EMMA 5
Chapitre 5
Au retour de
notre voyage de noces, une étrange soirée s'est déroulée.
Invités à dîner chez Madame, j'ai fait la connaissance
' si je puis dire ' de l'esclave aux tenues latex. C'est finalement une
femme après que j'eusse puis en douter un instant et sa condition
me fait frémir. J'ai déjà servi dans le passé
mais jamais comme elle. Ce qui m'a le plus surprise, c'est sa totale dépersonnalisation
: Nieil et Madame sont à l'origine de la cagoule qui voile sa face
tout en la maintenant sous la pression du latex brûlant. Seuls sa
bouche et ses yeux sont en rapport avec l'air frais puisque des ouvertures
sont prévues à cet effet. Nieil souligna lors du repas que
l'absence de trous pour la respiration nasale permettait nombre de possibilités
tandis que je ne parvenais pas à croiser le regard de la silencieuse
servante en raison des oeillères apposées afin qu'elle se
concentre sur les tâches à accomplir et qu'elle ne voie pas
d'où les coups surgissent. L'épaisse couche de rouge à
lèvres trahissait une chair gercée par l'obligation de respirer
par cette orifice où nombre de choses devait lui être infligées.
Son maquillage bavait comme si l'on s'était soulagée sur
elle avant notre arrivée. Cette bouche et ces paupières extraites
du masque ne permettait pas d'imaginer la tête dans son intégrité
et l'absence de cheveux plaqués sous le latex rajoutait quelque
chose à mon trouble. La jonction entre la cagoule et la combinaison
se faisait à l'aide d'un large collier d'acier que Madame resserait
ou desserait à loisir grâce à une vis de compression.
La combinaison la couvrait de la tête au pied, des épaules
jusqu'aux mains qui revêtait un aspect ganté du plus bel effet,
ses seins moulés par le latex me rappelait ma poitrine comprimée
dans le passé et la satisfaction que j'en retirais...
La combinaison, aussi intégrale
fut-elle, était prévue pour que le pubis propre et les fesses
de l'esclave soient livrés au regard ou à la cravache. Ses
lèvres avouaient le travail que seule Madame avait pu lui infliger
: Nieil m'a toujours montré trop de respect pour s'abaisser à
travailler le sexe d'une autre à l'aide de pinces, poids ou autres
procédés dont je ne préfère rien savoir. Ses
fesses zébrées m'évoquaient plus volontiers ce que
je connais bien : la morsure du cuir torsadé ou tranchant lorsque
sa souplesse devient rigide au contact de la chair nue.
Du cul de l'esclave sortait une
boule d'acier au bruit caractéristique lors de ses déplacements.
Je me suis également délectée des vibrations qu'entrainent
ces artifices de geisha.
"Débarasse !" L'ordre était
sec et précis comme les prédecesseurs. Les mains de la femelle
tremblaient sous la menace de Madame qui a le don pour m'intimider. Lorsque
que le digestif fut servi, elle vint reprendre place aux pieds de l'un
de ses co-propriétaires, la tête basse. En pleine discussion
tardive, lorsque les mots sont lents et la fatigue pesante, Madame tendit
sa chaussure à la soumise qui entama un nettoyage en règle
à l'aide de sa langue.
"' On ne dirait pas à la
voir comme ça que c'est une jeune femme bien comme il faut en dehors
d'ici, n'est-ce pas ?" me demanda Nieil.
Je la sentis frémir, frémissement
de honte où le plaisir n'est pourtant pas absent.
"' Aux autres..." commanda Nieil,
elle s'avança à quatre pattes et se baissa vers le cuir de
mon maître.
"' Elle d'abord !" C'est la première
fois que j'avais l'honneur d'être servie. Je me suis sentie gênée
puis forte. Peut-être parce que la soumise se faisait prier et qu'une
menace fut nécessaire pour que sa langue caresse le cuir.
"' La semelle et le talon..." Sa
bouche engouffrait mon talon en partie, l'autre méritant une inspection
minutieuse.
