EMMA 2

Chapitre 2

   C'est à deux heures du matin que nous sommes arrivés. Flore dormait et nous avons attendu un
moment avant que la sonnette ne l'extirpe de sa torpeur. Calme, Nieil prétexta un problème de
planning pour s'excuser et se présenta de lui-même comme étant mon ami. Ma soeur me dit que je
faisais bien des manières vestimentaires pour venir chez elle et Nieil conclu fermement que c'était
normal, que j'avais changé à son contact. La maison de nos grands-parents n'a pas changé et Flore
l'a correctement rénové. Elle nous a logé dans le grenier où je jouais enfant. Nieil y monta seul sa
lourde valise et remercia ma soeur pour son accueil. Après nous avoir souhaité bonne nuit, elle m'a
laissée à mon sort.
" - Rappelle-moi ce que vous avez prévu de faire demain matin ?" lança Nieil doucement.
" - D'aller à la piscine pourquoi ?" lui répondis-je sans prendre la peine de le regarder.
I me répondit en me retournant et en plaquant sur mes lèvres rouges un large ruban adhésif. Je fus
pétrifiée, Nieil ne m'avait pas habituée à deux nouveautés consécutives et rapprochées. Il me fit
ôter veste, jupe et chemisier sans dire mot supplémentaire. Comme toujours, je dus plier mes effets
avec soin et me présenter devant lui à ses ordres. À partir de ce moment, je ne contrôlai plus rien,
mon rythme cardiaque s'accéléra en même temps que celui des événements.
Il me saisit par le coude et m'emmena sous une des quatre poutres qui constituent la charpente
principale de la maison. Il menotta mon poignet gauche et monta sur un tabouret. J'ai cru qu'il allait
m'arracher le bras gauche puis le droit mais le résultat fut là : les menottes contournaient le bois et
de leur fermeture mordante et douloureuse contraignaient mes pieds à ne toucher le sol que de
l'extrémité du gros orteil. J'entamai de gémir mais Nieil me rappela justement que Flore n'était pas
loin et qu'elle possédait le double de la clef qu'il arborait sous mon nez.
" - Tu dois apprendre ce qu'est la douleur".
Trop nouveau, trop dure, j'aurais craqué si Nieil ne me tenait pas aussi bien entre ses griffes de
prédateur. Il sortit de sa valise ce que je redoute maintenant et ce dont je serai à jamais effrayée :
manche en cuir rigide surplombé d'une interminable badine flexible. Sa longueur justifiait le choix de
cette gigantesque valise et le visage de Nieil trahissait la préméditation. Il me fit détailler du regard
l'objet, me faisant oublier la douleur de l'étirement de mes membres. Le bout rond s'insinua le long
de ma bouche, près des yeux larmoyants, entama de pénétrer mon nez et mes oreilles puis descendit
vers mon nombril.
Il le fit tourner quelques secondes me tordant de peur et de rage. J'attendais de savoir si elle me
mordrait. Le cuir longea mes hanches, ma taille et s'arrêta au milieu du dos. Je sentis une pression, il
appuyait sur la badine pour me faire vaciller. Mes orteils ne parvenaient pas à stopper le mouvement
consécutif. Il baissa mon slip et glissa la badine entre mes cuisses que je ne parvenais pas à
maintenir closes. Le cuir me caressait, je ne pouvais qu'agréer à ce délice et pourtant ne cesser de
redouter le pire. En laissant le slip à mi-cuisses, Nieil réapparut dans mon champ visuel et dégrafa
une nouvelle fois mon soutien-gorge. La badine vint se loger entre mes globes puis l'extrémité
arrondie titilla les mamelons puis les tétons. L'image que reflétait la grande armoire à miroir de
l'autre côté de la pièce me donnait l'impression d'être une esclave du moyen-âge. Nieil glissa la
