EMMA 3

Chapitre 3

   24 décembre chez mes parents... Ma soeur était là ainsi que mon frère. Ma tenue a choqué,
intrigué, excité selon les personnes. Nieil m'a imposée le port d'un body en vinyle au décolleté
vertigineux que le gilet en angora (assorti à la jupe rouge) dissimulait en partie. Durant la soirée, j'ai
subi le regard de mes parents en sentant mon anus subir les assauts d'un plug dont je connais l'effet
pervers : rester assise en souriant relève de l'exploit.
Pendant plusieurs heures, j'ai senti mes cuisses se refermer sur un bloc de métal aux arêtes
désagréables. Mon propriétaire a joint les deux faces du patron en vinyle au moyen d'un énorme
cadenas dont j'ai guetté avec effroi la moindre manifestation visuelle. L'étroitesse de la robe et la
finesse de la laine ont contribué à l'anéantissement de mon excitation de sentir pendre ce lourd
attribut entre mes jambes. Minuit, le moment des cadeaux. Nieil a attendu que tout le monde ait fini
d'admirer les siens pour m'offrir le mien: une superbe chaîne en or qui garnit mon décolleté et
ajoute entre mes seins la présence d'une clef qu'il a qualifié à voix haute de "passe pour le plus
précieux des trésors". J'ai rougi puis me suis sentie flattée. Avant de me coucher, mon propriétaire
m'a fait laper la partie supérieure du cadenas que ma fente de chienne avait sali puis a accroché au
dessus de notre lit, le body au mur, par les anneaux destinés à sa fermeture.

   25 décembre. chez ses parents. Je me suis sentie libre. Nieil m'a juste imposée une tenue que je
suis fière d'avoir revêtu : un tailleur blanc aux allures de noces. Sans lingerie, je me suis sentie nue
face à ses personnes raffinées que je découvrais. Sans plug, je relevais l'étendue de ma dilatation.
Nieil, en quelques mois, m'a transformée : cet objet hors de mon corps, ce dernier ne regagne que
lentement son état initial. Au réveil du lendemain matin, je suis encore ouverte comme une chienne
qui vient de se faire monter.

   Grande première pour moi et lui. J'ai découvert l'originalité d'un rapport homosexuel tandis que
mon propriétaire offrait pour la première fois une de ses pouliches. Pour me jauger, Nieil m'a
conduite à ce quartier de la capitale adéquate pour la prostitution. Sans sa présence à mes côtés, je
me serais enfuie sous la pression des mâles autour de moi. Tous examinaient ma tenue : maquillage
et chair visible, cuir et talons aiguilles. Il a choisi la plus laide, la plus grosse, celle dont je n'aurais pu
jamais désirer le corps. Elle nous a devancés, il nous a suivies, glissant sa main sous ma robe aussi
rigide que mes dessous, doigtant mon plug à travers la croûte animale, m'encourageant de son
amour dur. Je l'ai payée. Avec mon argent et il s'est assis. Lorsque le rôle de Nieil fut clair, elle
s'est comportée avec moi comme avec une merde, m'insultant, me brutalisant. J'ai encore la
marque laissée par ses faux ongles sur mon sein gauche. Pourtant, sa tendresse m'a émue tant elle
prenait soin de moi ensuite. J'ai vécu l'amour au féminin et l'ai aimé. J'ai connu la domination au
féminin et l'ai redoutée. Elle s'est assise sur mon corps à peine libéré pour loger mon nez entre ses
grosses fesses et m'obliger à lécher son anus sale. J'ai gémi, prononcer des paroles étouffées mais
Nieil a exigé que je m'exécute, menaçant mes cuisses de sa badine au toucher virevoltant. La pute
s'est ensuite amusée à me limer avec le plug auquel je ne connaissais pas une telle utilisation
intensive. Alors que mes chairs éclatées supportaient le traitement, Nieil l'arrêta et m'ordonna de
poursuivre de mes propres mains. Jusqu'à ce qu'il jouisse sous mes yeux, j'ai tenté d'obtenir un
rythme aussi effrénée mais ne pus détacher mon regard jaloux de cette langue qui astiquait le sexe
de mon maître. Bon maître qui m'a baisée comme je le mérite dès notre retour à la voiture, en plein
parking des halles.