"' Embrasse mon soulier" lui commandais-je
avant que Nieil me fit un geste me demandant d'arrêter. Elle ne vit
pas Nieil s'accroupir et elle lâcha échapper un gémissement
lorsque son sexe turgescent sépara ses parois vaginales. Nieil la
limait, devant moi, pour moi, avec une violence extraordinaire dont je
n'ai pas conscience lorsque je subis ses assauts, ses mains glissaient
sur les bras de mon fauteuil et elle écrasait son visage sur mes
cuisses. Je sentais le sommet de son crâne s'appuyer sur mon corset
et ses oeillères pénétrer ma chair. Ma main caressa
le latex de la cagoule, un doigt s'insinua entre ses lèvres qu'elle
referma. Elles étaient douces, très douces. Je l'entendis
faire des efforts pour ne pas crier sa jouissance, je ne fais jamais preuve
d'autant de retenue et la comprend à peine. Nieil se retira et s'assit
sur son dos, me tendant son sexe à nettoyer de "sa mouille de salope".
Le tableau que nous composions
devait être à la hauteur du numéro de contorsionnisme
auquel je dus me livrer pour prendre en bouche sa queue. J'entendis la
salope gémir une nouvelle fois, le son étouffé puisque
je l'enfermais entre mon ventre et le poids de Nieil.
Je sentis les secousses reprendre,
Madame avait remplacé Nieil au moyen d'un long gode ceinture que
je découvris lorsqu'elle me le donna à nettoyer après
plusieurs aller-et-retour au creux des fesses libérées des
boules la seconde précédent l'introduction. Je sentis le
regard de la silencieuse me scruter lorsque je récurais ses saletés
avec délectation, motivée par les caresses de mon maître,
attiré ce soir là par mes seins, frustrant mon désir
et mes orifices d'un plaisir salvateur. En pleine phase de récupération,
les
jambes tremblantes et les trous
en feu, la salope fut relevée par Madame.
"' Allons, suivez-nous". Je n'avais
jamais eu le privilège de pénétrer dans cette pièce
pour un autre motif que le ménage. C'est ici que j'ai découvert
nombre d'accessoires auxquels je n'ai jamais été confrontée
et j'appréhendais de m'y trouver. Pôle attracteur de la pièce,
en son centre, un cheval d'arçon au cuir astiqué mais meurtri
par les coups de cravache, ongles et dents. Madame fit se placer la salope
devant la lourde masse, ses yeux clos ne croisaient pas nos regards et
le sourire radieux de Niel, elle lui sussura quelque chose à l'oreille
avant de lier ses chevilles aux pieds du cheval. Ses pieds fixés
et éloignés, elle bascula son torse en arrière jusqu'à
ce que le dos épouse la courbure de l'assise et renversa ses bras
en arrière. Autour des poignets, Madame serra les mêmes liens
de cuir qu'aux chevilles. D'un coup sec et brusque, elle tira sur le collier
la jeune soumise dont j'eus pitié pour la première fois de
la soirée.
Son tronc sembla se disloquer lorsque
Madame étira les bras attachés aux pieds opposés.
Son champ visuel se réduisit au plafond puisque la partie supérieure
de son buste siégeait au sommet du cheval d'arçon mais fortement
incliné vers l'arrière.
Immobilisée en croix, fléchie
par contrainte, la soumise devait appréhender autant que moi la
suite des événements. Niel s'était assis dans le fauteuil
face au spectacle et fut rejoint par Madame dès que les liens furent
serrés à en mordre la chair à travers le latex.
"' Branle la !"
Je m'assis sur petit le tabouret
à roulettes et l'avança jusqu'à ce que le miroir incliné
et placé sur sa proue réfléchisse le sexe sans défense
de la soumise. Je l'entendais gémir avant que j'eus commencé.
J'ai l'impression qu'elle ne voulait pas que je la touche
et je ne le fis qu'après
la dernière invective, de Nieil cette fois-ci :
"souviens-toi de ce que Madame
t'a dit petite salope...".
