Annie (2)
Chapitre 2
"Annie est
sortie."
"Sais-tu quand elle rentrera?"
"Ah non; Elle ne m'a
rien dit."
J'entendais la télé en bruit de fond : un de ces feuilletons
d'action truffé de rugissements de rage, de cris terrifiés, de fracas de
vitres brisées. La voix agacée de la Suédoise lança : "Baissez le son, les
enfants, on ne s'entend plus ici."
Aussitôt je ne perçus plus
qu'une très faible rumeur dans l'écouteur.
"Félicitations, Ingrid", lui
dis-je. "Je vois que tu sais te faire obéir."
"Il le faut bien", me
répondit-elle d'un ton enjoué.
"C'est toi qui gardes la
maison?"
"Oui."
"Ta petite troupe ne te donne pas trop de fil
à retordre?"
"Non."
"Eh bien au revoir, Ingrid. Dis à Annie
que je l'ai appelée."
"Ok Jean-François. Je lui ferai la
commission."
Je reposai le combiné sur son socle et me tournai vers
Régine qui feuilletait le catalogue d'un horticulteur dont nous avions
visité les serres quelques jours auparavant.
"Toujours la même
chanson", lui dis-je. "On croirait un disque enregistré sur répondeur : Annie
n'est pas là; Annie est sortie;Annie est allée faire des courses à
Figeac;"
"Ingrid te paraît normale au téléphone?", me demanda-t-elle en
décroisant les jambes.
"Peut-être un peu brève. D'habitude elle
aime bien s'épancher, raconter des anecdotes sur sa vie ici. Là elle ne
souhaitait manifestement pas s'étendre."
"Il y a quelque chose qui
cloche", admit ma copine. Elle posa son catalogue sur le divan, projeta en avant
sa lèvre inférieure, émit une série de bruits entre soupirs et grognements et
ajouta : "Je me demande bien ce que Annie a derrière les bretelles?"
De
toute évidence notre amie nous évitait depuis la randonnée au torrent des
castors. Impossible de jamais l'avoir au téléphone. Et quand j'avais Xavier au
bout du fil, il se défilait comme seul Xavier sait le faire, se retranchant
derrière les malaises de sa femme, les migraines de sa femme, les angoisses de
sa femme : "Elle raté la cuisson d'un émail à sa classe de poterie. Un vernis
craquelé à l'ancienne d'après une recette datant de François 1er, tu te rends
compte? Le professeur lui a fait des réflexions désobligeantes devant tout le
monde. La pauvre Annie n'a pas dîné en rentrant. Je croyais qu'elle était montée
se coucher. Quand je suis allé la voir pour essayer de la consoler : personne!
La chambre vide. Le lit même pas défait. Tu imagines dans quel état j'étais. Je
prends la lampe-torche, je cours partout comme un fou, je fais le tour des
remparts; Elle était tout en haut de la grosse tour, assise en lotus, en chemise
de nuit sous la lune, en transe hypnotique pour communiquer avec les esprits et
leur demander de l'aide."
"Je ne peux penser qu'à une chose", dis-je à
Régine en écartant les mains.
"Dis toujours."
"Ce que nous
avons fait au torrent lui aura déplu."
Ma compagne secoua énergiquement
la tête en signe de négation.
"Alors là je suis catégorique : je peux
t'affirmer que non. Annie était déjà toute excitée à l'idée de recevoir une
fessée de toi. Et quand vous m'avez attachée à l'arbre pour me fouetter elle ne
se sentait plus, la petite chérie.
Tu n'as pas vu dans quel état elle
était quand elle est allée couper ses verges? Ses yeux étaient phosphorescents
comme ceux d'un chat tellement ses pupilles étaient dilatées; Si tu n'étais pas
intervenu pour modérer ses ardeurs elle m'aurait fustigée jusqu'au
sang."
"Je sais, je l'ai bien vu. Un moment j'ai même cru qu'elle
allait jouir sur place."
"C'était moins une!"
"C'est peut-être
la fin qui l'a braquée, tu sais, quand tu l'as dominée en l'obligeant à renfiler
ton lacet de chaussure?"
Régine réfléchit un instant : "Ca
m'étonnerait. J'ai une certaine expérience dans ce domaine." Elle égrena un
petit rire sec. "Rien qu'à voir la réaction d'une femme, ses attitudes, ses
mimiques; la rougeur de ses joues, le trouble de son regard, le léger battement
de ses cils; je peux te dire les émotions qu'elle ressent, les passions qui la
traversent. Et je peux t'affirmer qu'Annie possède en elle les deux tendances,
aussi fortes l'une que l'autre. Elle est sans aucun doute une excellente
fesseuse active. Mais c'est aussi une soumise pour celui - ou celle - qui saura
la prendre de ce côté-là."