cravache entre mes bras et ma gorge puis alla chercher mes "chausses de chienne" avant de les
disposer à mes pieds. Il reprit sa badine, s'assit sur le tabouret et me dicta de les enfiler.
- Si tu réussis, la nuit te sera moins dure".
L'éventualité de passer la nuit ainsi me fit paniquer et les talons tombaient sans cesse sur leur flan.
Mon maître les relevait de sa badine et m'encourageait, me regardant soulever mes jambes qui me
semblaient peser une tonne. Lorsque je réussis pour la première, il vint me fixer la lanière autour de
la cheville et se rassit attendant la suite du spectacle. En prenant appui sur le talon, je parvins plus
facilement et arriva à me ferrer de mes sabots que Nieil acheva d'atteler. La traction sur les bras
étaient moindre mais existait et le frottement des mains sur le bois m'irritait. Nieil se moquait
gentiment de moi puis alla chercher dans mon sac mon maillot de bain. Je dûs me dandiner, me
trémousser, me remuer pour que mon slip tombe seul à terre. Le spectacle l'avait amusé alors
qu'il m'avait essoufflée. Nieil fis glisser le maillot du bas vers le haut, je sentis mon sexe enserré dans
cette matière particulière et sous-estimée en taille - j'ai grossi en deux ans - ; ma poitrine fut
protégée puis maintenue dès que les deux parties furent réunies derrière ma nuque. Nieil ajusta le
maillot qui n'en avait pas vraiment besoin et me fit remarquer que l'on voyait bien mon sexe se
dessiner à travers, et que si de mes fesses et de mes seins rien n'était dévoilé, mon dos demeurait
désespérément nu. Sa main caressa sur la longueur ma colonne vertébrale, je le vis reculer de
quelques pas dans le miroir puis brandir la badine. J'ai fermé les yeux, prié, bloqué ma respiration
mais rien ne pouvait me préparer à ce que je reçus. C'est comme une décharge électrique, une
morsure, une coupure, une griffure. Tout à la fois. J'ai crié mais le ruban filtra plus de la moitié du
volume sonore.
" - Ce n'est pas une punition mais un honneur. Je te mets à l'épreuve. J'ai frappé là où ça se voit le
plus. Demain, tu seras interrogée pour cette marque. Et tu devras être inventive. Ne pleurniche pas
ou tu en auras d'autres. Relève la tête et regarde-moi fièrement. Maintenant, je vais te détacher."
Sans la traction des menottes, je chuta à terre, comme anhilée. Je me remis à genoux sur ses ordres,
sous la caresse de sa main sur mon chignon. Il m'aida à ôter le soutien-gorge et je sentis la douleur
des muscles en bougeant mes bras, je fus prise d'effroi en voyant le contour de mes poignets
marqués d'une empreinte rouge et profonde. Il m'enleva doucement l'adhésif et répéta
" - Ces marques là aussi étaient prévues mon amour. C'est un nouveau défi pour ma chienne
obéissante." J'ignore encore pourquoi ces paroles provoquent chez moi une telle excitation et un tel
sentiment de bien-être. Mais ce soir là, je marchais toujours à la baguette et, quand il me demanda
d'ôter le maillot et de me mettre à quatre pattes, j'obéis sans broncher.
" - Tu es une chienne radio-commandée" dit-il en me plantant dans le cul le manche de sa cravache.
Le reflet ne trompait pas. J'étais comme un jouet, comme une voiture électrique avec l'antenne sur
le toit sauf que la mienne était en cuir et sortait de mes fesses. Il s'assit sur le lit et me guida de sa
voix. À gauche, à droite, en avant, en arrière. Si la cravache était tombée, j'aurais pris un coup. Elle
ne chuta pas et lorsque mon maître me fit avancer jusqu'entre ses cuisses, j'accueillis son sexe la
bouche grande ouverte, comblée d'être une chienne à quatre pattes.