Le silence revint et lorsqu'il
fut rompu, ce fut pour signifier l'abandon de la jeune femme entre mes
doigts experts. J'aurais souhaité me caresser, ils me virent faire
le geste mais sous ma jupe existait l'entrave suprème qui redirigeait
ailleurs mes mains.
"' Lèche amoureusement sa
fente maintenant" Je ne sais ce que Madame lui avait promulgué comme
parole, mais cette fois-ci, la chatte baveuse ne tenta pas de se débattre
et mes lèvres se posèrent sur les siennes pour un long moment.
Arrêter fut une délivrance : ma langue engourdie me faisait
souffrir et ma bouche avait le goût de son sexe baisé, fouillé,
mordillé. Elle n'en pouvait plus, moi non plus. Nieil était
parti s'habiller et me chercher mon manteau.
"' Qu'allez-vous faire d'elle maintenant
?"
Madame me répondit sèchement
qu'elle allait méditer sur ses péchers dans cet état
un court instant avant de retrouver sa misérable vie. Avant de sortir
de la pièce, j'ai jeté un dernier regard sur le reflet de
sa chatte lisse et sale travaillée par les pinces que Madame venait
d'apposer... La vision de ces lèvres distendues par le poids du
plomb me fait frissonner et m'excite terriblement... moi qui n'ai pas pu
jouir physiquement de cette soirée unique.
Flore m'a téléphonée
hier pour m'annoncer qu'elle ne pouvait pas nous recevoir pour le week
end comme nous en étions convenues. Elle ne semblait pas en grande
forme non plus. Comme moi. Mon corps se rebelle et devient réfractaire
au traitemen qu'impose ma condition de soumise. J'en ai parlé à
Nieil qui m'a renvoyé à Madame qui elle m'a aiguillée
sur son gynécologue attitré.
J'ai d'abord été surprise qu'il s'agisse d'un homme, pour
ma part, j'ai toujours éprouvé un sentiment de malaise à
me dévoiler ainsi à un être qui puisse me désirer.
Mais ce choix, je l'ai effectué avant de rencontrer Nieil et d'être
ce que je suis. Aujourd'hui je considère un regard comme un prétexte
de séduction ou d'exhibition. Pourtant, lorsque j'ai appris que
Madame m'accompagnerait, je me suis sentie fragile. Quand je lui ai rappelé
qu'elle ne m'avait pas ôté ma ceinture, elle ne m'a
aucunement rassurée en déclarant
que "ce praticien ne s'étonnait pas de ces détails". En sentant
son jugement se poser sur moi dès notre introduction dans son cabinet,
j'ai su pour quelle raison Madame m'exposait à un homme. Alors que
ma gynéco habituelle se serait réservée tout commentaire
quant à mon tatouage ou à la dilatation anormale de mon vagin,
lui, n'omettrait aucune parole humiliante.
"' Voici donc la ravissante Madame
Osborne, je vous en prie, déshabillez-vous..."
J'allais me dévêtir
devant lui mais comble de
crauté il me fit poliment
remarquer la présence d'un paravent. Derrière cette protection
d'un tissu opaque, je me suis sentie seule. Très seule. On ne parlait
pas de moi mais de choses annexes. Je suis réapparue paralysée
et débraillée. Les pans du chemisier de soie dissimulaient
une partie de l'objet de ma honte mais l'essentiel demeurait visible.
"Ici on enlève tout" commanda
Madame à l'attention de ma pudeur déplacée. Le chemisier
rejoint le dossier d'un fauteuil.
"Jolie poitrine" rien de plus ?
Le médecin proche de la
retraite m'étonna. "Approche" : j'avançai et Madame d'une
poignée rude me fit opérer une rotation à 180°
afin de glisser dans mon dos la clef libératrice. Sa main désenclava
mon cul puis
ma chatte de l'emprise de Nieil.
"' Avec de tels gode je ne m'étonne
pas que les trous de cette chienne soient irrités"...
Changement de ton terriblement
cinglant. Je n'étais plus l'épouse de Nieil mais son esclave
aux yeux de celui qui me désigna du doigt la table où pris
place seule, anormalement seule. Habituellement le gynéco vous laisse
vous installer, là, il ne me quittait pas du regard.