   C'est mon anniversaire aujourd'hui et Nieil m'a offert des bijoux se plaçant sur le mamelon,
l'entourant et provoquant le saillisse ment du téton. En me laissant ouvrir le deuxième écrin, il ajouta
qu'il ferait de mes seins ce qu'il a fait à mon cul : la paire de pinces s'y trouvant l'y aidera sans
doute.
À la maison, je les porte à l'air libre. Au travail, en sortie, en exhibition, le métal enserrant se
réchauffe enfermé dans le bonnet de
soutiens-gorge dont la profondeur se réduit. Lorsque Nieil n'est pas satisfait de mon travail
d'humiliation quotidienne, il me punit en me faisant effectuer des pompes affublée de ses pinces à la
morsure terrible ou en m'imposant le port d'un soutien-gorge en cuir qu'une
adolescente supporterait mais dont l'étroitesse me stresse.

   Voici plusieurs semaines que Nieil a trouvé un nouveau jeu terriblement éprouvant. Je ne sais
expliquer ce que je ressens en voyant des femmes passer l'entrée de cet appartement où ma
chambre aménagée est toujours fermée aux regards indiscrets. Mon humiliation est indescriptible
lorsque je leur prépare ce dîner qu'ils consommeront aux chandelles, presque sous mes yeux et
habilement grâce à mon service strict et ordinaire : Nieil me présente comme sa domestique et me
traite comme telle. Je perçois une indemnité par soirée qui me permet de remplir mes poches depuis
que mon propriétaire a exigé que mon salaire soit viré sur son compte afin de payer exclusivement
le loyer d'un appartement que je n'occupe plus mais qu'il tient à garder disponible si l'un ou l'autre
désire se séparer. M'exhiber et jouer avec mon corps me troublait, m'amusait même. Mais depuis
que nos rapports ont évolué de la sorte, je me sens mal.
Nieil est plus ferme, toujours aimant, mais dur. Brandissant l'évolution du jeu en excuse, il
s'escrime à me faire devenir folle de désir ou de rage devant ces inventions. La première fois où je
me suis transformée en call-girl pour l'un de ses clients fut un moment d'excitation rare. Être payée
pour baiser est un rare délice. Mais lorsque cette pratique se multiplie et que les dîners en sa
compagnie finissent souvent par être séparée de mon maître au profit d'un nouveau payeur, je
m'égare, ne sachant plus que croire. Pourtant, Nieil réaffirme chaque jour ce que je souhaite
entendre ou comprendre : je compte pour lui, bien plus que n'aurait compter une autre. Je me
distinguais par mes attitudes ou tenues, aujourd'hui ce sont bel et bien mes actes qui me
singularisent.
Nieil m'autorise uniquement à souligner mes lèvres d'un rouge vif qui lui rappelle la teinte de mon
pubis et m'oblige à porter mes cheveux brunis, raidis et raccourcis en queue de cheval.
Ma poitrine est rarement soutenue puisque son propriétaire souhaite pouvoir la travailler à son bon
vouloir, échangeant entre deux rendez-vous son ornementation esthétique pour une participation
sadique ou une humiliation métallique ; mon sexe connaît un traitement de liberté similaire qui m'a
énormément gênée lors de mes premières règles en robe et sans culotte. Mais Nieil s'est lassé de
me voir quitter un siège en y déposant mes problèmes féminins et supprime progressivement de mes
habitudes le port des jupes et consoeurs. Je suis de plus en plus chic et ce qu'il me concocte s'avère
de plus en plus dégradant : sous mon pantalon de flanelle se cache encore un énorme plug qui me
transperce de l'anus jusqu'aux profondeurs de mes reins tandis que mes fesses sont encore
cuisantes des fessées administrées à chaque faute. Après que sa badine m'ait corrigée, il n'est pas
rare que le simple contact trop proche de l'étoffe poursuive l'effet piquant du cuir contre la chair
plus rose que celles des hanches que le cuir du serre-tailles recouvre du nombril jusqu'aux cuisses, le
long de ses jarretelles assorties aux bas sombres auxquels Nieil tient tant : il aime constater mon
désarroi lorsqu'un caoutchouc glisse et que le bas glisse de son clip, m'obligeant à une timide
gymnastique afin d'en retarder ou réprimer la conséquence. Que la soie atterrisse sur la cheville
ornant le verni soulier qui martyrise mes pieds.