   Nieil me fit l'amour pendant que Flore attendait que je me change pour me rendre à la piscine.
Sauvagement, il fit de mon entrejambe un espace visqueux et provoqua sur mon maillot quelques
tâches bien disposées. Un oeil rapide me renseigna sur l'essentiel : mon dos arborait sur sa largeur
une ligne droite boursouflée tandis que mes poignets intriguaient. Les premiers regards lourds de ma
soeur naquirent sous la douche précédent l'entrée dans le bassin. Je parvenais à lui masquer mon
dos mais difficilement mes mains. Le chlore de l'eau brûla mon emblème dorsale durant les
premiers instants mais j'oubliai rapidement grâce au plaisir de la nageÂ… même si de voir sous l'onde
mes poignets me procurait d'étranges sensations. À la grande déception de Nieil, Flore ne manifesta
qu'une curiosité non-verbale. Après un déjeuner où il se mit encore en valeur vis-à-vis d'elle, il
exigea mon rapport et s'en ombragea.
" - Je veux que ton humiliation soit totale et sans doute possible. Si tu n'es pas soumise à ses yeux,
tu ne pourras supporter de l'être aux yeux d'autres personnes."
Il ne dit rien de plus mais je compris en fin d'après-midi son changement de tactique. Nous étions
chez une amie commune à ma soeur et moi-même lorsqu'il me déstabilisa réellement. Virginie
parlait de son régime post-maternité quand il s'immisça dans la conversation :
" - Emma va se mettre au régime également. Elle est trop grasse."
Ce terme animal, chacune d'entre nous le releva d'autant plus que j'avais eu la maladresse
d'entamer une phrase d'étonnement.
" - Prétendrais-tu le contraire ?"
Je répondis négativement. Flore me sécurisait, me rassurait, je n'avais rien en trop. Nieil me piégea à
cet instant précis, en lançant sur l'interrogative une invitation à montrer mon ventre. Je ne voulus
pas mais il précisa que je n'avais rien à cacher. Son ton rieur dissimulait à peine sa décision
irrévocable. Assise, je déboutonnai donc le chemisier et esquissa mon nombril un court instant.
" - Mieux que ça."
Il ne plaisantait plus. Je me suis levée et ai dévoilé aux deux témoins ma taille creusée par le noir du
porte-jarretelles montant. Nieil fit une moue dubitative et devant les commentaires réconfortants de
Flore et Virginie m'assassina.
" - Elle devrait porter une gaineÂ… ou un corset."
Long silence, en particulier du Flore qui mit un moment à se remettre de ce qu'elle avait entendue.
Un ton autoritaire, un corset, des marquesÂ… Nieil m'avoua à la fin du week-end que le doute ne
pouvait plus qu'exister délicieusement dans son esprit. Je ne subis plus de misères jusqu'au
lendemain matin. Transportée par l'amour qu'il m'avait distillé la veille au soir, je remarquai malgré
tout que Nieil n'avait emporté aucune tenue de rechange m'étant destinée. À son réveil, après lui
avoir servi le petit-déjeuner au lit comme il me l'exigea malgré la présence - comme par hasard - de
Flore dans la cuisine, il me dit que je n'avais nul besoin de modifier ma tenue, parfaite pour ma
condition : chemisier défraîchi, bas filé, slip souillé et tâché. Une odeur de sueur et de sexe me
suivait comme mon ombre et flattait les narines de mon maître. Nieil vint m'espionner dans la salle
de bain et vérifia que le seul objet utilisée fut ma brosse à dents. J'étais interdite de toilette,
abandonnant progressivement un peu plus de dignité. Nieil embrassa la pointe de mes seins sur
lesquels mon maître avait répandu son foutre savamment étalé par mes soins sous son oeil zélé.

