle, je savais déjà qu'elle se prénommait Monique, qu'elle était caissière à temps partiel dans une banque, qu'elle était célibataire et que son petit ami venait de mettre fin unilatéralement à leur relation de huit années en la plaquant pour une autre. Cela faisait plus de trois mois qu'elle était seule et qu'elle cherchait une solution pour boucler son budget.
- Le tailleur que je porte, me dit-elle dans l'auto, eh bien! je ne suis pas prête de m'en procurer un autre. A la fin de mon bail, je n'aurai d'autre solution que de déménager dans un appartement moins dispendieux et moins moderne.
Elle me fit arrêter devant un immeuble assez cossu comportant une trentaine de logements. Elle m'introduisit dans un hall monumental où se trouvait l'ascenseur qui nous emporta vers le quatrième et dernier niveau. Son appartement était situé au bout du corridor, ne comptait qu'une seule chambre, mais possédait un balcon surplombant la rivière.
Nous allâmes nous installer au salon qu'elle ne quitta qu'un moment pour aller à la cuisine où elle m'annonça contrite qu'elle manquait de café. Je la rassurai que cela ne me dérangeait nullement et que je n'avais de toutes façons pas vraiment soif. Elle réintégra la pièce et vint me rejoindre sur la causeuse qu'elle m'avait indiquée en arrivant.
Avant de se renfoncer contre le large dossier, elle prit les six petits romans qu'elle venait de se procurer sur un coup de tête et les posa sur ses genoux.
Il ne fallait pas être un très grand devin pour découvrir quel allait être le prochain sujet de conversation. Et puis, de quoi peuvent discuter deux personnes qui viennent de faire connaissance dans une boutique érotique, sinon de sexe?
Monique m'avoua qu'elle n'avait plus fait l'amour depuis beaucoup plus que les six derniers moins; son copain ne la caressait plus et ne semblait guère éprouver d'attirance pour elle, mais peut-être cela coïncidait-il avec sa liaison.
Pourtant, Monique ressentait des pulsions sexuelles troubles, même si elle se doutait qu'il y avait une autre femme. Depuis sa rupture, ces pulsions semblaient apparaître de plus en plus fréquemment. C'est même à la suite d'une poussée de désir particulièrement forte qu'elle s'était décidée à mettre les pieds dans un lieu qu'elle avait toujours considéré sordide.
- J'espérais qu'en m'imprégnant de cette atmosphère érotique, cela me soulagerait un peu. Puis, j'ai aperçu ces livres et j'ai ressenti une nouvelle montée d'excitation.
La jeune femme blonde étala devant elle les six volumes. Elle semblait se demander par lequel débuter. Je pris le roman lesbien et je le lui ai présenté.
- Commencez par celui-ci, Monique, lui dis-je avec assurance.
- Mais pourquoi?
- Si vous ne le faites pas, expliquai-je, il vous tourmentera tout le temps que vous lirez les autres et vous ne les apprécierez guère.
- Vous croyez?
- J'en suis convaincu. Ce qui s'est passé au sex-shop vous hantera un bon moment et il vaut bien mieux savoir immédiatement si ce genre vous convient ou pas.
Elle me regarda de ses magnifiques yeux verts qui semblaient me lancer un appel.
- Je ferai comme vous me le demandez, Michel. J'ai confiance dans votre goût!
Elle continuait de me fixer avec une envie certaine. Je n'aurais pas eu grand peine à la convaincre de passer dans la chambre pour y faire l'amour, mais voilà, il se faisait tard et Sylvie m'attendait à la maison. Je maudis le sort qui m'envoyait en deux jours de si jolies proies coup sur coup.
- Je dois partir, Monique, on m'attend!
Son visage se rembrunit quand elle dit:
- Vous êtes marié...
Je fis signe que non.
- J'ai des engagements importants que je ne peux remettre, répliquai-je. Je ne voudrais pas être en retard, cela pourrait me poser des problèmes.
Elle fit signe qu'elle comprenait, mais elle insista pour que j'attende quelques minutes encore. Elle déposa les bouquins sur une table basse, puis elle fit quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas. S'étant levée, elle s'agenouilla devant moi, prenant soin de soulever la jupe de son tailleur pour ne pas la froisser. Elle s'approcha lentement de moi et elle m'interrogea:
- Est-ce que vous reviendrez me voir, Michel?
- Si vous voulez, Monique. Cela me ferait plaisir.
Elle sourit et sans attendre, elle posa ses mains sur mon ventre pour me débraguetter. J'étais éberlué, jamais je n'aurais pu imaginer une telle conclusion. Elle abaissa la fermeture-éclair, dégagea mon pénis du slip et elle le lécha d'un bout à l'autre. Elle ne s'arrêta que pour me dire:
- C'est pour être sure que tu reviendras!
J'étais sidéré et je me suis livré à sa langue chaude et humide. Bientôt, elle avala gloutonnement mon sexe et je ressentis une succion puissante qui ne tarda pas à connaître sa récompense ultime. Je regrettai d'avoir joui si vite, mais toute la tension accumulée depuis la veille demandait un exutoire. Je retirai mon membre maculé de sperme de la bouche de la jeune femme qui déglutissait pour n'en rien perdre.
Je me suis promis de rendre visite à Monique de nouveau, mais dans un moment où je serais plus libre de mon temps.
Auteur:anchor987