"Magnifique" il s'approcha et écarta
les étriers sur lesquels je m'étais pourtant déjà
beaucoup écartelée.
"Superbe tatouage..." Je l'aimais
aussi beaucoup mais le doigt suivant les contours de cette femelle corsetée
avait quelque chose de désagréable. L"examen fut le contraire.
Très agréable, doux, précis, exquis... Le latex allait
en moi sans difficulté.
" ' Elle est très ouverte,
Nieil doit la ménager.
' Elle dit avoir mal
' Les parois vaginales sont quelque
peu irritées mais ce n'est rien en comparaison de l'inflammation
du rectum... Je vais lui prescrire un traitement à base de pommades
mais vous devez renoncer à la ceinture de chasteté pour un
moment...
' Ça recommencera ?
' Probablement..."
Je ne me sentais plus concernée, on ne me demandait pas mon avis, on prenait soin de moi contre ma volonté.
" ' C'est très embêtant
de laisser une chienne pareille libre de ses choix...
' Il y a bien une solution.
' Nieil y a pensé mais il
ne se demande encore si elle est prête pour..."
Je ne comprends pas de ce dont il
parlait et Nieil n'est pas encore rentré du siège. Il m'interrogera
surement sur mes impressions de cette séance, du caractère
impersonnel de cette consultation vétérinaire. Je lui raconterai
combien je me suis sentie vide sans ma double pénétration
lorsque les regards de hommes s'insinuaient sous ma jupe dans le métro.
Mais je veux qu'il me parle de
cette solution qu'il envisage.
Plutôt que de m'expliquer,
Nieil m'a désigné sur une abominable photographie ce qu'il
ambitionne pour moi. Je suis horrifiée mais il y avait quelque chose
de captivant dans le regard de cette soumise suspendue sur une croix et
où un habile jeu de lumière mettait en valeur son sexe :
lisse comme le mien mais muni d'anneaux en or. Voici ce qui m'attend si
je décide de suivre Nieil jusqu'au bout de ses choix. Jusqu'à
maintenant et même si j'ai trainé les pattes, je ne me suis
jamais sentie suffisamment chienne pour oser. Quoi qu'il en soit, mon propriétaire
refuse de me laisser accessible et m'a imposée de nouveau le port
d'un body cadenassé qu'il juge insultant à la vue de mon
degré de dressage.
Qu'a-t-il de si élevé
? J'ai l'impression parfois d'avoir changé de tenue et d'accessoires,
de m'être affichée mais de ne pas avoir dépassé
les limites d'un retour possible à la vie normale. Niel me l'a proposée
pour une période mais je sais que tout me manquera. Alors que faire
? Et à qui en parler ?
Bruno trouve notre soeur autarcique. Elle donne peu de nouvelles et nous n'avons aucun projet commun. De plus, j'ai les pires difficultés à la joindre et elle ne me rappelle pas lorsque je laisse un message sur son répondeur. Elle a ses problèmes j'ai les miens. Je cherche un cadeau pour l'anniversaire de Nieil et n'en trouve pas. Il m'a proposé de passer le week-end chez Flore pour la bouger un peu et mettre les choses à plat. J'espère ne pas la froisser.
Flore ne veut pas nous recevoir, elle dit vouloir rester seule. Nieil a mal pris la chose, je crois qu'elle ne l'aime vraiment pas. Se doute-t-elle de ce que je suis à ses yeux ? Madame m'a envoyée chez le gynéco pour contrôler l'état de ma guérison. Je n'ai plus mal mais il dit que tout recommencera si Nieil me protège trop tôt. Malgré l'impudeur de ma condition, j'ai le sentiment d'être bien reçue par cet homme. J'ai cherché à combler une questionne qui m'empêche de vivre : "l'infibulation... c'est douloureux ?". Sa réponse est claire : sur le moment oui mais après non. Et, dit-il, pas plus que de se faire percer l'oreille.
