QUO. et son Maître : Le fouet
Vous aimerez me fouetter et me marquer?
C´est un après-midi, il lui a donné rendez-vous dans un bar... une terrasse au soleil ... un soleil dans un parc ... l´objet de ses pensées au soleil dans un bar sur une terrasse dans un parc.....
-Assied-toi Quo. ... tu sais jouer au yams? ..... voyons si tu peux gagner contre ton Maître, mais si tu perds ...tu en paieras le prix .......
..Elle a perdu ...
Ils rentrent chez lui quelque part dans la ville .
Elle est à lui, consentante, depuis quelques temps déjà. Il a secoué, tracé, repoussé des limites, il expérimente. Elle lui souffle les idées quelquefois.
Ils entrent donc. Elle dépose son manteau dans l´entrée. Sur le point de pénétrer la salle il suspend son geste et lui dit avec un regard appuyé :
-"Déshabille-toi ici complètement puis va dans la chambre......
C´est un ton, une intonation, une implication qu´elle reconnaît déjà, et son cœur bondit soudain.
Elle se dévêt alors et se dirige vers la chambre. Non pas tout à fait déshabillée, elle a gardé ses chaussures à talons hauts, qui lui confèrent en étant nue une démarche un peu incongrue.
Elle voit tout de suite sur le lit blanc immaculé des objets dont deux font cicatrice. Des écharpes de soie blanche, une rose rouge, une cravache. Sa respiration s´emballe et elle ne sait si déjà plus d´appréhension ou d´impatience.
Il est debout derrière et contre elle. D´une voix très douce, dans son cou il lui murmure:
-Tu aimes? Tu veux?
-Vous aimerez me fouetter et me marquer?
-J´aime ça et je le veux , mais je veux que tu en ais envie!
-Oui je le désire!
Comme elle est étrange cette frontière où le plaisir de l´un ne naît que dans l´existence du désir de l´autre, quelle contradiction magnifique. Quel équilibre précaire "j´aime si tu aimes et tu aimes si j´aime".
Alors les lèvres dans sa nuque les mains tendrement croisées sur son ventre, il lui souffle encore doucement:
-Prends la cravache caresse-toi langoureusement, c´est ton amante. Tente-moi, promène-la sur ton corps, excite-moi, mais ensuite je te fouetterai. ..... Chaque centimètre de ta peau que tu caresseras sera fouetté..... chaque endroit que tu toucheras sera marqué. Dans un souffle elle lui répond:
-Oui,
Elle s´éloigne de lui pendant qu´il s´appuie sur un tabouret de bar, ce qui lui donne une vue plongeante sur la couche ou elle prend l´instrument de sa douleur, de son plaisir. Sensuellement, fièrement, ses yeux dans les siens , elle promène la cravache sur sa bouche, elle sait qu´il n´effleurera pas ce visage. Elle lèche le cuir qui lui mordra la chair, provocante comme si c´était son sexe qu´elle avait en bouche et elle voit dans ses yeux qu´elle l´excite, qu´il goûte le jeu, alors elle s´allonge. Elle a envie d´aller très loin dans la provocation, elle a peur et probablement aime ca, mais elle compte qu´il ne craindra pas sa douleur, elle souhaite qu´il la goutte, ainsi que ses larmes. Elle convoite pour lui la jouissance de sa soumission comme elle va le faire elle-même. Plus elle aura mal, plus elle saura qu´elle lui appartient, plus elle sera sécurisée, plus elle se soumettra.
La rose rouge fait tache sur le drap près de son visage.