   Hier, l'un des femmes de passage est restée. Je l'ai entendue soupirer de mon lit après que Nieil
soit venu m'embrasser amoureusement en renfermant autour de mon cou le collier d'acier qu'il a
spécialement fait confectionné pour mon trentième anniversaire. Presque chaque nuit, je pense à
cette phrase gravée sous le menton "à Emma, en hommage à nos liens uniques" qui souligne notre
amour et me rappelle que la fine chaîne me clouant au sommier est réelle, m'accompagnant pour la
nuit de sa symphonie métallique. Mais cette nuit, j'ai pleuré. J'accepte qu'il me partage avec
d'autres mais ne veut le partager avec quiconque. Il a eu beau m'expliqué que c'était la règle,
je n'ai pas su le respecter, lui demandant d'arrêter cette partie trop cruelle.
Comme il m'aime autant que je l'aime, Nieil modifie l'orientation de mon asservissement.

   Les premières chaleurs sont habituellement l'occasion de se dévoiler, de moins se vêtir. Nieil
continue de me concocter un régime de pantalon, pull ou chemisier épais aux lignes de moins en
moins féminines. Mes cheveux ont perdu leurs derniers reflets roux tandis que je m'habitue à les lier
chaque matin, ressentant la journée durant la courte queue se balancer dans mon dos. Nieil ne
m'entraîne plus dans les bars sado-masochistes pour m'exhiber mais pour m'offrir, se régalant de
constater que peu de regards se posent sur mon allure masculinisée. Pourtant, à pratiquement
chaque sortie, un tiers nous approche. Nieil leur dissimule ma particularité me condamnant au
silence jusqu'au moment T où le sexe ou la main visiteuse détecte la supercherie, se vengeant de
plus belle d'une heureuse découverte, défiant les lois de la bienséance dans une chambre, un couloir,
un taxi ou une ruelle sombre, arrachant le plug de mon cul pour le loger sur ma langue, allant et
venant entre mes fesses avec une aisance déconcertante, reculant ma jouissance dans des zones
inconnues et rares :
"Tu es une chienne parfaite... parfaitement dilatée qui ressent de moins en moins la douleur et pour
laquelle le plaisir anal doit s'accompagner de l'extrême".
La définition qu'il m'a obligée à réciter tandis que ma soeur dormait non loin après une soirée
arrosée résonne encore dans ma tête : je murmure pendant qu'il me baise sur le canapé en cuir, la
culotte sale confisquée à Flore apposée près de mes narines. Pervertie, j'ai trahi mon sang pour le
contenter. Soumise, j'ai corsé la chair et la boisson pour qu'elle ne résiste à aucune attaque
charmeuse sans cesse assainie de la soirée. Complice, j'ai triché aux cartes jusqu'à ce que son
soutien-gorge tombe au milieu de la table. Excitée, le spectacle de ses mains glissant sa culotte
blanche jusqu'à ses chevilles me ravit. Hypnotisée, j'ai croisé son regard de vainqueur d'une partie
en tête à tête qui tourna au ridicule lorsque l'enjeu devint gage. Apeurée de voir Flore défiler nue
au son d'une musique assourdissante sous les directives précises de mon maître. Humiliée, Nieil m'a
forcée à regarder la sodomie de ma propre soeur comateuse, un sourire sur le visage inondé de
larmes. Comme seul souvenir cruel de cette soirée de débauche sur laquelle elle
n'osera jamais revenir, il lui reste la sensation inédite d'une douleur diffuse entre ses grosses fesses
"de truie saoulée".