Surprise, Flore est passée
samedi soir pour s'excuser de son comportement "infantile". Je l'ai sentie
émue, bouleversée comme si sa vie lui échappait. Elle
a déjà eu des périodes difficiles avec son boulot,
son mec. Je n'ai pas voulu la questionner devant Nieil qui a proposé
de dîner à l'extérieur. Dîner chic pour lequel
la tenue de Flore me fit pitié aussi lui ai-je offert de me piquer
une robe parmi celles que je ne mets plus. Dans cette robe noire elle semblait
boudinée moi qui n'oserait la mettre de peur de paraître ridiculement
maigre.
Elle n'a pratiquement rien mangé
durant le diner nous avouant qu'elle s'était mise au régime
d'elle-même. J'ai mal pris que Nieil commente qu'il m'avait fait
perdre le superflus sans sacrifier l'essentiel mais je sais qu'il adore
me mettre à l'épreuve ainsi. Flore ne l'a pas même
relevé ou bien l'a-t-elle gardé pour elle. À chaque
fois que je suis en présence de mon propriétaire et de ma
soeur je me demande si elle se souvient qu'il l'a enculée sous mes
yeux lâches.
Nieil exige que je prenne une décision
où bien il m'envoie au bureau vêtue d'un body en cuir cadenassé
et corsetée sous une robe de flanelle blanche et translucide. L'image
est saisissante mais je sais qu'il en est capable. Durant ce dîner
du week-end dernier, ne m'a-t-il pas glissé à l'oreille d'enlever
mon soutien-gorge aux toilettes et de revenir m'attabler face à
ma soeur qui en constaterait l'absence récente à travers
ce chemisier à l'opacité douteuse ?
Je suis partie sans veste ni sac
comme il le souhaitait et revenue le soutien-gorge sur les cuisses... Durant
tout le reste de la soirée j'ai serré les jambes lorsque
j'étais assise par la force de l'élastique et redouté
qu'il ne chute lorsque nous marchions. J'ai répondu peut-être
à Nieil en lui demandant un peu de temps supplémentaire.
Il a soupiré.
Je suis sous le choc. Madame est
venue au siège hier après-midi vers 15 heures et m'a sommée
de la suivre. Nous sommes allées directement à son appartement
répondant à mes interrogations par de vagues "tu n'as rien
à savoir". J'ai cru au jeu. Un nouveau jeu. Je me suis déhabillée
puis lavée devant elle. Elle m'a ensuite inspectée comme
Nieil le fait parfois afin de vérifier l'imperfectibilité
de ma proprété. J'ai été conduite dans son
donjon et ai senti le doute m'envahir. Nieil aime le métal nu, Madame
le préfère orné de cuir. La minerve qu'elle m'a infligée
l'était. En regardant droit devant moi, je l'ai vue s'approcher
une barre de fer entre les mains. Cette barre, je l'ai sentie glisser dans
ma nuque, se loger dans un orifice adapté à l'usage particulier
qu'elle me destinait. Aux poignets me furent fixés des bracelets
en cuir endurcis par le métal identique aux anneaux qu'ils supportent.
Lorsque ces anneaux glissèrent
le long de la barre désormais fixe, j'ai ressentie l'étrange
sensation d'être livrée à ses caprices, mes bras immobilisés
et élevés de façon à ne plus être efficaces
mais amusant par leur coulissement le long du cylindre métallique
aux extrémités duquel Madame vissa des butoirs empêchant
que les anneaux ne sortent. Ses mains flattèrent mes seins puis
mon sexe et enfin ma bouche. Elle m'embrassa puis disparut dans mon dos.
Quelque chose en latex viola mes lèvres et avant que Madame ne ressère
la lanière je me suis vue avec ce baillon boule autour du visage,
déformant mes joues, aliénant ma fonction de parole et ma
possibilité de reculer. Ma bouche devait avoir une allure pulpeuse
des plus excitantes. Elle me fit avancer jusqu'à une plateforme
de forme arrondie qu'elle m'avait dissimulée. En montant dessus,
je failli perdre l'équilibre en raison des
roulettes sur lesquelles l'objet
reposaient. Mes pieds y furent verrouillés à l'aide d'un
système comparable à ceux des skis et de manière à
ce que mes cuisses soient suffisamment écartées pour nombre
de tortures que je redoutais.
