Bénédicte 4

- À TOI, À MOI

J'avais massacré sa coiffure en libérant sa bouche du ruban adhésif. Ana m'en voulait à mort si bien qu'elle décida de se venger en me mettant au défi de me raser le pubis devant elle. Je reconnais que j'ai éprouvé de la gêne à couper mes poils devant elle, debout près du lavabo tandis que j'écartais les cuisses, assise sur le bidet. C'est vrai que d'être obligée de demander son aide pour raser les poils les plus reculés était humiliant. Mais j'ai obtenu une victoire en conservant une touffe de poils au-dessus de mes lèvres. Un triangle que je taille encore assez souvent afin de maintenir l'esthétisme des lèvres lisses et des poils blonds.

J'avais le droit de lui demander quelque chose. J'ai insisté pour qu'elle fasse de même et je me suis régalé du spectacle. D'abord, je ne l'ai pas autorisée à s'asseoir. Elle s'est rasée dans la baignoire, debout, les jambes écartées ou l'une appuyée sur le rebord. Ensuite, elle avait presque fini lorsque je lui ai ordonné de supprimer les poils patiemment taillés. Résultat ? Ana ressemblait à une petite fille très agréable à lécher.

C'est d'ailleurs une des satisfactions de cette étrange passe d'armes. Nos jeux de langues sont devenus bien plus agréables à partir de ce jour. Et que dire du bonheur visuel de voir godes et doigts glisser entre les chairs visibles et exposées.

Les jours qui ont suivi, Ana allait au lycée simplement vêtue de jupes à peine trop courtes pour dévoiler son entrejambe d'allumeuse à tous les mecs qui croisaient la diagonale du fou. Le jeu l'a beaucoup excitée jusqu'au jour où elle s'est aperçue que des rumeurs couraient.

Pour se venger, elle s'est servi d'un stratagème très élaboré. Sous prétexte d'essayer un jeu plus corsé, Ana m'a convaincue d'étrenner la paire de menottes achetée par correspondance. Mais plutôt que de les essayer dans le lit, elle m'a entraînée aux toilettes et s'est servie des étagères fixées au mur pour m'attacher bras tendus, les mains vers le plafond. Le métal me troublait : j'étais très excitée par la pression qu'exerçait les menottes sur mes poignets alors qu'Ana profitait de la situation. J'étais debout, les jambes de part en part du trône, sans réel moyen de me défiler. Elle a tout d'abord commencé par dégrafer mon body pour accéder à mon sexe. Elle ne résista pas à l'envie de le lécher mais ensuite, plutôt que d'accepter de me détacher pour que je lui rende ses baisers intimes, elle m'a abandonnée. Pas longtemps.

Quand elle est revenue, son visage affichait un sourire de vengeance.

Lorsqu'elle l'eut accomplie, la touffe de poils qui trônait sur mes lèvres rasées n'avait pas disparu, loin de là : elle arborait une couleur incandescente, un rouge vif vraiment vulgaire. Ana s'était vengée de l'épilation intégrale que je lui avais infligée. Prenant tout son temps, elle avait traité mes poils pubiens au moyen d'une teinture rouge dont je ne compris l'effet qu'après m'être vue dans un miroir. Laissée une bonne heure aux toilettes à méditer sur ce que j'allais devoir vivre, elle me libéra au prix d'une promesse : je devais garder ces poils, ne les raser sous aucun prétexte sous peine de me réveiller un matin avec ma longue chevelure massacrée durant la nuit.

C'est à partir de ce moment qu'Ana a pris le dessus sur moi. Elle me tenait par la crainte et m'imposait sa volonté en permanence. "Ce n'est qu'un début" répétait-elle sans cesse.

Auteur:Inconnu