   Des sensations inédites, j'en ai découverte récemment et elles m'ont tant occupée que j'en ai omis
de remplir ce carnet de bord. Sans drogue ni alcool, Nieil m'a menée devant une femme plus âgée
au sourire pervers et à l'esprit assorti. C'est la première fois que mon maître me présentait en qualité
d'esclave aussi ouvertement puisque dès notre première entrevue, Nieil m'a placée sous le contrôle
de la chevelure auburn qui apprécie les attributs de femelles, "les bonsaïs de la femme". Elle m'a
démontré à quel point il était possible et dans quelle mesure elle aime martyriser et remodeler un
corps. Je suis demeurée au garde à vous un long moment avant que Nieil ne se décide à autoriser
son forfait. Lorsque ce fut fait, je me suis retrouvée en un clin d'oeil sous une épaisse couche de
cellophane, emballée de la tête aux pieds, soumise à sa volonté de Dame. Profitant du blocage de
mes mâchoires, Madame sut guider sa large lanière de cuir sur mes parties les plus réceptives à la
rigidité s'abattant si fort que l'habit bruissant et étouffant ne parvint à empêcher la douleur. Sa
poigne de fer m'empêcha de perdre l'équilibre et c'est elle qui me guida jusqu'à une pièce sombre
dont je ne distinguai rien, ma vue se limitant aux ombres et lumières, mon allure à de petits pas et
ma motivation aux coups furtifs lorsque je me cognais à un meuble ou que mon pas étriqué
faiblissait. Je me sentis basculer, soutenue par quatre mains salvatrices me glissant dans une
baignoire immensément vide. Puis l'eau surgit, en jets violents et brûlants, Madame s'amusait à
obstruer mes narines seules contacts avec l'air grâce aux deux trous étroits gracieusement octroyés.
Alors que mon souffle coupait court, elle me redonnait vie en détournant le jet ailleurs. J'aperçus
un premier flash mais l'arrivée d'une eau glacée me dévora. Rapidement j'ai eu envie de claquer des
dents, ils riaient. Fortement. J'ai eu peur. Vraiment. Une douce chaleur s'est mise à réchauffer ma
poitrine fragile sous le plastique tendu. Ne distinguant rien, entendant simplement, je dus
instantanément me rendre à l'évidence... le rythme sonore de l'ondée ne pouvait provenir d'un
robinet.
Le propriétaire pissait sur sa chienne afin de marquer son territoire. Le jet, au fur et à mesure qu'il
faiblissait, se promenait sur mon corps. Lorsque juste mon souffle rompait le silence de la pièce, des
mains me firent basculer sur le ventre, j'aurais tenté de me débattre si l'amalgame ne m'avait pas
immobilisée lorsque je perçus sa déchirure. Les mains - vraisemblablement de Madame en raison
des bagues - fouettèrent mes fesses libérées avant de les écarter. La chose me pénétra, glissa au
plus profond de mes entrailles avant de déverser un liquide brûlant qui me fit trouver l'énergie de me
débattre. Mais mon maître veillait sur sa sirène en proie à un tout nouvel abîme salé.
Alors que je pensais ne plus rien pouvoir accepter de plus, mes parois anales sentirent glisser la
chose avant qu'elle ne s'extirpe dans un bruit glauque. Violemment, une poussée re dilata mon trou
afin de l'obstruer d'un énorme plug que j'accueillis avec peine. La torture empira : alors que la
chaleur excitait mes intestins, ils me retournèrent et percèrent le plastique qui menait à ma bouche
asséchée, j'entendis une personne me rejoindre dans la baignoire et distingua son ombre au dessus
de mon visage que je ne pouvais protéger d'une quelconque attaque. Elle se rapprocha jusqu'à se
coller à moi, empêchant ma respiration de procéder normalement, mes narines se figeant entre deux
lèvres charnues, ma bouche flirtant avec des poils agréables à lécher. Lorsque je gémissais trop fort,
Madame levait son postérieur afin de permettre à mes poumons de s'emplir en anticipant sur une
privation plus longue encore. Je tentai d'expulser le liquide mais l'accès de mon cul tenait fermement
mes intestins en joue. Madame traversa a cellophane afin de plonger ses doigts baguées dans ma
chatte. Les commentaires de Nieil collaient à ce que j'imaginais.
Madame me fouillait impudiquement et si puissamment qu'elle parvenait à me faire oublier la
douleur du lavement. J'étais prête à jouir, cessant de lécher Madame, lorsque mes narines se
remplirent d'un liquide chaud et odorant qui, ne se suffisant pas de écoeurer et de m'affoler,
glissa sur mon visage en direction de ma bouche, et, par la voie nasale redescendit au plus profond
de ma gorge. Plus je manifestai mon angoisse, plus le liquide glissait pour finir par m'envahir. Cette
intrusion gâcha le spasme magnifique que m'offrait la combinaison pénétrante des deux orifices de
chienne.
Alors que Nieil me redressait, déchirant ma cagoule, j'ai entamé de me rebeller oralement, mais
quand mes premiers mots naquirent, Madame arracha le plug d'entre mes fesses et provoqua un jet
puissant qui traversa la pièce pour se répandre en un liquide repoussant sur le sol. Je fus si surprise
et soulagée que je me tus, prête à attendre la suite : Madame me fit nettoyer à quatre pattes sa salle
de bains, sous les yeux de Nieil , nue, des pinces aux seins, les poids trainant sur le carrelage couvert
d'eau salé, me faisant ramasser à main nue chaque parcelle solide de mes déchêts...

