La Nasse 16

chapitre 16

- LE PIEGE SE REFERME -

Il fait noir et j'ai un mal de crâne insupportable. Mes mains sont attachées dans le dos, un vrombissement assourdissant se fait entendre… J'essaye de m'asseoir mais ma tête percute une cloison en bois… Dans un brouillard, j'entends des voix s'exprimer dans une langue étrangère… Peut-être de l'Arabe. Une caisse… Je suis attachée dans une caisse. Et les hauts de cœur qui m'habitent sont créés par des turbulences météorologiques. Nous sommes dans un avion… Les voix se rapprochent… Ma prison s'ouvre. Je suis aveuglée… Des hommes en treillis militaire se font 'goguenard' en me regardants… Je ne les comprends toujours pas… Je distingue difficilement l'un d'eux qui approche un objet étincelant de mon bras… C'est une seringue… Je rue… Mon pied vient frapper son bras, il grogne et son genou écrase mes cuisses… Son aiguille vient piquer le gras de ma hanche. La douleur sur mes cuisses disparaît… La caisse qui me sert de prison se referme… J'essaye de crier, je donne de grands coups de talon au fond de ma boîte. Il m'a drogué… Mon esprit vacille… Le voile noir de l'inconscience m'étreint encore… Cette fois encore, je m'éveille douloureusement… Mon mal de crâne a disparu, mais mon corps est malmené sur le fond de ma caisse… Les muscles de mes bras sont courbaturés, je dois être transportée dans un camion et les cahots de la route débordent d'imagination pour me maltraiter… J'ai froid… Je suis toujours en tee-shirt, mes seins coulent, ils sont gonflés de lait… Le temps semble interminable mais le camion s'arrête enfin… L'une des portes s'ouvre… L'homme qui est descendu parlemente… Oui, c'est bien de l'Arabe… Ou suis-je ? Avion… Camion… Je suis probablement restée inconsciente des heures durant… La porte se referme, le camion redémarre. Deux hommes rient, nous les dépassons, le camion s'arrête encore… Le moteur s'éteint… Nous sommes arrivés… La caisse vacille, plusieurs personnes doivent sûrement grimper à l'arrière du camion et la plate-forme en est ébranlée. On ouvre ma caisse, il fait nuit et je ne suis pas aveuglée… Un homme se penche sur moi, il attrape mon bras et s'exprime en Arabe… Je dois probablement me lever… Mes poignets emprisonnés me rendent la chose difficile. La poigne de l'homme ne me laisse guère le choix, il est d'une force prodigieuse, je me redresse. Il m'accompagne sur le rebord de la plate-forme, je découvre enfin une partie de l'environnement… Nous devons être dans une cours d'enceinte, un grand mur blanc masque le reste du paysage. Une gigantesque porte à deux battants s'est refermé après le passage du camion… Il me faut agire vite. L'homme est fort, et mes mains sont liées, je n'ais pas droit à l'erreur. Il me soutient toujours par le bras, au moment de descendre, je m'accroupis mais au lieu de sauté du camion, je me redresse brutalement… Ma tête percute son visage, cependant, mes jambes sont encore raides du voyage, mon coup ne fait que l'ébranler. Il me lâche tout de même. Je me retourne et lui donne un coup de genoux dans les parties… Il pousse un couinement et se laisse tomber dans le camion. J'ai eu de la chance… Je saute du camion, j'entends des pas à quelques mètres… Je cours à l'opposé en débordant le camion. Une gigantesque bâtisse se dresse… Que dis-je… Un palais… Un palais de style moyen-oriental. Je ne suis plus en France, c'est sûr… Deux gardes furieux me poursuivent, ils ont sans doute trouvé leur collègue et pousse des hurlements qui me font frémir. Avec les portes refermées, l'enceinte est une prison. Je me précipite pour contourner le palais… C'est fini. Un autre garde apparaît dans la direction où j'allais. Je ne sais plus ou aller. A moins que… Je fonce sur lui en hurlant. Il est surpris et en quelques secondes, je l'ai rejoins. Je bondis afin de lui décoché un coup de pied… Il s'attendait probablement à mon attaque car mon pied l'atteint seulement à l'épaule, il est déséquilibré mais reste debout. Je n'ais pas cette chance. Privé de mes bras, j'atterrie durement sur la hanche et l'épaule. Je perds de précieuses secondes à me relevée, je fonce sur lui tête baissée. Je vois sa matraque s'élever mais un gouffre noir me submerge avant de la voir redescendre… Les autres gardes étaient plus proche…

Auteur:Pibais