" - Il est gonflé ton mec de ne pas déjeuner avec nousÂ…"
Je ne savais quoi répondre à la deuxième remarque
"J'ai l'impression que ça te plaît d'être sa bonniche !".
Flore ne me reconnaît plus et c'est normal. Elle ne peut comprendre qu'il m'est plaisant et
indispensable de lui obéir. Comme lorsqu'elle se lavait et que Nieil par cruauté m'a contrainte à me
branler sur son lit alors qu'elle n'avait même pas fermé la porte de la salle de bains attenante. Que
d'un doigt, il me demandait de prendre le slip sale qui traînait sur la moquette pour la porter à
ma langue. J'ai léché son fond de culotte pour lui. Et aujourd'hui lundi, je ne regrette rien.

Nieil s'amuse avec mon corps et mon esprit alors que mon coeur est haletant de désir. Je brûle de
connaître de nouvelles choses.

   Depuis quelques semaines, il semble moins attentif même si ma fonction professionnelle m'a
rapprochée de son bureau. Ma penderie déborde de tenues sensuelles, vulgaires ou contraignantes
que mon propriétaire m'a interdit d'essayer au prix d'une cuisante séance de badine. Je suis allée
chez le coiffeur et attend son retour. Mon chignon s'entend rouge vif dorénavant et je me plais
assez ainsi.
Alors que l'été approche, Nieil m'a décoiffée : est décrété que pour accompagner ma chevelure,
mon maître a teint mon pubis d'une couleur sanguine à l'effet remarquable. Je n'ai rien vu
puisqu'un bas couvrait mes yeux ; Nieil m'a assurée que la sensation de me sentir manipulée me
ravirait. Il me connaît parfaitement. Nieil m'a également prévenue que je tomberai "amoureuse" de
la sensation produite par le rasoir lorsque l'on n'en voit pas le tracé. Puisque menottée bras vers le
ciel à la tringle du rideau de douche, mon propriétaire a éradiqué les poils disgracieux qu'il m'avait
commandé de laisser pousser sur mes aisselles lors de ma période "négligée". Le retour au
niveau de mon sexe fut plus long, plus angoissant, j'ai senti sa main pousser une cuisse, puis l'autre
et enfin les maintenir. Le rasoir m'a redonné un aspect de jeune fille que j'ai découvert avec
émotion dans la grande glace en pied du salon. Vision pré-pubère qui tranche avec la touffe rouge
qui trône au dessus de ma fente impudique. " - Une vraie chatte d'esclave : lisse et vulgaire".

   Depuis avant-hier, Nieil s'excite en me faisant exhiber ma chatte. Toutes les occasions sont
bonnes et pour la peine, je suis interdite du port de culotte. Il soulève ma jupe dans les ascenceurs
lorsque nous sommes seuls et arrivons à l'étage pour ne la relâcher qu'à l'ouverture des portes, il
me fait relever ma robe au restaurant, au cinéma, partout. Partout, je dois décroiser les jambes sur
son ordre et guider ses mains qui m'indiquent le degré d'ouverture. Cet après-midi, j'ai stationné
pendant dix minutes en haut d'un escalier en colimaçon dans le centre commercial près du bureau. Il
est revenu avec un maillot de bain une pièce de couleur blanche, d'une matière tellement fine que
l'on devine la peau à travers. Et dans mon cas, Nieil m'a promis qu'après la baignade, sa chienne
exhiberait sans rien pouvoir y faire ses poils rougesÂ… En attendant, mon propriétaire m'expédie
chez ma gynécologue pour une visite de contrôle et d'exhibition.

   Le docteur me suit depuis des années. Elle m'a demandée amusée si c'était une mode de se
"bichonner" ainsi. J'ai répondu comme Nieil l'aurait voulu : que je l'avais fait parce que mon ami
aimait ça. Il m'a félicité mais a regretté l'absence du terme approprié : "maître".
" -Bientôt, tu n'auras plus à le dire. Les personnes concernées le sauront."
Enigmatique.

La fin de semaine est le moment des expérimentations : j'essaie de taper ces lignes en accueillant
entre mes fesses un gode que je porte depuis une heure. Je devrais dire ce soir à Nieil parti pour
affaire si j'apprécie et souhaite poursuivre.
" - Tu es au seuil d'une étape que tu devras franchir si tu veux accomplir nos rêvesÂ…"
Deux heures plus tard, je me sens mal et n'ose plus bouger tant chaque pas est douloureux.
J'ai demandé des précisions et Nieil s'est offusqué. Je suis punie. Ma punition est définitive tant que
je ne lui referai pas confiance : je suis rentrée dans mon appartement qui me parait vide, sans jouet,
sans tenue de chienne, sans ma vie. Je ressens comme un vide au sein de mon trou béant de
soumission. Je n'avais jamais connu une telle sensation. J'ai déjà envie de retourner le voir. Mais je
suis prévenue, si j'y retourne, c'est corps et âme.