   La période qui suivit restera sans doute l'une des plus troubles de mon existence. Tout d'abord
parce que pour la seconde fois de ma vie, deux personnes dirigeaient ma vie comme mes parents
l'ont fait de leur vivant. Ensuite parce que le rôle que je tiens pour Nieil et Madame est froid,
calculé, dénué d'amour ou de quelconque manifestation de tendresse. Je suis Emma la Chienne,
point. J'ai pris congé du siège pour la semaine parce que Madame souhaitait m'avoir à son service la
journée... Avec elle, pas de pause : ménage, vaisselle, repas, toilette, habillement, repassage.
Je l'assiste de A à Z, la suivant le regard bas.
Le soir, mon propriétaire passe prendre livraison de sa chienne ou passe la soirée en la compagnie
de Madame, aiguisant ma jalousie tandis que les plus sales besognes me sont réservées.
Durant cette période, Nieil ne m'a plus baisée, ni même embrassée. Je me suis contentée de
quelques caresses dispersées par ci, par là, comme un homme en donne à un animal pour le
contenter. J'avais l'impression que ma vie confiée jusqu'alors - par amour - à Nieil m'échappait
pour ne plus revenir dans des mesures raisonnables.
J'appris de la bouche de Madame que mon maître dînait avec ma soeur un soir où il m'avait confié
à ses soins : liens de cuir et caresses à la brosse métallique. Sans que je sus pourquoi; j'appréhendais
que Nieil fréquente Flore. Alors que j'avais repris mon activité de secrétaire auprès de Nieil et que
Madame m'utilisait certains soirs ; en plein mois de juin, quand la chaleur devient moins
supportable, mon maître et moi partimes en train, de manière précipitée vers la province.
Précipitée pour moi, parce que lui avait tout prévu. C'est délibérément qu'il me fit voyager nue sous
un poncho sud-américain court et troué par endroits. La présence entre mes cuisses de boules de
geishas était préméditée puisque mon unique occupation durant le trajet fut de contracter mon vagin
afin de stopper leur va et vient incessamment vibrant.
Je les perdis en plein hall de la petite gare provinciale, Nieil les ramassa en prenant son temps puis
les réinséra dès mon cul posé sur le sky du taxi qui nous mena jusqu'à une villa perçant la nuit de
ses lumières. Là, dans l'allée et dès le départ de la voiture, Nieil m'a oté le poncho me guidant le
long du chemin brusquement assombri. Nieil tira mon bras pour me signifier l'arrêt, une vive lumière
me chapotta, un spot suspendu me coupa du monde, seul l'ambiance sonore échappait à sa
surpuissance.
Il me sembla distinguer plusieurs voix, alors que je tentais de sortir du halo lumineux pour distinguer
des visages, Madame apparut et me claqua le sein gauche de sa main ferme. Les yeux brillants, j'ai
croisé son regard sévère qui trahissait le sérieux de la réunion. Elle remplaça mes chaussures plates
par d'autres vertigineuses sur lesquelles elle m'aida à me hisser : dix-huit centimètres séparaient mon
talon du sol. Je fis deux pas. Sortit de l'ombre une barre comparable à celle d'un tribunal à laquelle
pendait une lourde chaine brillante que Madame glissa entre mes seins en renfermant le collier en
acier autour d'un cou trop étroit pour lui. Mais le résultat fut le même : je ne pouvais bouger d'une
poignée de centimètre au plus.
Je n'oublierai jamais la voix de mon maitre résonnant dans un micro à l'amplification terrifiante.
Sont-ce ses questions intimes ou son exposé impudique de ma situation face à une assistance
probable qui me glacèrent ?
"- Devant cette assemblée, cette chienne abandonne le droit d'exister en tant que femelle au-dehors
du cadre que son propriétaire lui attribue. Que la gardienne procède à l'office."
Madame revint vers moi, les mains dans le dos, sourire aux lèvres qui me donnèrent mon dernier