"Veux-tu dire, ma chérie, ce côté pile qui
provoqua la colère divine et causa la destruction de Sodome?"
Régine
éclata de rire, ramassa le catalogue et esquissa le geste de me le lancer au
visage.
"Tous les mêmes les hommes; Dieu que vous avez l'esprit mal
tourné! Je ne pensais pas du tout à ça. Je voulais dire un partenaire fin,
intelligent, qui saurait, en employant les mots qu'il faut, en créant des
situations émotionnellement fortes, lui révéler cette facette de sa psyché, tout
en la rassurant afin qu'elle en ait moins peur."
"Tu penses qu'il est
plus difficile de s'accepter masochiste que sadique?"
"Bien sûr! Tant
qu'il reste modéré, un petit fond de sadisme n'est pas déplaisant : forte
personnalité, tempérament de chef, tout le bataclan; Tandis qu'admettre qu'on
éprouve du plaisir sexuel à se faire dominer, fesser, humilier, c'est nettement
plus dur à avaler. L'ego a du mal à s'en remettre."
Le silence s'étira.
Si fort, si présent que le tic-tac de l'horloge provençale paraissait amplifié,
comme résonnant dans une cloche sous vide.
Nous nous regardions droit
dans les yeux, Régine et moi. Nous lisions dans
nos
pensées.
Elle finit par baisser le nez et fixer la pointe
de ses chaussures en lissant sa jupe.
"C'est ça!" m'exclamai-je en
faisant claquer mes doigts.
"Ca pourrait très bien être ça",
approuva-t-elle.
Elle prit une cigarette dans le paquet de Dunhill qui
traînait sur la table basse, l'alluma, alla se poster devant la fenêtre et
souffla la fumée contre la vitre.
Les jours commençaient à
raccourcir.
Un train passait au loin, le clang-clang-clang des essieux
bien clair et régulier sur les rails. Quand on entend les wagons aussi
distinctement c'est signe de vent d'ouest. Et en général de pluie. Ces régions
sauvages de causses
et de gorges profondes sont superbes pour y passer
des vacances, mais je n'aimerais pas y vivre toute l'année. Déblayer la neige à
la pelle, emmitouflé dans un passe-montagne et soufflant des nuages de buée à
chaque respiration, merci, j'ai beau compter un ramoneur savoyard parmi mes
ancêtres ce n'est pas du tout mon genre.
"On se prend un petit whisky?"
proposai-je à Régine.
Elle consulta sa montre : "D'accord. Léger pour
moi."
"Eau plate ou gazeuse?"
"Plate."
Je préparai
les boissons et une assiette de mélange pour apéritif. Verre en main j'allai
m'asseoir sur le divan, attirai Régine auprès de moi et lui passai mon bras
autour du cou. "Je crois que tu as mis le doigt en plein sur
la plaie.
Tant qu'elle allait couper ses verges et se prenait pour l'impérieuse Junon
châtiant une nymphe des bois, tout allait bien dans le meilleur des mondes. La
petite Annie ne se sentait plus pisser. C'est quand elle
s'est
prosternée à tes pieds, la face dans ta chaussure et la croupe
tendue vers toi, dans la position d'une esclave prête à recevoir le fouet,
qu'elle aura pris conscience de son côté masochiste. Et ça lui aura fichu une
trouille.bleue."
Régine approuva : "A mon avis c'est bien de ça qu'il
s'agit." Elle but une gorgée, tira sur sa cigarette et croqua une noix de cajou.
"Jusqu'à présent elle a toujours été active en ce domaine. D'après les
conversations que j'ai pu avoir avec elle, ce n'est que récemment, après avoir
lu le livre de Serguine, lu aussi des témoignages d'épouses soumises au fouet
conjugal, qu'elle s'est mise à fantasmer et à se dire qu'elle aimerait en faire
l'expérience."
"Quand tu dis qu'elle est active, tu penses;" Je
resserrai mon étreinte sur l'épaule de ma compagne. "; qu'Annie avait déjà
fouetté d'autres femmes avant toi?"
Régine pouffa : "Grands dieux non!