J'avais déjà parlé
de la collection de spéculum de Madame mais elle ne s'en approcha
pas. Je fus laissée dans cette position
humiliante durant une durée
que je ne parviens pas à déterminer mais lorsque Madame réapparut
dans la pièce je m'étais accroupie cuisses sur mollets afin
de reposer mes jambes.
Elle n'aima et me cingla d'un coup
de cravache sur le sein droit pour m'apprendre. "Tu aurais pu tomber et
te faire très mal imbécile" Nieil la suivit dans son apparition
très théâtrale. Elle était vêtue de cuir
et Nieil était en smoking. La soumise cagoulée apparut à
sa suite tenue en laisse et revêtue comme à l'accoutumée
de la tête aux pieds. On lui avait enlevé ses oeillères
mais ce sont mes yeux que l'ont condamna au moyen d'un bandeau de latex.
J'entendis rire Madame et Nieil lui répondre. La soumise elle ne
disait rien pensant à l'humiliation qu'elle avait subie la dernière
fois. Aujourd'hui, c'est moi qui la remplaçait et vice-versa. "Baise
la avec tes doigts..." Je sentis ses ongles se frotter à ma chatte
doucement comme pour s'excuser puis pénétrer mon sexe doucement.
Un clac et un cri retentirent simultanément. Ses doigts s'accélérèrent.
Cette séance n'était plus un jeu
mais un châtiment. Ce clac
était celui du fouet de Madame et ce qu'on m'infligeait non un plaisir
mais un supplice.
"Lèche la" commanda Nieil.
"Tourne la..." Je me sentis déplacée
dans l'espace. "Son cul maintenant.
Nettoie le. Avec ta langue." Sa salive abondante me couvrait de honte.
J'étais paralysée par la vigueur de ce traitement et n'en
retirait aucun plaisir.
"Assez" cria Nieil. Le plateau
pivota, les roulettes grincèrent. La soumise gémit. Je fis
de même puisque la poire d'angoisse étouffait mes cris. Une
pince venait d'être fixée à chaque téton et
leur morsure me fit courber l'échine. "Redresse-toi..." Je m'executai
de peur de recevoir la longue lanière. "Allez promène la..."
un claquement de nouveau mais dans l'air... La peau produit un bruit différent.
Je fus arrachée sur mon plateau vers l'avant, arrachée non
par la vitesse mais la douleur. On me tirait par les pinces cherchant à
se libérer de mes seins. Madame et Nieil riaient plus pour m'affoler
qu'autre chose. La soumise gémissait, criait même. "Que c'est
plaisant... la promenade. Allez en rond mes chéries... Elle debout
par les seins, l'autre à quatre pattes par les lèvres. Jouissif..."
Pas pour moi ni pour elle. Une pince se décrocha, on me la remit
immédiatement. Une lâcha prise sur la chatte de la soumise
et je la reçus de plein fouet sur le ventre, le lien qui nous unissait
était rigie mais élastique. Une corde à linge peut-être.
Mais solide... durant cette courte mais mordante promenade elle ne faillit
pas à notre souffrance. "Bien, bien... détachons les..." Nieil
me caressa, je reconnus sa chevalière lorsqu'il m'enleva les pinces
avec ménagement. Sa langue entoura mes tétons meurtris. La
soumise me libéra sous leurs directives précises stipulant
d'enlever le bandeau en dernier...
La soumise avait disparu tandis
que Nieil vint m'embrasser. Il mit sa main sur ma bouche lorsque je voulus
m'exprimer.
"Pas la peine..." Je n'étais
pas consultée ce soir. Nieil me préparait quelque chose.
"Ferme les yeux." Sous le contrôle
de Nieil, la soumise vint se coller à moi, ses seins s'encastrèrent
sur les miens, son nez contre le mien et ma bouche sur la sienne.
Le noir total se fit autour de
nous et lorsque je rouvris les yeux je ne vis plus rien, une cagoule suffisamment
large pour deux têtes nous unissaient. Sous le latex la chaleur se
faisait intenable et l'air rare.