Sur le lit, la cravache sous l´impulsion de sa main entreprend le parcours de sa peau qui frémit, elle commence par le ventre, lentement et le rentre comme si le toucher du cuir était insupportable. Puis elle descend sur les cuisses et la cravache roule longuement du genoux à l´aine. Elle lève l´instrument pour survoler le pubis et remonte sur les seins, elle se caresse en se cambrant et en gémissant de ce contact du cuir sur sa peau translucide, et sachant ce qui vient, elle passe délibérément et très lentement le cuir sur ses mamelons en le sondant d´un regard ...qui chavire vite dans le sien. Le souffle un peu court, la bouche entr'ouverte, stimulée par ses pupilles qui ne la lâchent pas des yeux et qui pourtant saisissent avec une acuité intense la cravache, délibérément, elle étend et écarte un peu les jambes et frôle le cuir longuement sur son pubis, sur les lèvres de son sexe, puis elle laisse la cravache reposer en travers de son ventre ....
Elle attend.... elle attend de saisir son sentir...elle attend qu´il lui donne le chemin a suivre.
-Lève-toi ma Quo., Viens.
Il se lève et prend sa main, l´entraîne vers une table . Il y a là un tapis vert et des dés, six dés.
-les dés ont été contre toi .... ils vont continuer, jette un dé .....
-cinq
-Bien jette cinq dés sur le tapis maintenant .
-trois, six, deux, deux et cinq.
-compte le total.....
-Elle a évidement saisit l´implication de ces chiffres: dix-huit
Ma soumise je te fouetterai dix-huit fois......dix-huit marques.
-Oui Maître.
-Recouche-toi Quo. ....
Et il jette au mitant de la couche un oreiller épais.
Elle s´étend en travers du lit, d´un geste il lui indique de se mettre en diagonale les reins au-dessus de l´oreiller. Il passe derrière elle, part du cou, dessine les épaules et glisse ses mains sensuellement jusqu´à ses poignets qu´il saisit pour les remonter en arrière de sa tête. Il les attache très étroitement au montant du lit avec une écharpe. Elle est tendue en arrière, cambrée sur le coussin. Il procède pareillement des hanches aux chevilles, l´une après l´autre et les maintient durement à la base du sommier avec les liens de soie. Elle se sent enfin impuissante et sous son contrôle ...Elle aime ca, elle tremble, elle a la chair de poule ..toute sa peau vibre dans l´attente de ce qui va se passer. Sa respiration s´agite, son ventre et sa poitrine se soulèvent et descendent rapidement.
La rose roule contre son flanc. Une épine agace légèrement la chair.
Elle transpire, entre les seins, sur le ventre...
Oh, elle a peur, peur de la douleur, peur de ne pas pouvoir, peur de ne pas être belle à ses yeux dans cette offrande, elle a peur de décevoir son Maître, qu´il change d´avis. Elle a envie d´avoir mal, envie de se sentir a lui, qu´IL la sente à LUI .....son Maître.....
"Maître si vous y trouvez du plaisir, ne changez pas d´avis, emportez votre soumise sur ces rives étranges du don divin d´elle-même à son Seigneur".
Il prend la cravache, caresse sa soumise des yeux et de l´extrémité de ses doigts sensuellement, puis sa main se pose sur son visage, elle en embrasse la paume , la lèche et il laisse ses doigts être absorbés par sa bouche, elle aspire amoureusement chacun d´entre eux l´enveloppant de la langue....enfin il laisse glisser sa main sans la détacher de sa peau sur le torse, les seins. Ses yeux suivent son cheminement sur la texture avec intensité .. comme s´il voulait graver dans sa mémoire son grain avant de la marquer.
_ Je te frapperai, fort! Je veux que tu murmures ton tourment ou que tu te cabres, que tu cries, que tu pleures sous chaque coup qui te meurtrira. Mais ne supplie pas Quo., ne demande rien, au premier mot j´arrêterai immédiatement! .... tu comprends?
_Oui ... juste crier et gémir ...
Il l´a regarde longuement, laisse le silence se déchirer de son souffle accéléré, fait perdurer l´attente. Il chérit sa soumise, il affectionne de la sentir aussi offerte, il veut mesurer cette possession d´elle. Il sait qu´au début il aura du mal à lever la main, puis rapidement il y prendra goût et devra se retenir pour ne pas aller au-delà du chiffre établi, pour ne pas frapper plus fort que ce qu´elle peu encore supporter....il veut sa douleur juste au-delà de son plaisir, ses cris sans protestations, ses larmes sans suppliques.. il l´a veut ELLE totalement à lui.