Dès que je l'ai croisé à la cantine, j'ai craqué et l'ai abordé en m'excusant.
" - Dans mon bureau à 14 heures" et il alla rejoindre ses compagnons dirigeants. L'atmosphère de la
pièce était étouffante, Nieil me faisait patienter depuis un court instant lorsqu'il raccrocha
son téléphone.
" - Tu veux encore être ma descente de lit ?"
Ma tête accusa la réponse affirmative d'un air sévère.
" - Parfait."
Je reçus l'ordre de me déshabiller. J'avais perdu l'habitude de pratiquer cet exercice en ce lieu où
l'impression est donnée d'être plongés au milieu d'un univers professionnel. Mais personne ne me
vit attendre le visage droit, décidé, presque fier.
" - Mets ça" lança-t-il en me présentant l'objet jusqu'alors dissimulé. J'enfilai le body sans attendre,
découvrant la sensation d'être enveloppée par une pellicule agile de latex se moulant à chaque côte
du torse, au moindre pli de chair ; emprisonnant, écrasant, comprimant mes seins. Niel me
bascula sur l'accoudoir en cuir du canapé et m'introduisit un objet.
" - Avec ça dans le cul, tu seras ouverte en permanence."
L'anus picket ne me produisit aucune douleur puis qu'épargnant mes parois les plus intimes mais
augmenta mon trouble de ne plus pouvoir contrôler mon orifice anal. Le maître embrassa la chatte
de son esclave avant de refermer le body "comme une couche-culotte" de l'avant vers l'arrière; la
lanière à la forme étudiée épousa mon entrejambe puis s'infiltra entre mes fesses, condamnant
l'accès à leur trésor. Nieil étira le morceau de latex et provoqua une nouvelle pression sur l'anus
picket ainsi qu'un écartement plus prononcé des globes fessiers, sa main se posa alors sur mes reins,
un "clic" retentit. Je portai mes mains à cet endroit moins accessible et devina au toucher une sorte
de mécanisme semblable au fermoir de certains sacs à mains : pièce métallique fendue qui s'empale
sur une autre droiteÂ… percée pour recevoir un cadenas dont Nieil me tendait désormais la clef. " -
Tu m'appartiens un peu plus chaque jour. Tu vas apprendre à vivre avec les contraintes que je
t'imposerai jour et nuit. Je contrôlais ton corps, tes désirs, des parcelles d'existence. Je prends en
main ton organisme, ta jouissance, ta vie. Fini les branlettes dans le dos de ta frangine, terminé ta
semi-liberté, perdu la possibilité de te rendre aux toilettes sans m'en informer. Désormais, tu devras
demander la clef et me la ramener. Comprends-tu tout ce que cela implique ?"

   Je l'appris petit à petit. Les premières demandes furent injustes envers le cadeau que m'avait
donné mon maître. Mon ton n'était plus celui d'une servante mais d'une femme à l'orgueil blessé.
Mes premières heures dans ce carcan ressemblèrent à l'enfer. La sensation tout d'abord : j'avais
chaud et me sentais oppressée puis l'apparition de la sueur qui augmenta ma gêne et le discret
bruissement provoqué par le latex en mouvement. Son odeur forte m'accommodait puis ce fut la
mienne qui risquait d'intriguer les autres n'ayant pas remarqué mon changement d'allure. Je me
tenais mal, courbée, mon profil mammaire se trouvait chamboulé et mon pull dissimulait à
peine la naissance du col de ce body si inconfortable. Puis je m'habituai, l'appréciait presque sauf
lorsque de m'asseoir sur une chaise me rappelait la présence d'un carré métallique au creux de mon
dos. Mes sphincters se contractaient sans cesse sous le travail - délicat - de l'anus picket. Le
moment redouté ne put pas être plus reculé. En rentrant dans son bureau, je vis la clef trôner sur
son bureau, à la portée de tous, d'une main pilleuse, de chaque regard intrigué. Il me fit
recommencer cinq fois ma phrase pour me laisser partir avec ce morceau de fer. La situation de la
fermeture m'obligea à me contorsionner dans la petite cabine d'une propreté irréprochable. J'eus
pour réflexe de toucher le sexe dont il m'interdisait l'accès. Je caressai ma fente avec douceur, mes
derniers poils avec amour et ôta avec soulagement l'objet de mon cul. Le relâchement fut total avant
de prendre conscience que remettre le body était une sinécure : je ne parvins pas à tendre la lanière
souple, la maintenir et la verrouiller. J'eus beau me frotter contre le mur qui ne m'aida guère, je
parcourus la distance des toilettes à son bureau, le body dégrafé sous une jupe à peine trop longue,
le cadenas dans la main droite, l'anus picket dans la gauche. Quand il me vit revenir, il sourit, certain
de son larcin. " - Tu n'as pas trouvé comment le mettre seule. Je te laisserai chercher les prochaines
fois. Approche." Avant de clore ma couche de chasteté, son doigt examina la propreté des lieux et sa
voix m'encouragea à mieux m'essuyer. Lors de son passage rapide, son index pénétra
immédiatement en longeant le sillon conduisant à l'orifice de nouveau affublé de son ami élargissant.
" - Tu t'ouvres comme une chienne" conclua-t-il sournoisement.