"Ne vous agitez pas... Nous allons
resserer les liens qui vous unissent... Vous serez comme soeurs... Soeurs de
torture..." Une pression s'exerça et nos machoires se bloquaient.
"Ouvrez la bouche allez... ou nous
ne vous donnons pas d'air jusqu'à ce que..."
Que les lèvres se décollent
et nos bouches s'enclipsent. Sa langue frôlait la mienne que je retenais
au mieux. Deux capsules furent ôtées de la cagoule et l'air
pénétra doucement avec lui un filet de lumière... Ses
yeux étaient clairs comme les miens et brillants
comme ma peur. Elle tremblait et
je m'excitais de ce contact forcé. Ma langue lécha la sienne
et elle gémit. Son souffle pénétra en moi...
"Comme c'est mignon..." Nous marchâmes
en nous cognant aux murs que ni Madame ni Nieil ne nous indiquaient dans
leurs paroles... Après quelques hésitations, nos mouvements
se coordonnèrent mais l'air manquait et
la gymnastique devint pénible.
Je ne savais pas où ils voulaient en venir. On menotta mes poignets
dans le dos et je compris au souffle de ma siamoise que la même chose
lui était infligée.
La bite de Nieil me surpris d'effroi
tant la violence du coup fut soudain. Lorsqu'il se retira après
un voyage, c'est ma voisine qui vint s'abattre contre mon buste. Madame
avait chaussé son gode ceinture. Ils nous ont enculé un temps
monstreux, nous échangeans sans nous ménager. Par le manque
d'air et le contact du latex chacune de nous
salivions et la douleur des cervicales
devenait trop intense lorsque nous avons perdu la promiscuité de
cette cagoule.
Nous étions couverte de
sueur et de salive tandis que nos membres tremblaient du supplice doublement
infligé.
La pièce était plongée
dans l'obscurité et seule la clareté du ciel étoilé
nous éclairait à travers le vélux du dernier étage
qu'occupe Madame. Madame me guida
vers l'inconnu et me fit enjamber un morceau de métal puis deux...
Je ne voulus plus avancer mais en me tordant le bras Madame me fit accepter
l'intolérable : pénétrer dans une cage et m'y accroupir
comme une chienne. Elle m'enleva mes menottes lorsque je fus calée.
Nieil y fit pénétrer ma complice. La cage était
trop petite pour demeurer assise
ou allongée et trop étroite pour que chacune ait un coin
à soi. Le panneau supérieur claqua au-dessus de nos oreilles
et Nieil nous abandonna sans commentaire. Madame en fit un "bonne nuit
les colombes ne vous envolez pas..."
La porte du donjon claqua mais
nous avons entendu des paroles et des rires.
La soumise que Nieil avait totalement
dénudée ne parlait pas et respirait timidement. Je lui parlais
elle ne répondait pas. Elle fit semblant de dormir avant que le
sommeil ne m'emporte à mon tour...
Elle était confortable,
autant qu'un oreiller ou un matelas et sa chaleur me berça. Lorsque
je rouvris les yeux, le donjon baignait dans une faible lumière
matinale et je pus enfin découvrir son corps, son visage. Elle était
rousse, un peu forte, trop maquillée... C'était Flore et je
n'en reviens pas. À son réveil, elle eut un mouvement de
recul, quasiment de folie.
Elle se mit à pleurer. J'avais
envie de lui hurler après mais aussi de la consoler. Je suis restée
silencieuse en fermant les yeux pour ne pas l'accabler.
Depuis le début c'était
elle... Je comprends pourquoi son comportement avait changé et pourquoi
Nieil avait dit qu'il ne me comprenait pas lorsque j'avais peur que d'être
percée change quelque chose et rende le processus irréversible.
Après le mariage et le tatouage
qui le sont tout autant, Nieil avait fait pire : ma soeur était
non seulement au courant mais m'a baisée, embrassée et que
sais je encore. Je n'arrive plus à me souvenir et ne veut me souvenir.
Auteur:Inconnu