Il reprend scrupuleusement l´ordonnance qu´elle a choisit, entame doucement le geste et il frappe le ventre. Un coup bien appliqué ....elle se courbe et gémit juste un peu, elle n´est pas surprise, elle attendait cette douleur, c´est à peu de chose près ce qu´elle avait escompté de dureté. Il suit d´un doigt caressant la marque rouge qui apparaît transversalement.
Puis soudain il porte des coups violents sur les cuisses, l´une après l´autre 2 fois chacune, rapidement. Cette fois elle crie et les larmes apparaissent, elle tire fort sur les liens.
Il est un peu exalté, ses yeux brillent mais il prend son temps. Il touche encore du bout d´un doigt les meurtrissures qui rougissent puis le remonte le long du ventre sur les seins. Il plonge un regard soutenu dans le ciel des yeux de sa soumise. Elle sait que c´est là qu´il va l´atteindre maintenant. Sans lâcher l´azur de ses yeux il lève lentement la cravache, il lui laisse le temps de se tendre pour se défendre de la dureté du coup, il lui laisse le temps d anticiper la douleur , puis il frappe, emporté par ces lèvres dont elle mord la douceur pour retenir le cri. Il traverse les seins une fois puis deux, puis trois fois, il attend quelques secondes et cingle encore une fois, plus fort.... laisse passer encore un court moment... puis déterminé il scie l´air en atteignant un mamelon et l´autre. Elle crie fort maintenant, elle est secouée de sanglots et se tord sans pouvoir se défendre de l´ardeur de la brûlure qui la soulève de sa violence.
La rose a glissé jusqu à sa cuisse, la rose a laissé une griffure sur une côte.
Il transpire un peu ... son souffle à lui aussi est plus rapide. Il caresse tendrement ses seins, d´une paume légère comme un souffle pour apaiser le mouvement affolé de ses flancs. La caresse poursuit son chemin dans le creu du ventre et se prolonge sur le pubis. Il en apprécie le velours, il sollicite la présence de la soumise dans cette sensation, il la flatte, veut faire naître un feu d´une autre nature. Elle réagit, ses gémissements se transforment, elle se tend vers la main. Les doigts suivent amoureusement le sillon et écartent un peu les lèvres, y trouvent l´humidité montre de cet amour qu´elle ne cesse de lui manifester au travers de cette docilité et de son désir d´être marquée. Il imprime un mouvement entre ses cuisses tendues pour l´inciter à s´écarter encore , elle répond cherchant à nouveau le pardon doux de la paume mais c´est une suite de coups secs qui vient à la rencontre de son bassin, plusieurs coups vifs, il maintient ouverte l´une des cuisses qui malgré les liens réussit à réduire un peu l´angle d´ouverture. Il frappe sans arrêt et chaque fois plus fort, en silence, concentré, la bouche un peu crispée. Son cri est sans fin, elle est tendue à l´extrême, ses yeux ruissellent mais elle ne se tord plus et n´essaie plus de refermer les jambes....
Enfin il jette la cravache au sol alors qu´elle est prise de soubresauts et crie encore ne saisissant pas que la punition est enfin terminée.
"_Ma Quo., tu es belle, tu n as pas supplié, tu es courageuse, et tu es à moi "
Il se couche sur elle sans précaution mais l´embrasse a pleine bouche, épris infiniment, ses mains enveloppent son visage. Il la pénètre brutalement, profondément, avec un amour débordant. Il est attentif à la montée de sa jouissance et cherche dans ses yeux le plaisir qu´il y peint et ne se laisse mourir que lorsqu´elle s´abandonne à lui.
Il la détache, prend la rose rouge sur le coin du lit et amoureusement, de ses pétales, redessine sur la chair meurtrie les marques pâlies par le contraste.
Auteur:Quo Vadis