   Après une semaine de ce régime humiliant, mon intégrité physique et morale en a pris un sacré
coup : je vais chercher ma clef, la ramène et me soumet à l'examen pré-carcéral sans un mot, un
bruit. Pourtant chaque matin est une nouvelle découverte, je ne me lasse ni de ces jeux, ni des
contraintes qu'il m'alloue. Sept jours paraissent une éternité lorsqu'une partie de votre anatomie ne
vous appartient plus.
Depuis sept nuit, cette prison latexée ne me quitte pas et emprisonne une odeur forte jusqu'à jamais
atteinte. Nieil me lave chaque début de soirée sans me défaire le body et me laisse sécher en le
servant, en me baisant ou en dormant. L'effluve se remarque et je baisse les yeux lorsque ma
voisine ou mon interlocuteur semble s'en apercevoir. Le marché pour regagner le droit de ne pas
puer est simple : Nieil attend que j'accepte d'effectuer mes besoins devant lui, sur le trône de
camping qu'il m'a réservé au fond du placard de sa salle de bains personnelle.
" - Tu ne vas quand même pas utiliser les mêmes toilettes que ton maître ? Ici, je suis dans mon
bureau, voici ma cuvette, voilà la tienne."

Je ne peux m'empêcher de sourire au ridicule de ma situation. Maîtrisée comme une forcenée, je me
laisse dirigée et baisée par plaisir et désir. Telle une gamine inconsciente, je pose mes fesses au
dessus d'un gogue de seconde zone sous le regard maintenant blasé de mon propriétaire qui me
contraint à vider le contenu du siège lorsque tout le monde est parti et que cela s'avère nécessaire.

   Nieil s'est mis à me photographier tout récemment. Il immortalise tout ce que je fais à la
perfection maintenant : exhibition, masturbation, humiliation, punition, déjection. Je suis seule ce
week-end et mon maître a prévu de ne pas me laisser sans devoirs. Je n'ai pas envie de
tricher puisque j'aime tant ce que je pratique. Pour recouvrir le plug de petite taille qui a remplacé le
dépassé anus picket, Nieil m'a offert un body en vinyle qui s'enfile par le cul. Les larges bretelles
arrondies renforcent l'aspect pigeonnant de la corbeille qui dissimule de mes seins le strict minimum.
Je ne dois l'enlever que pour pisser, chier et me laver et non me caresser. Ce samedi m'aurait paru
interminable sans la visite de Karine, une copine que je n'appelle plus beaucoupÂ… et pour cause
puisque Nieil sélectionne mes relations : lui et lui, rien que lui.
Conforme à sa volonté, j'ai ouvert la porte à cette visite inopinée perchée sur mes aiguilles aussi
brillantes que la matière résolument sexe de ma combinaison. Puisque je ne m'habillais pas malgré
sa présence depuis plusieurs minutes, Karine me proposa de le faire pour "sortir un peu". Elle me
trouva changée mais n'osa me questionner sur la raison de cette tenue et en particulier de ces
chaussures qui marquaient le pavé du rythme de nos pas. Depuis que Niel a pris en main mon look,
les mecs me sifflent en me croisant: talons, jambes nues mais luisantes d'huile du matin, jupe et
manteau courts sur body apparent font mauvaise impression dans la rue.
Car si pour me rendre au siège social, Nieil m'impose encore malgré moi une tenue stricte, ma tenue
de chienne d'intérieure est dorénavant d'extérieure également. Avant que le film ne commence,
Karine lança un laconique "tu as bien changé" puis ne dit mot de la soirée, regrettant sans doute mon
sens du spectacle.