Pas elle; Bien trop coincée et puritaine pour ça. Je voulais dire dans son rôle
de mère au foyer. Elle a un martinet chez elle et l'utilise assez souvent. Elle
a même donné à Ingrid le droit de s'en servir lorsque les enfants sont par trop
insupportables."
"Elle ne s'en cache pas. Je l'ai entendue à plusieurs
reprises vanter les mérites des méthodes strictes d'autrefois. Elle rêve d'un
château au milieu de vignobles et de bois, avec un bataillon de piqueurs, une
meute, des servantes en tablier brodé et une sévère gouvernante anglaise comme
il en existait en 1900 : une "Miss" coiffée en bandeaux bien lisses, habillée
jusqu'aux pieds dans une robe monacale, et faisant siffler sa badine de jonc à
la moindre incartade."
Régine commençait à avoir le sang au visage. Et
ce n'était pas le whisky dont elle n'avait bu que deux petites
gorgées.
"En ce temps-là il n'y avait pas que les enfants qui étaient
fouettés.", articula-t-elle d'une voix qui tremblait légèrement. Elle prit son
verre, et cette fois elle en but presque la moitié d'un trait. "On donnait aussi
le fouet aux servantes négligentes; ou paresseuses; on fessait également (elle
accentua le mot FES-SAIT et en détacha bien les syllabes) les petites bonnes qui
ne savaient pas tenir leur langue et commettaient des indiscrétions au
village."
"Quel genre d'indiscrétions?" lui demandai-je.
Elle
posa son verre, écrasa sa cigarette dans le cendrier : "Par exemple quand elles
regardent par le trou de la serrure pour voir ce qui se passe dans la chambre à
coucher des maîtres. Chez les commerçants, ou au lavoir, elles se rendent
intéressantes en racontant des histoires croustillantes aux commères du village
qui en font des gorges chaudes. Seulement il se trouve toujours quelqu'un pour
venir rapporter et les faire punir."
Ma compagne se blottit contre moi,
le visage enfoui dans ma poitrine. Ses longs cheveux sentant le shampooing aux
herbes me caressaient le menton et pénétraient dans mon cou par le col ouvert de
ma chemisette d'été. Elle marmonna une phrase d'une voix si basse que je ne pus
en saisir le sens.
"Tu dis, chérie?" lui demandai-je en promenant très
doucement et très lentement mon index sur le pourtour de son
oreille.
Je sentis son corps vibrer. Elle descendit son visage plus
bas, le laissant reposer sur mon ventre. Elle répéta sa phrase plus fort,
toujours sans me regarder :
"Lorsque j'étais en service au château,
j'ai été une servante indiscrète."
"Tiens-tiens! Voyez-vous ça, jeune
fille;", persiflai-je. "Ainsi tu as espionné les ébats de tes maîtres par le
trou de la serrure?"
"O;oui!"
"Et tu es allée tout raconter
aux femmes du lavoir?"
"Oh oui! En en rajoutant pour avoir l'air
maline. Je les ai toutes tenues en haleine et ça m'a donné de l'importance. Je
me suis rengorgée comme la petite sotte vaniteuse que je suis."
Son
visage descendit plus bas encore et vint se positionner sur mon sexe
durci.
Je me renversai contre le dossier du sopha et écartai les jambes
, le crâne en ébullition : "Mais l'une des lavandières, une grosse paysanne
rougeaude qui jalouse ta jeunesse et ta beauté, est allée rapporter tes propos
au château, n'est-ce pas?", murmurai-je d'un ton légèrement
chevrotant.
Régine accentua la pression avec sa
tête.
"Naturellement. La salope s'est empressée de tout rapporter à
Firmin, le majordome." Ma copine se laissa glisser sur le côté de manière à être
presque à plat ventre sur ma cuisse. Soudain exaltée, muscles tendus, tête
redressée, elle cria presque : "J'ai été fessée à la cuisine! Devant la
cuisinière et les domestiques. Aussi devant mon ennemie, la grosse lavandière
aux yeux de veau et aux joues violacées de couperose; fessée au battoir à linge;
le battoir de cette garce que, avec une joie mauvaise, elle a sorti de son
panier pour le présenter
à Firmin en lui recommandant d'aplatir mes
grosses fesses pour que je ne puisse plus les trémousser devant les
gars."
Je n'eus qu'à la saisir par la taille et exercer une petite
traction sur son buste pour la coucher complètement en position, elle-même
coopérant au mouvement par ses reptations. Je connais bien ma Régine et ne fus
nullement surpris de son attitude. Quand il est question de fessées dans la
conversation, elle en rajoute, donne très vite dans l'érotisme verbal; Et
s'arrange pour en recevoir une - une "salée" pour employer un terme qu'elle
affectionne. Quand je veux réellement la faire enrager, la rendre furieuse, je
la fesse par dessus sa robe ou son jean. Sans retroussage. Sans déculottage.