choix livré au libre arbitre.
"- Tu peux ne pas sauter l'obstacle dont tu ignores tout et perdre ce qui t'étais destiné : le service de
celui que tu adules et pour lequel tu es l'esclave parmi les esclaves."
Son discours programmé m'importe peu encore aujourd'hui. Je ne pensais pas à Nieil mais à mes
désirs et surtout les besoins qu'il avait fait naître.
Etre dominée n'était plus naturel mais vital et j'eus une succession d'images me rappelant que Nieil
avait été jusqu'alors un maitre sachant me protéger des gestes déplacés de voyeurs trop
entreprenants ou de situations pour lesquelles je pensais être prête.
Mon silence répondit à Madame qui s'agenouilla devant moi.
"- Qu'elle soit ceinte de mon emprise perpétuelle" lança mon propriétaire à l'attention des mains
désormais visibles.
Du cuir étonnamment rigide creusa ma taille, le clac métallique retentit, la naissance de mes
hanches fut mordue avec sévérité. Je sentis une autre lanière flirter avec mes lèvres un court instant,
la tête chevelue m'empêchait d'apercevoir la source de ce bruit intriguant que suivit l'insinuation
entre mes cuisses d'un objet volumineux. Je suis fière d'avoir compris mon sort avant l'heure
fatidique et ne pris peur en sentant mon anus céder sous un assaut doublant l'occupation de mes
orifices. Passée dans mon dos, Madame ne m'empêcha pas de caresser du bout des doigts le cuir
humide qui s'étendait sur mon sexe au point de le recouvrir réellement. Ma sensibilité tactile
distingua le rétrécissement de cette bande me privant de mon intimité ; resserrement lui permettant
d'exister entre mes globes fessiers sans les séparer exagérément.
En sa conclusion, le cadenas de nos débuts se trouvait remplacé par un fermoir à la facture agréable
au toucher sur lequel je distinguais des lettres en relief. La gorge sèche, les orifices enflammés, je
me délectai des paroles du Maître.
"- Cette ceinture de chasteté adaptée à tes mesures est le symbole de ta dépendance totale : sans ma
volonté, tu te tordras de douleur lorsque tes excréments tortureront tes intestins ; rougiras de honte
lorsque les inconnus, tes connaissances ou tes proches découvriront l'existence de cette parure ; tu
me seras à jamais fidèle et n'osera imaginer de rejoindre un autre sans que celui-ci te rachete en
guise de dédommagement. Admets que le sort que je te réserve te plait"
Mes yeux s'assombrirent de plaisir. "Répète le plus fort pour que tous et toutes t'entendent..."
Ma vue s'obstrua par l'action de Madame et de son bandeau qu'elle m'avait souvent promis. Sa
voix ferme me commanda de passer à la position adéquate : les genoux en contact avec le ciment
froid. Je sentis une présence, la chaine vibra lorsque quelqu'un l'enjamba afin d'engouffrer sa queue
au tréfond de ma gorge.
Je crus qu'il s'agissait de Nieil mais ne reconnut ni son odeur, ni sa grosseur et encore moins son
gout. Le second... le troisième... le quatrième... le neuvième... aucun sexe ne me satisfaisait mais
le jeu continuait. Haletante, défigurée de foutre, j'aurais souhaitée les prier d'arrêter si le rythme
n'avait pas été soutenu. À peine la bite extraite, une nouvelle me violait afin de jouir de ma langue
engourdie et douloureuse. En pleine nuit et sur le chemin du retour, Nieil m'a avoué la présence
d'un caméscope au sein de l'assemblée insatiable malgré tout soulagée...
Fourbue, j'appréciai peu qu'il plaisante sur l'éventualité que cette k7 soit montrée par
erreur à Flore dont j'ignore l'étendu de leur relation. Mais suis-je encore en position de souligner ce
qui me plait moins dans nos jeux ?
Si je suis ceinte par cet accessoire outrageant, il existe forcément une raison: mâter le moindre esprit
de rebellion ou accentuer plus encore ma soumission ?

Auteur:Inconnu