   Fière et amusée, j'ai raconté l'anecdote à Nieil qui m'a félicité d'une caresse vaginale avant de me
renfermer dans un body dont il garde la clef et dont la matière me change.
" - Le cuir te va bien chienne." ponctua-t-il en déposant à la base de ma nuque le cadenas qui
m'empêche de lui échapper.
" - Il est caché mais visible, méfie-toi". Body de cuir noir, mini-jupe et veste courte blanches,
escarpins plats assortis, j'ai eu l'autorisation de défaire mon chignon afin que ma chevelure
désormais assez longue puisse dissimuler le cadenas lorsque j'aurais pour mission de défaire ma
veste superflue en cette saison et montrer la grâce de mes bras nus. Ma poitrine moulée par
le cuir attire les regards et la fermeture éclair qui parcoure ma moelle épinière retient l'attention de
tous et toutes qui se perdent parmi les mèches rouges.
À l'heure du déjeuner, Nieil m'a entraînée à la piscine du club dont il est membre. Au milieu de la
cabine exiguë, il m'a regardé troquer mon body en cuir pour le maillot de bain dont il me réservait
l'usage pour ce jour. C'est une deuxième peau, si bien que j'étais gênée de croiser quiconque qui
puisse me jauger d'un oeil rapide : gros seins, fesses à moitié nues et pubis net beaucoup trop
dévoilé à mon goût. J'ai nagé pour la première fois avec un plug en moi : le mouvement des jambes
entraînent des sensations intéressantes. En émergeant puis en longeant le bassin, j'ai senti son regard
se poser sur mon sexe, je l'ai regardé timide avant de joindre mes yeux aux siens : l'eau avait percé
l'opacité de l'étoffe au point de tout révéler. La teinte rosée de mes mamelons explosait sur la
blancheur du linge alors que le spectacle d'une zone rouge au dessus de ma fente bombée devint
obscène ; je voulus rejoindre les vestiaires mais Nieil m'ordonna de m'allonger à ses côtés. Lorsque
le côté mammaire fut bien exhibée, il me demanda de me placer sur le ventre et attendit la fin de ce
que je croyais repos pour m'annoncer qu'un quinquagénaire admirait la silhouette que dessinait la
base du plug.
" - Ne te raidis pas, allonge bien les jambes, écarte les un peu (...) C'est bien (...) Tire sur ton
maillot, enfonce le mieux entre tes fesses (...) Ne bouge plus !"

   Le verdict de la première année se dessine : Nieil a métamorphosé la secrétaire volage en une
expérience scientifique. Mêmes causes, mêmes effets. Mêmes ordres, même obéissance : en neuf
mois, j'ai abandonné mon style vestimentaire pour une allure plus sensuelle et provocante, mes
relations avec l'extérieur se sont résumées à mon maître et mon corps ne m'appartient plus qu'à
moitié depuis trois mois. Comble, pour avoir délaissé ce carnet pendant quelques semaines, Nieil
m'en a privé un mois me faisant subir tout ce qu'il m'avait déjà infligé. Ligne par ligne, le
programme fut respecté et corsé : pour m'enlever l'envie de recommencer, mon maître me prive de
ce qu'il a jugé trop important, l'apport du sexe. La surveillance qu'il exerce s'est resserrée au point
de me suivre aux toilettes, de me laver plutôt que de me laisser faire et de m'empêcher tout rapport
sexuel et masturbatoire. Je suis sevrée jusqu'à Noël. 28 jours de supplice pour une chienne qui avait
l'habitude de se faire défoncer chaque jour. La seule dilatation qui m'est permise est celle du plug
anal. Son port permanent entraîne régulièrement un changement de taille au point de devenir
réellement plus humiliant qu'excitant lorsqu'il s'agit de palper l'objet de mes doigts fébriles. Encore
cinq jour de ce régime...

Auteur:Inconnu