Rien qu'avec la main, sans utiliser aucun instrument. Autrement dit elle ne sent
pas grand chose, ne montre rien de ses parties intimes, n'exhibe pas sa grosse
lune laiteuse, et l'excitation sexuelle n'est pas au rendez-vous. Plutôt que
subir cette frustration, elle préfère encore, c'est
elle-même qui me
l'a dit, être fouettée à la badine d'osier jusqu'à la limite du supportable,
puis condamnée à des corvées pénibles pendant une semaine, voire quinze jours
d'affilée.
N'étant en rien fâché contre elle, bien au contraire,
j'entrai avec plaisir dans le jeu qu'elle me proposait.: "Sais-tu ce que tu vas
faire quand nous serons rentrés à Paris? Tu iras t'acheter un grand tablier
comme en portaient les bonnes de cette époque; un tablier enveloppant,
descendant presque aux pieds, avec la bavette bien tendue sur tes seins et tout
plein de bretelles, de cordons et de volants. On en trouve aux Puces chez les
marchands de fripes."
Sans hâte, saisissant l'ourlet des deux mains, je
lui retroussai sa robe et la lui étalai sur les épaules : c'était un robe d'été
légère à rayures bayadère, le bustier ajusté, la taille bien prise, mais la jupe
ample et flottante que j'aurais pu, en la relevant encore plus haut, lui
rabattre par-dessus la tête. Autour des mollets descendit la petite culotte
jaune citron festonnée de coquine dentelle;
Et PAN ! PAN ! PAN ! PAN !
PAN !
"Ouille!! Houlà!! Chéri; Mes fesses!; Aïe!
Non!;"
C'était pure comédie de sa part car je ne tapais pas fort. Mais
si elle n'était pas comédienne ce ne serait plus Régine.
"Est-ce ainsi
que Firmin t'a fessée devant les domestiques?" lui demandai-je.
Du coup
sa comédie cessa soudain. Elle tourna la tête de côté pour me regarder et me
tira la langue : "Ah! Sûrement pas, non; Il savait fesser les femmes,
lui;C'était un ancien adjudant de la Coloniale resté boiteux après une blessure
reçue au Tonkin. Les servantes qui avaient été châtiées de sa lourde main
dansaient d'un pied sur l'autre en tenant à deux mains leur grosse croupe
écarlate et elles sanglotaient en promettant d'être diligentes à l'avenir. Après
une correction par Firmin, une bonne femme avait le derrière comme du bifteck
cru. Et tu sais ce qu'il faisait pour aggraver la punition : il l'obligeait à
s'asseoir cul nu sur un paillasson pour éplucher les légumes ou astiquer
l'argenterie."
"Ca t'est arrivé?"
"Plus d'une fois, je peux te
le garantir; J'avais l'impression d'être assise sur une pelote d'épingles. Un
vrai supplice! La fille a envie de se trémousser tellement ça la brûle et la
démange; mais au moindre mouvement qu'elle fait les démangeaisons et la cuisson
deviennent encore plus intolérables. Et les autres servantes
la
surveillent et se moquent d'elle dès qu'elle fait des grimaces ou
étouffe un cri de douleur. Elles vont appeler les valets et les palefreniers
pour qu'ils viennent à la cuisine assister à son humiliation."
Sous mes
attouchements, ma copine cambra davantage les reins et dilata sa croupe
palpitante.
Tout en caressant sa chute de reins je lui demandai : "Tu
as couché avec un valet ou un palefrenier après avoir été
fouettée?"
PAF ! ! Une claque bien sentie sur le globe
gauche.
"Aïe ! !; Oui."
"Tu as besoin d'être souvent fessée
pour te faire marcher droit, n'est-ce pas, Régine?"
PIF !! sur le globe
droit déjà rosé.
"Ouille !!; Oui!"
"Eh bien tu vas être
servie, ma belle;"
Je fessai Régine jusqu'à ce qu'elle ait sa croupe
ronde et dure de la couleur d'une grosse pivoine
Je la remis sur pieds,
haletante, secouée de frissons, et l'expédiai à sa cuisine avec deux nouvelles
claques sur ses fesses bouillantes.
"Va préparer ton dîner.
File!"
Auteur:inconnu








